Après l’entrée des nouveaux pays adhérents, et en prévision de la baisse des prix institutionnels au 1er juillet, la Commission européenne applique à chaque comité de gestion des baisses drastiques des aides mettant en péril les marchés des produits laitiers.
Jeudi, lors du dernier comité de gestion à Bruxelles, la série de restrictions sur les différentes aides aux produits laitiers (restitutions ou soutien au marché intérieur), entamées à la fin du mois de février, s’est confirmée.
L’amélioration de la conjoncture mondiale, le taux de remplissage du contingent OMC, le redressement du dollar face à l’euro ou bien le niveau des prix dans les PECO ont servi de prétextes à la Commission pour appliquer ces baisses, et ainsi réduire les prix de marché, avant la baisse des prix institutionnels le 1er juillet prochain.
Dans un contexte d’économie budgétaire, de telles mesures devraient se poursuivre jusqu’à l’été.
Pour les restitutions, les premières mesures se sont traduites par la fin des aides pour les envois vers les nouveaux adhérents pour les produits laitiers qui en bénéficiaient encore.
Ont suivi la suppression des restitutions vers le Vatican, et la fin des aides pour les produits exportés vers l’Andorre et Gibraltar.
Mais le fait marquant a été la diminution de 10 % des restitutions pour le beurre destiné au marché russe, afin de faciliter les négociations avec le pays qui menaçait d’augmenter ses droits de douanes.
Les taux des restitutions étant différents selon la destination (160 e/kg pour le marché russe, contre 178 e/kg ailleurs), la Commission en a profité pour étendre les preuves d’arrivée à destination (PAD) à tous les produits laitiers, un dossier qui lui tenait à cœur depuis longtemps. Ces PAD impliquent des démarches administratives supplémentaires pour les opérateurs, qui les pénalisent par rapport à leurs concurrents des pays tiers.
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Autre bouleversement, la Commission a mis en place début avril des procédures d’adjudication des certificats d’exportation pour les beurres et poudres de lait écrémé (PLE) vrac. Pour le moment, la Commission n’a accepté que les taux les plus bas proposés. Pour les PLE, la Commission n’a retenu le 13 mai que 5 392 t, au taux de 36,5 e/100 kg (contre 40 e/100 kg quinze jours auparavant).
Afin d’inciter les opérateurs à utiliser la procédure d’adjudication, le taux commun avait été baissé à 40 e/100 kg lors d’un précédent comité de gestion.
En effet, les deux systèmes coexistent, l’adjudication n’étant possible qu’à partir d’un certain volume, ce qui désavantage les petits opérateurs.
Pour le beurre, la fourchette des propositions était moins large, et la Commission n’a également retenu que les taux les plus bas (155,3 e/100 kg, contre 156 e/ 100 kg lors de l’adjudication précédente), pour des volumes de 2 573 t. Les taux communs avaient été, comme pour les PLE, réajustés à la baisse, passant à 150 e/kg courant avril.
Lors de ce même comité de gestion, la Commission a décidé de réduire une nouvelle fois les aides à l’utilisation de beurre, de beurre concentré et de crème par les industries alimentaires.
La baisse des aides est d’environ 15 % (10 e/100 kg pour le beurre, 12 e/100 kg pour le beurre concentré et 3 e/100 kg pour la crème).
De nouvelles baisses sont attendues dans les prochaines semaines.