Le plan de lutte dans les élevages à foyer confirmé de paratuberculose
clinique s 'appuie sur deux catégories de mesures fondamentales :
- la détection précoce et la réforme la plus rapide possible des bovins
excréteurs et de leur dernier descendant,
- la maîtrise sanitaire des risques de contamination au sein de
l'effectif.
Détecter et réformer les excréteurs
Les objectifs de la détection et de
la réforme des excréteurs sont :
- de limiter les risques de contamination du milieu, alors que nous
avons à faire à un germe très résistant dans le milieu extérieur et
donc d'abaisser le risque de contamination de nouveaux animaux,
- d'éliminer le plus précocement possible les animaux qui sont les plus
susceptibles de déclencher la phase clinique, le temps qu'ils
présentent encore une valeur économique. La fréquence de dépistage est
annuelle. Tous les bovins de plus de 24 mois sont testés, sauf dans des
cheptels connus très infectés (taux d'excréteurs > à 10 %, clinique
observée sur des jeunes ou génisses avant le premier vêlage) où l'on
abaissera l'âge minimum à 18 mois. Tout animal présentant un résultat
positif sera isolé dès connaissance du résultat et réformé dans un
délai le plus court possible (moins de 6 mois), ainsi que son dernier
descendant, ce dispositif sera élargi à tous ses descendants dans un
cas d'expression clinique. En cas d'effectifs importants, cela implique
une conduite isolée et une gestion très suivie du lot des bovins
positifs. Il n'existe pas actuellement de méthode analytique permettant
de dépister tout animal paratuberculeux. Néanmoins, nous disposons de
trois techniques d'analyse, la méthode ELISA, recherchant les anticorps
sanguins, la coproculture et la PCR permettant de mettre en évidence le
germe sur les matières fécales. Ces deux dernières seront privilégiées,
puisqu'elles détectent les excréteurs. Nous vous rappelons qu'un
tableau vous précisant les principales caractéristiques des ces trois
méthodes figure dans l'article publié le 16 mars 2007. La coproculture
reste à ce jour l'analyse la plus utilisée. Le LDA nous tient informés,
lors des lectures intermédiaires, de tous les résultats positifs, ce
qui nous permet de prévenir rapidement l'éleveur et/ou son vétérinaire.
Maîtriser les risques de contamination au sein de l'effectif grâce à
des mesures sanitaires
Ce volet représente le 2ème pôle tout aussi important et qui ne doit en
aucun cas être négligé (voir aussi article de la Creuse Agricole du 16
mars 2007). Il comporte les points fondamentaux suivants :
Gestion des fumiers : Le stockage et l'utilisation des fumiers et des
déjections demandent une maîtrise au sein de l'élevage. Traitement à
part des fumiers provenant d'animaux infectés, d'une façon plus
générale, enfouissement des fumiers ou stockage en tas au moins 6 mois,
avant l'épandage sur des parcelles destinées à la pâture, notamment par
des jeunes de moins d'un an.
Désinfection : Nettoyage et désinfection
réguliers des bâtiments d'élevage, notamment ceux accueillant les
animaux connus infectés ainsi que ceux hébergeant des jeunes de moins
d'un an ou destinés au vêlage s'avèrent primordiaux.
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Environnement : Aménager et entretenir des points d'abreuvement de
façon à éviter toute souillure par les déjections. Envisager un
amendement calcique des sols de façon à rééquilibrer le pH.
Alimentation : Veiller à l'équilibre alimentaire de l'ensemble des
catégories d'animaux.
Parasitisme : Un plan de traitement antiparasitaire sera élaboré,
notamment vis à vis de la douve et du paramphistome, du fait des
conséquences néfastes et directes, que peuvent entraîner ces deux
parasites sur l'expression clinique chez les animaux contaminés.
Les
introductions seront contrôlées vis à vis de la paratuberculose si le
bovin est âgé d'au moins 18 mois par sérologie et PCR. S'il s'agit d'un
animal plus jeune, son contrôle sera différé lorsqu'il aura atteint
l'âge requis, parallèlement une information sur le statut des cheptels
vendeurs sera recherchée grâce à la liste des cheptels bénéficiant de
l'apport de garantie conforme au référentiel technique national (cf.
l'article de la semaine prochaine) à votre disposition soit sur le site
Internet www.gdscc.fr, soit auprès du GDSCC.
Compter 7 à 8 ans pour assainir un cheptel atteint de paratuberculose
comme le montrent les vingt ans de suivi du GDSCC
Les données épidémiologiques de chaque élevage permettent de déterminer
quatre catégories (paratuberculose dite « d'achat », paratuberculose en
début d'évolution, avec taux d'atteinte moyen ou fort). Le programme
d'assainissement défini ci-dessus sera adapté dans sa mise en place en
fonction de la catégorie. Après vingt ans de mise en place et de suivi
des plans de lutte en Creuse par le GDSCC, nous avons pu observer que
la durée moyenne de l'assainissement se situe entre 7 et 8 ans. Cette
durée moyenne ne présente pas d'évolution significative au cours des
années. Deux éléments primordiaux influent fortement sur cette durée :
la rapidité de mise en place de l'assainissement après détection d'un
animal paratuberculeux (nous informons chaque éleveur après mise en
évidence d'un animal atteint dans ou issu de son élevage) et le respect
strict de l'ensemble des mesures. Trois séries consécutives de
résultats négatifs sur les bovins de plus de 24 mois, sans réforme
d'animaux suite à des résultats d'analyses positives depuis deux ans
dans l'élevage, aucun animal connu positif présent dans l'élevage,
constituent les critères permettant la sortie du plan.
Associer vigilance et constance dans l'action
La réussite du plan
d'assainissement en paratuberculose est fonction du respect de chacune
des règles. La négligence ou le non respect d'une seule suffit au mieux
à l'allongement de la durée du plan, au pire à son échec. N'oubliez pas
que la vigilance, la persévérance et la constance dans les actions
demeurent les maîtres mots de la réussite d'un assainissement en
paratuberculose. N'hésitez pas à prendre contact avec votre vétérinaire
et/ou le GDSCC afin d'obtenir de plus amples informations.