Aller au contenu principal

Les cinq points clés pour arborer le parcours des volailles

Pour Philippe Guillet, conseiller forêt et bocage à la chambre d'agriculture de la Sarthe, il faut respecter un certain nombre de règles pour bien planter un parcours arboré et bien l'entretenir.

Les vingt premiers mètres devant la trappe sont stratégiques. Ici, les haies brise-vent en peigne apportent un peu d'ombre et favorisent la sortie.
Les vingt premiers mètres devant la trappe sont stratégiques. Ici, les haies brise-vent en peigne apportent un peu d'ombre et favorisent la sortie.
© A.P.

 


 

1. Choisir des essences locales et variées

Il faut planter en mélangeant des espèces champêtres adaptées aux milieux. Il n'y a pas d'espèces à écarter, l'essentiel est d'éviter la monoculture. Le choix doit être raisonné en fonction de la vitesse de croissance et la durée de vie des différents plants (pour empêcher les trous dans les haies). Les haies brise-vent de thuya ou de cyprès doivent être évitées ou leur hauteur limitée à deux fois celle du bâtiment. Trop hautes et trop denses, elles peuvent créer un effet tourbillonnaire. Elles nécessitent des tailles fréquentes, leur durée de vie est limitée (20 à 30 ans) et elles peuvent générer des effets allergènes.


Privilégiez les jeunes plants de 1 à 2 ans issus de pépinières spécialisées. Les plants doivent être tracés (nom en fran- çais et en latin, code d'origine des graines) et conformes à la circulaire MFR (matériel forestier de reproduction) qui vise à éviter toute propagation de maladie.

 



2. Bien raisonner la répartition des arbres

Il n'y a pas de parcours type. Il doit être réfléchi selon la situation pédoclimatique et les souhaits de l'éleveur. Les haies sont réparties en fonction des vents dominants. Les lignes d'arbre doivent être suffisamment espacées pour laisser passer les engins agricoles (12 à 15 m). L'espacement entre arbres d'une même ligne doit être d'au moins 10 mètres pour favoriser la pousse de l'herbe.


Les distances entre arbres isolés sont suffisamment réduites pour inciter le poulet à courir d'un point d'ombre à un autre. N'hésitez pas à observer le comportement des volailles pour définir cette distance stratégique. Les fruitiers ne doivent pas être plantés trop près du bâtiment pour éviter la surfréquentation.

 

3. Anticiper et protéger les plantations

L'aménagement du parcours doit être anti- cipé de façon à préparer le terrain en fin d'été (décompactage) et à planter pendant l'hiver. Pour les arbres isolés, Philippe Guillet conseille de décompacter sur un volume de 3 m3 (environ 2 m sur 2 de surface avec une profondeur de 50 cm). Cela favorise le développement racinaire et la résistance aux excès d'eau et à la sécheresse.


Pour les haies, le sol doit être décompacté sur 60 à 70 centimètres de profondeur. Il n'est pas nécessaire d'amender ou d'installer une irrigation au goutte-à-goutte. Mieux vaut rendre le terrain plus prospectable. La plantation doit être effectuée dans de bonnes condi- tions (pas de racines exposées au froid ou au soleil au-delà de 2 à 3 minutes). Le collet, zone entre la racine et la tige, doit être affleurant au niveau du sol. Le paillage est très important pour favoriser la croissance (il garde l'humidité) et limiter la concurrence de l'herbe. Le choix peut se porter sur un paillage en film plastique ou biodégradable. Les plants doivent être protégés des volailles par des grillages.

 



4. Tailler pour obtenir la forme souhaitée


Pour éviter des haies en forme de « manche à balai », les tailles de forma- tion sont indispensables les premières années. Un an après la plantation, les arbres à conduire en cépée sont coupés à 10 centimètres de hauteur. Cela favo- rise la ramification (recépage) et permet d'épaissir la haie. Ils sont taillés à environ 30 centimètres la deuxième année.


Pour l'entretien des années suivantes, privilégiez le lamier à sécateurs (puis le lamier à disques) plutôt que l'épareuse. La loi du plus fort vaut aussi pour les végétaux. Si l'homme n'intervient pas, une haie champêtre de huit à dix essences à l'origine ne conservera à terme que quatre à cinq espèces. Il faut la gérer régulièrement pour maintenir un équilibre.

 



5. Intégrer le coût et le temps de travail


Le coût de plantation d'une haie est d'environ 7,50 euros par mètre linéaire en y intégrant le coût du plant et la bâche (2,50 EUR), la protection (2,50 EUR pour les piquets et le grillage) et le temps de travail. Pour un arbre isolé d'un an, il faut compter une quinzaine d'euros tout compris dont 7 euros pour le plant. L'investissement dans un arbre fruitier est plus élevé (35 à 40 EUR par plant, soit 70 EUR s'il est installé par un prestataire). Des subventions à la plantation sont proposées par certains conseils généraux (jusqu'à 40 à 50 % de l'investissement dans la Sarthe).


Selon une récente enquête réalisée auprès d'éleveurs, l'entretien des parcours demande deux à quatre jours par an pour trois bâtiments pour les premières années de taille de formation (bien plus en cas d'arbres fruitiers).


 

Les plus lus

<em class="placeholder">bâtiment pondeuses biologiques Le Gouessant jardin d&#039;hiver aménagement paysager polyculture élevage vaches</em>
Biosécurité des élevages mixtes bovin et volailles : « Une prise de conscience du risque de transmissions de pathogènes entre espèces est nécessaire »

Avec sa double casquette au sein d’Innoval et de la section avicole du GDS Bretagne, Estelle Villéger prône une approche…

<em class="placeholder">transport de volailles </em>
Transport des animaux : un surcoût estimé à 526 millions pour la filière volailles

Fin 2023, la Commission européenne a annoncé son intention de revoir la réglementation encadrant le transport des animaux, en…

<em class="placeholder">Les éleveurs Nathalie Letourneur et son fils Pierre sont accompagnés dans le suivi sanitaire de leur élevage par Anthony Miatta, technicien de Huttepain Aliments et Arnaud ...</em>
« La biosécurité se joue dans les détails dans notre élevage bovin et avicole»

Le Gaec Letourneur, élevage de bovins et de volailles dans l’Orne, fait de la biosécurité une priorité. Pourtant fin 2024,…

<em class="placeholder">La nouvelle réglementation changerait de formule de calcul de l’espace dans les caisses de transport, entraînant une baisse de densité.</em>
Transport des volailles : La Commission Européenne veut faire évoluer la réglementation

L’Europe souhaite améliorer les conditions de transport des volailles : moins longtemps, avec plus de place et moins de…

<em class="placeholder">Les pièges mécaniques contre les rongeurs </em>
Vers une lutte intégrée contre les rongeurs en élevage avicole

Face à l’évolution réglementaire et à l’émergence de résistances aux rodonticides anticoagulants, la profession avicole est…

<em class="placeholder">L&#039;accompagnement par l&#039;Etat de  la prochaine campagne de vaccination des canards contre l&#039;IAHP pourrait passer sous la barre des 40% (contre 70%). La mutualisation du coût ...</em>
Vaccination des canards contre la grippe aviaire : quelles solutions face au désengagement de l’État ?
Face au désengagement de l’État, les professionnels des filières canards poursuivent les discussions pour le financement de la…
Publicité
Titre
je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)