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« Jardiner ensemble et créer du lien social »

Ariane Catala est la responsable opérationnelle de l'association Le Passe jardins, un centre de ressources et de formation à Lyon, qui accompagne les projets de jardins partagés de la région Aura.

Ariane Catala est la responsable opérationnelle de l'association Le Passe jardins, un centre de ressources et de formation à Lyon, qui accompagne les projets de jardins partagés de la région Aura.
Ariane Catala est la responsable opérationnelle de l'association Le Passe jardins, un centre de ressources et de formation à Lyon, qui accompagne les projets de jardins partagés de la région Aura.
© Alison Pelotier

Quelle est l'origine des jardins partagés en France ?
En France, les jardins ouvriers, les précurseurs des jardins partagés, ont vu le jour pendant la révolution industrielle dans les années 1900 sous l'impulsion de leur fondateur l'abbé Lemire. À cette époque, des lopins de terre sont proposés aux ouvriers pour leur permettre de cultiver des légumes. Lors de la Première puis de la Seconde guerre mondiale, les besoins alimentaires augmentent et les jardins ouvriers explosent, permettant aux familles de cultiver ce qu'elles ne trouvaient plus en magasin. En 1995, avec l'aide de la Fondation de France, un groupe de jardiniers, animateurs sociaux et militants français se rend en Amérique du Nord pour découvrir une nouvelle approche du jardinage qui se veut collective et citoyenne. De retour, les Français lancent la charte du Jardin dans tous ses états (JTSE) qui regroupe des valeurs de partage et des objectifs tels que la gestion participative des projets, le respect de l'environnement, l'intégration paysagère des jardins et leur animation. Notre association accompagne les projets de jardins partagés en Aura (446 recensés dans la région) depuis 1998, et se nourrit de cette charte.

Quels sont les différents types de jardins partagés ?
Les jardins familiaux sont des lotissements de parcelles de potagers mises à disposition par une collectivité ou un bailleur social, moyennant une cotisation annuelle. Chaque famille a son petit morceau de terrain, son cabanon, ses outils et cultive pour son loisir et ses besoins dans le respect d'un fonctionnement commun. Par exemple, le jardin de la Balme à Vaulx-en-Velin accueille 27 parcelles individuelles, tout en instaurant des temps conviviaux et le partage d'un composteur. Un collectif d'habitants peut aussi se monter en association pour gérer l'espace sur des parcelles collectives et/ou individuelles dans une commune ou un quartier. On retrouve ensuite les jardins d'insertion sociale gérés par un animateur ou une animatrice. Il peut accueillir des foyers sociaux, des institutions médicales ou éducatives, des personnes en difficulté dans un triple objectif : réduire les factures d'achats de nourriture, sortir de l'isolement et retrouver l'estime de soi. Le maraîchage collectif est une autre forme de jardin partagé qui passe par la rémunération d'un maraîcher sur une terre partagée par plusieurs habitants constitués en groupe. Le potager est cultivé par le jardinier avec l'aide des adhérents qui donnent quelques journées par an pour cultiver, récolter et garnir des paniers dont ils bénéficient. Les jardins éphémères ou jardins nomades se pratiquent sur des secteurs en transition urbaine. Ils permettent d'investir la ville de manière temporaire en la « débitumisant » pour créer des jardins de quartier et occuper un espace inutilisé, en attendant la construction d'un projet immobilier. Derrière ce type de jardin, il y a souvent des volontés politiques de création de couloirs de biodiversité. Restent les jardins d'entreprise à destination des salariés et les jardins pédagogiques dans le but d'initier les enfants à l'éducation à l'environnement.

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