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Viandes de France, une identité commune à toutes les filières

En présence de trois ministres, quatre interprofessions (APVF, Clipp, Inaporc et Interbev) ont lancé le 11 février le marquage harmonisé des viandes d'origine française.

Un marquage harmonisé pour établir un nouveau 
pacte de confiance 
avec les consommateurs.
Un marquage harmonisé pour établir un nouveau
pacte de confiance
avec les consommateurs.
© DR

Le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll l'avait annoncé en avant-première lors de l'assemblée des Fermiers de Loué en mai 2013 : désormais, les emballages des viandes de bovins, veaux, ovins, chevaux, porcins, lapins et volailles nés, élevés, abattus en France - et peut-être à terme transformés - portent un logo quasi identique. Il a la forme d'un pentagone tricolore qui contient un visuel et un intitulé propres à chaque espèce. L'association de promotion de la volaille française (APVF) est assez fière d'en être l'inspiratrice. Ces marquages, toujours facultatifs, vont se substituer aux précédents logos des filières (VBF, Lapin de France, VPF, Volaille française). Disponibles dès le mois de mars pour les agroindustriels et les distributeurs intéressés, ils seront visibles au fur et à mesure de l'écoulement des stocks d'anciens logos.
D'ores et déjà, les interprofessions vont les promouvoir lors de leurs campagnes de communication : l'APVF avec la volaille en mars, Inaporc avec le porc en avril-mai, Interbev pour le boeuf en juin. Le déploiement complet se déroulera sur l'année 2014. Il est pour l'instant réservé seulement aux viandes fraîches, de toute qualité (standard, label rouge, bio), « puisqu'en l'absence de règle européenne sur les viandes ingrédient, nous serions en infraction », a précisé le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, très motivé pour changer la donne européenne.



Des valeurs communes fédératrices


Les enjeux et les objectifs ont été rappelés plusieurs fois lors du lancement de la signature commune : retrouver la confiance des consommateurs français refroidis depuis un an par les fraudes à répétition, faire barrage aux importations en revalorisant l'origine France - voire regagner des parts de marché - défendre les produits et la gastronomie française à l'exportation, remotiver les 600 000 Français qui travaillent dans les filières animales de l'amont à l'aval (agriculture, artisanat, industries).
Les atouts et les valeurs mis en avant ne sont pas nouveaux. Ils visent à toucher la fibre tricolore du consommateur et du citoyen : traçabilité complète déjà obligatoire ; respect des règles européennes en matière d'environnement, de bien-être animal et de sanitaire ; respect des règles nationales concernant les conditions sociales et le droit du travail. En résumé, rappeler le savoir-faire appliqué de la fourche à la fourchette par des Français sur des territoires français. Mais acheter français, c'est souvent acheter plus cher. Il reviendra au consommateur de choisir en toute transparence : « Nos emplois font nos emplettes », résume Thierry Meyer, d'Interbev-Inaporc.


Aux GMS de s'approprierla marque ombrelle


Stéphane Le Foll a tenu à préciser que la grande distribution - non présente ce jour - avait « accepté la démarche sans y mettre de frein ». Reste à elle de jouer le jeu. Une autre incertitude tient à l'attitude d'agroindustriels de la transformation qui préfèrent acheter leur viande « minerai » à l'étranger, pour diverses raisons (prix, service, gamme). Tant que l'étiquetage européen sur les viandes ingrédients ne sera pas obligatoire, ils seront protégés de la mise en comparaison France-Étranger. Tandis que ceux qui utilisent déjà des viandes françaises ne peuvent pas l'indiquer pour se distinguer (par exemple LDC en volaille). « Ce n'est pas parce que le combat n'est pas terminé en Europe qu'il faut s'interdire d'agir en France, ont conclu en choeur les ministres. C'est aussi cela qui peut faire avancer la décision européenne. »

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