À Aurillac, la filière lait mise sur ses nouveaux talents
Pas moins de 133 étudiants des lycées agricoles d’Aurillac et de Brioude ont participé à une journée dédiée aux métiers de la filière laitière. Objectif, entre ateliers, débats et rencontres, susciter des vocations.
Pas moins de 133 étudiants des lycées agricoles d’Aurillac et de Brioude ont participé à une journée dédiée aux métiers de la filière laitière. Objectif, entre ateliers, débats et rencontres, susciter des vocations.
À Aurillac, la filière lait mise sur ses nouveaux talents
Après les premières éditions lancées dans l’Ain et la Haute-Loire, place au Cantal. Mardi 17 mars, c’est dans l’amphithéâtre de l’EPL Georges-Pompidou Aurillac que se sont réunis 133 étudiants issus du lycée agricole aurillacois et du lycée Bonnefont de Brioude.
Une affluence saluée par Céline Arsac, directrice du CFPPPA, et Florent Kaplon, président du Criel Alpes-Massif-central. Tous deux ont relevé qu’un tiers des jeunes présents envisageaient une installation ou un emploi dans la filière lait.
Le président du Criel a rappelé les fondamentaux : 2,3 milliards de litres de lait produits en région Auvergne-Rhône-Alpes, 4e région française en volume collecté et leader national de la transformation fromagère, notamment grâce aux AOP d’Auvergne.
Notre spécificité, c’est cette déclinaison territoriale, avec beaucoup de petits opérateurs et de petites coopératives.” — Florent Kaplon, président du Criel AMC
La filière représente 33 000 emplois, des exploitations aux outils de transformation, soit un large éventail de métiers dans l’élevage laitier.
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Une charte d’avenir pour accompagner les jeunes
Au cœur de cette journée : le renouvellement des générations dans l’élevage laitier.
Le Criel met en avant sa Charte d’avenir, articulée autour de trois axes :
- qualité du lait
- Service de remplacement
- ressources humaines
Chaque année, environ 200 jeunes s’installent en région. Pour les accompagner, un chéquier d’aides de 2500€ est mobilisable durant les trois premières années.
Ce dispositif répond à une évolution structurelle : agrandissement des exploitations, recours accru au salariat, nécessité de compétences en gestion humaine.
Ateliers, débats et immersion dans les métiers
La journée s’est structurée autour de quatre ateliers en rotation :
- un escape game “Conseil en élevage”
- une fresque des métiers recensant une quarantaine de professions
- un débat mouvant sur l’élevage en 2035
- un forum d’échanges
Le forum a permis des échanges directs avec les acteurs de la filière et notamment avec Benjamin Prunet, jeune installé en transformation fromagère à Pailherols.
L’idée, c’est qu’ils repartent en sachant ce qu’on peut faire dans cette filière.” — Florent Kaplon
Ces rencontres s’inscrivent dans un objectif clair : montrer, inspirer, accompagner les jeunes vers les métiers du lait.
France Terre de lait : un concours national pour les lycées
La journée a aussi permis de valoriser le Challenge national des lycées agricoles “France Terre de lait”.
Destiné aux étudiants de BTS Acse, ce concours récompense des projets concrets :
- installation innovante
- techniques spécifiques
- démarches durables
Le premier prix atteint 2 250 €, avec des dotations pour les cinq premiers établissements. La finale nationale se tient à Paris.
Des ateliers pour comprendre toute la filière
Bac pro agricole, salariat extérieur puis installation : Benjamin Prunet incarne un parcours typique. Installé à Pailherols en 2023, il produit du lait, fabrique du fromage et élève aussi des bovins allaitants.
Lors de son installation, il a relancé un atelier de transformation et embauché une salariée.
Son témoignage illustre une réalité : oui, l’installation en élevage laitier est possible, avec des dispositifs d’accompagnement solides.
Des métiers variés et des enjeux concrets
L’escape game a plongé les participants dans des situations réelles :
- diagnostic de qualité du lait
- adaptation de l’alimentation du troupeau
La fresque des métiers a mis en lumière 40 professions :
éleveur, fromager, technicien laitier, conseiller en bien-être animal, ingénieur, responsable qualité…
Un message clé est ressorti : il n’y a pas qu’un seul métier dans le lait.
Élevage laitier : un métier de chef d’entreprise
Le débat sur 2035 a fait émerger plusieurs enjeux :
rentabilité et durabilité
place de la technologie
attractivité des métiers
Aujourd’hui, l’éleveur doit aussi être chef d’entreprise :
recruter, manager, fidéliser. Enfin, la qualité du lait reste centrale : elle conditionne la rémunération et constitue une fierté collective régionale, portée notamment par le Criel AMC.