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Agriculture biologique : la Fnab lance un projet de recherche sur la réduction du travail du sol

La Fnab a annoncé le 30 septembre le lancement du projet national ReduSolBio, sur la préservation des sols en agriculture biologique. Prévu sur trois ans, le projet multipartenaire a pour ambition d’étudier la réduction du travail du sol, un enjeu en bio.

Féverole grain semée en direct dans une prairie vivante au GAEC des Jonquilles en Vendée
D’une durée de trois ans, le projet ReduSolBio vise à « faire progresser les connaissances et la recherche-expérimentation terrain sur le sujet de la réduction du travail du sol en agriculture biologique », explique la Fnab.
© GAB de Vendée

« J’étais en zéro labour lorsque j’étais en conventionnel. Lors de mon passage en bio en 2018, j’ai essayé de limiter le travail du sol mais cela s’est avéré compliqué.» explique Franck Dujardin, agriculteur adhérent en Bio en Normandie.

C’est pour répondre à cette problématique connue par de nombreux agriculteurs bio qui expérimentent la réduction du travail du sol et l’augmentation de la couverture des sols que la Fédération nationale d’agriculture biologique a lancé début septembre 2025 un projet national sur la préservation des sols en agriculture biologique ReduSolBio.

D’une durée de trois ans, le projet vise à « faire progresser les connaissances et la recherche-expérimentation terrain sur le sujet de la réduction du travail du sol en agriculture biologique », explique un communiqué de la fédération publié le 30 septembre 2025. 

Le programme multipartenaire est soutenu par l’OFB dans le cadre du plan Ecophyto II+ piloté par les ministères en charge de l’agriculture, de l’écologie, de la santé et de la recherche. Il regroupe sept Groupements d’agriculteurs biologiques, l’APAD Sol & Eau en Ségala (association pour l’Agriculture de Conservation des Sols), l’association Les Décompactés de l’ABC ainsi que l’Inrae, Isara et CREABio pour le volet Recherche et enseignement.

Lire aussi : Agriculture de conservation des sols : « Sans labour, sans fongicide ni insecticide, la solution pour que ça marche, c’est d'avoir un sol vivant », en Vendée

La réduction du travail du sol, un défi en agriculture biologique

D’après un rapport de l’Itab publié en 2024 sur la Quantification des externalités en agriculture biologique, les indicateurs de la biologie des sols (abondance, diversité et fonctions des organismes et microorganismes) sont améliorés dans 70 % des cas en bio par rapport à l’agriculture conventionnelle, avec des « effets nets en grandes cultures ».

Néanmoins, comme les herbicides de synthèse sont interdits en agriculture bio, les agriculteurs ont souvent recours au travail mécanique pour gérer les adventices et les couverts. Cette pratique peut nuire à la biodiversité contenue dans le sol, quand elle est réalisée de façon intensive en fréquence et en profondeur d’après l’Itab. Au-delà de l’aspect défavorable pour la qualité des sols, le travail du sol est également critiqué pour « ses coûts financiers, énergétiques et humains », rappelle la Fnab. 

Selon la Fédération, des GAB expérimentent déjà des méthodes de réduction de travail du sol et d’augmentation de la couverture du sol. Mais « gérer l’enherbement ou un couvert en se passant à la fois d’herbicide et de travail du sol, et maintenir les rendements des cultures dans ce contexte, peut s’avérer délicat », précise le communiqué. 

Relire : Agriculture de conservation des sols : les 8 questions à se poser avant de se lancer

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