Arnaud Langlais et l’équipe du Potager de Marianne à Rungis

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7H : Après avoir fait le tour des équipes et avant de se rendre sur le marché, Arnaud Langlais vérifie plan de transport et messages. Un don de deux palettes de fraises a été fait par un grossiste. « Certains produits sont plus délicats que d’autres. Avant de récupérer la marchandise, nous devons évaluer ce qu’il sera possible de redistribuer. » Un collègue ira vérifier chez le grossiste. En fin de compte, seuls deux plateaux de fraises seront gardés. Crédits : © Philippe Gautier
Arnaud Langlais est responsable de l’ACI Le Potager de Marianne depuis sa création. En 2007, alors fraîchement diplômé d’un Master en gestion des déchets, il décroche un stage auprès de l’Andes avec une mission : l’étude de marché d’un chantier d’insertion ayant pour objectif d’approvisionner les épiceries solidaires et d’autres associations caritatives. Convaincu, l’État donne son feu vert. En 2008, Le Potager de Marianne ouvre ses portes. Crédits : © Philippe Gautier
10H : François Fimiez termine le chargement et s’apprête à effectuer la livraison dans une épicerie solidaire dans Paris. Il entame son deuxième CDD comme chauffeur au Potager de Marianne de Rungis. C’est au travers d’un “job dating” (formule favorisant des entretiens d'embauche limités à 7-10 min) organisé par la CCI du Val-de-Marne qu’il a été mis en contact avec la structure. Crédits : © Philippe Gautier
10H45 : Après le traditionnel bouchon à l’entrée de la capitale, arrivée au “Marché solidaire”, rue de l’Eure (XIVe arrondissement). Sur place, la présidente de l’association, Maryse Esmery, et les bénévoles vérifient la livraison avec François Fimiez. Comme dans n’importe quel autre point de vente, les fruits et légumes sont présentés et vendus à la pièce ou au kilo. Seule la “clientèle” est différente : ici il s’agit d’une trentaine d’adhérents ne disposant que de 4 € par jour pour vivre. Crédits : © Philippe Gautier
6H : Le Potager de Marianne ouvre ses portes et déjà les premières livraisons commencent. À l’extérieur, attend la flotte d’une dizaine de véhicules, dont un poids-lourd pour le ramassage des achats et des dons, trois véhicules de type Kangoo et cinq véhicules légers 3,5 t avec hayon. Le Potager de Marianne fournit 80 structures chaque semaine. Crédits : © Philippe Gautier
9H30 : Les fruits et légumes récupérés auprès des grossistes sont triés par une vingtaine de salariés en insertion. « Le niveau de réaction doit être fort : un don peut arriver à n’importe quel moment et la qualité peut être aléatoire. » Le jour de notre passage, les équipes s’affairaient à trier des melons et un don de 2 t de poireaux attendait. L’ACI intervient aussi pour proposer des candidatures prêtes à intégrer un emploi, aux entreprises qui lui feraient appel pour un poste. Crédits : © Philippe Gautier
7H30 : Arnaud Langlais commence ses achats sur le marché. « Nous disposons d’une enveloppe annuelle de 420 000 € financée par la Direction générale de la cohésion sociale. À partir de la liste des commandes, il faut savoir acheter au plus juste sans trop anticiper et équilibrer entre le don et les achats. » Comme n’importe quel acheteur, Arnaud Langlais fait face aussi aux conséquences de la météo : « Depuis le début 2017, les prix ont flambé. » Pas évident quand on dispose de 0,74 €/kg à dépenser, tout fruits et légumes confondus. Crédits : © Philippe Gautier
Certaines épiceries solidaires viennent charger à Rungis, comme l’association Éclaircie à Arcueil. Elle vient récupérer sa commande, passée deux jours auparavant à partir de l’offre du Potager de Marianne, composée du tri (don) et des achats, et de ses demandes. Abdel Belhattab (à gauche), encadrant technique fruits et légumes frais et en charge du plan des livraisons, prête tout naturellement un coup de main au chargement de la camionnette. Crédits : © Philippe Gautier
8H : Pour ses achats, le Potager de Marianne s’appuie sur un pool de quatre ou cinq grossistes (ici Arnaud Langlais avec le vendeur de Maillard et Rouelle). Parmi eux, le partenariat avec le groupe Omer-Decugis & Fils (SIIM, Bratigny) et sa fondation, signé en septembre 2016, permet au Potager de Marianne de profiter par exemple des écarts de tri en mangues et ananas (dons), de l’intégration de salariés issus de l’insertion et d’un “cashback” (reversement d’une partie des sommes dépensées). Crédits : © Philippe Gautier

Le Potager de Marianne, “atelier chantier d’insertion” (ACI) créé par l’Association nationale des épiceries solidaires (Andes), est installé dans la zone des entrepôts du marché de Rungis, depuis pratiquement une décennie (2008). La structure a pour mission de collecter les dons en fruits et légumes frais des grossistes, et de les trier sur l’atelier, en employant à cette tâche 26 heures par semaine des personnes en insertion, leur permettant ainsi de rependre pied dans le monde du travail. Le concept a été développé dans d’autres marchés de gros français (Lille, Marseille, Perpignan). Mais, Le Potager de Marianne achète aussi auprès des opérateurs : le côté aléatoire du don le réclame quand on est amené à fournir, outre les épiceries solidaires de l’Andes, d’autres structures d’aide alimentaire comme les Restos du cœur (les sept centres parisiens et sa plate-forme pour le Val-de-Marne) ou les Banques alimentaires. Ces structures ont reçu environ 70 % des 1 000 t de fruits et légumes frais distribués par Le Potager de Marianne en 2016 (550 t achetées, 450 t issues du tri). Le site a aussi développé la transformation des produits en jus ou soupes. Et tout cela est le fruit du travail quotidien d’une équipe autour du responsable du Potager de Marianne, Arnaud Langlais.

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