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30 % d’économie d’eau avec l’irrigation connectée de la vigne

La gestion à distance de l’irrigation se révèle être un levier important d’économie d’eau et d’électricité.

<em class="placeholder">Installation d&#039;irrigation connectée dans une vigne en Espagne</em>
Relever à distance des informations pertinentes pour l'irrigation se traduit par des économies d'eau, d'électricité et de main-d'oeuvre importantes.
© Spherag

Depuis quelques années, l’irrigation connectée arrive progressivement en viticulture en France. « Historiquement filaires, ces solutions de pilotage communiquent désormais sans fil », explique Marc Gelly, consultant spécialisé en irrigation.

Derrière la notion d’irrigation connectée, se cachent différentes technologies et diverses échelles d’application. « On peut s’adresser à une ASA (association syndicale autorisée) entière, comme à une exploitation seule », explique Alizée Cazals Palancade, d’Aquadoc, qui propose la solution Andromède.

Lire le témoignage d'une viticultrice équipée : Dans l'Aude : « Davantage de précision et moins de tension avec l’irrigation connectée de mes vignes »

Pour ce qui est des technologies, il est possible de connecter différents équipements de son réseau d’irrigation. Le premier niveau consiste à doter le réseau d’ouverture et de fermeture de vannes pilotées à distance. À la clé, des gains de temps et de coût de déplacement pour les opérateurs en charge d’actionner les vannes, qui n’ont plus à se rendre sur site. De plus, cela évite le non-respect des tours d’eau, notamment lors des vagues de forte chaleur. « Si trop de vannes sont ouvertes en même temps, cela se traduit par une baisse de pression sur toutes les parcelles, donc par une irrigation inefficace, voire absente sur les parcelles les plus hautes », explique Marc Gelly.

La maintenance du réseau est également pilotable à distance. « Nous allons prochainement installer des systèmes de contre-lavages activables à distance, afin de nettoyer les filtres à sable, pour maintenir les systèmes de filtration efficaces », explique Thomas Coudon, ingénieur agronome et chef de culture pour Nectar Oléiculture Régénérative.

Un contrôle du débit ou de la pression à distance

Mais l’irrigation connectée ne se limite pas à l’envoi d’ordres pour piloter les vannes. Elle peut permettre également de collecter des informations sur le terrain. En équipant le réseau de capteurs de pression ou de débit, il est possible de détecter en instantané des problèmes sur le réseau. « Si la pression chute ou le débit augmente, c’est qu’une fuite vient de se produire, explique Alizée Cazals Palancade. Le responsable d’ASA reçoit une alerte dans la foulée et intervient très rapidement. Cette détection précoce se traduit par une économie d’eau globale de 30 % comparativement à une installation non connectée. »

Certains acteurs du marché comme Soverdi et ses solutions Atlas, proposent des solutions adaptables sur les réseaux déjà en place, afin de transformer les équipements existants en solutions connectées et autonomes en énergie, grâce à des panneaux solaires et des batteries. « Selon le nombre de vannes concernées (2, 4 ou 8), il faut compter entre 600 et 800 euros pour intégrer un capteur et le boîtier connecté », cite pour exemple Jean-Philippe Amalric, de Soverdi.

Aquadoc pousse plus loin les gains, en adaptant la consommation d’électricité des pompes, annonçant jusqu’à 20 % d’économie d’électricité au niveau des installations de pompage, grâce à l’application Andromède Énergie.

Un pilotage poussé avec des sondes et des stations météo connectées

Au summum de l’irrigation connectée, s’ajoutent les données des stations météo connectées, ainsi que des sondes tensiométriques (ou capacitives) connectées implantées dans le sol. Un logiciel d’aide à la décision permet alors au viticulteur d’être encore plus pointu et économe en eau. « L’idéal est d’avoir toutes les informations sur la même interface », explique Thomas Coudon, qui souhaite malgré tout rester maître des déclenchements de tours d’eau.

L’intégration des données d’humidité du sol évite d’irriguer trop tardivement dans la saison et de courir après les arrosages pour essayer de rattraper la situation. Ce pilotage pointu toutes options reste coûteux, autour de 1 000 à 2 500 euros par hectare (suivant la surface) sur une exploitation déjà équipée de goutte-à-goutte, auxquels s’ajoute l’abonnement (100 à 200 euros par an). Il impose en préambule un positionnement pertinent, c’est-à-dire représentatif de la parcelle, des sondes dans le sol. « Pour cette raison, il est important de continuer à aller sur le terrain pour surveiller l’état des cultures », insiste Thomas Coudon. « Qui plus est, plus la quantité d’informations recueillies est importante, plus il est nécessaire que le viticulteur soit formé régulièrement », complète Marc Gelly.

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