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Un bâtiment canard performant et confortable

Déjà producteur avec Volinéo, Martial Bibard a choisi de construire une seconde canardière avec incorporation de graines entières. Il vise la performance et répond aux attentes sur le bien-être animal.

Suite au départ en retraite de son père il y a quatre ans, Martial Bibard s’est retrouvé seul avec un salarié pour 150 ha de SAU, 480 000 l de lait et un bâtiment canard de 800 m². « Cela faisait trois ateliers à gérer seul, avec l’astreinte de la traite et une mauvaise conjoncture en lait, souligne-t-il. Le canard avait toujours bien marché et l’accompagnement financier et administratif proposé par Volinéo est intéressant. J’ai donc décidé d’arrêter le lait et de construire un deuxième bâtiment. » Entré en fonctionnement début février, le bâtiment où seront produits 18 000 canards par an, en plus des 12 000, a été conçu dans un souci de compétitivité, de bien-être animal et de perfection au niveau sanitaire. D’une surface de 1260 m² (84 x 15 m), il est équipé d’une ventilation bilatérale progressive Sodalec avec régulation Mégavi Connect. Les trappes à trois positions d’ouverture permettent une entrée d’air jusqu’à 2250 m³/h à 20 Pa. L’extraction est assurée par trois ventilateurs Ecowind de 11 250 m³/h disposés sur un côté, puis par un ventilateur de 34 000 m³/h en pignon et enfin six turbines de 40 630 m³/h. « Tous les nouveaux bâtiments sont désormais en ventilation bilatérale progressive, précise Jean-Marc Durand, responsable canard de Volinéo (groupe Cavac). Cela a permis de faire passer la durée d’élevage de 84 jours à 78-80 jours. » Pour économiser le chauffage, assuré par quatre canons, tous les canards seront démarrés dans le nouveau bâtiment.

Priorité à la lumière naturelle

La grande nouveauté est l’installation sur les rampants de 28 puits de lumière Sodis représentant 3 % de la surface au sol. Les caissons sont constitués de deux plaques de verre diffus entre lesquels des lamelles en mousse isolante se rabattent pour occulter la lumière. La priorité est donnée à la lumière naturelle, sauf en cas de trop forte luminosité. Un luxmètre permet de compléter avec l’éclairage artificiel. Le confort des animaux est assuré aussi par les caillebotis Multipatt (sté Transaxe), en plastique à maille rectangulaire, antidérapant et confortable. Autre initiative pour le bien-être : la mise à disposition de mangeoires Multibeck et de godets à trempage de bec.

Une grande attention a été portée au sanitaire et à la protection anti corrosion. La coque intérieure en panneaux sandwich est recouverte d’une couche de polyester ; les trappes sont en polyester avec commandes inox ; les caillebotis, leurs supports en fibre de verre et les séparations plastiques sont facilement démontables, lavables et désinfectables. Enfin, le lisier est raclé chaque jour. Pour son hygiénisation par stockage de 60 jours, l’élevage est équipé de deux fosses à géomembranes de 1200 m³ et 800 m³.

Deux cents tonnes de céréales valorisées

Une autre innovation est l’incorporation dans l’alimentation de céréales entières de l’exploitation. « C’est le quarième site du groupe à incorporer des céréales entières, précise Guy-Marie Brochard, président de Volinéo. Les performances sont inchangées, cela répond aux attentes sociétales et valorise les céréales de l’exploitation, le seuil pour que l’incorporation soit plus intéressante que la vente étant de 200 €/t. »  Elles seront incorporées à partir de 28-30 jours, à raison de 30 % de la ration avec un complémentaire adapté. « Ce sera surtout du blé et du triticale, car je ne suis pas équipé pour sécher du maïs, précise Martial Bibard. Par contre, je vais monter un stockage à plat dans l’ancienne stabulation. Le nouveau bâtiment nécessitera 200 t de céréales (30 ha), avec une marge estimée à 8 000-10 000 €. » Les céréales seront mélangées au complémentaire dans une trémie grâce à un boîtier Arecibo (Tuffigo-Rapidex) qui peut gérer cinq silos et envoyer le mélange dans deux directions.

Créer 25 000 m² d’ici 2020

Volinéo dispose de 80 000 m² en canard de Barbarie, avec des débouchés auprès des abattoirs Gastronome, Favreau et Couthouis. En 2016-2017, le groupe a commercialisé 3,8 millions de canards. Tous les éleveurs respectent la charte interprofessionnelle et une charte sanitaire très stricte mise en place en 2000. « La demande est très soutenue, constate Guy-Marie Brochard. Par ailleurs, 80 % du parc a plus de 15 ans et 50 % des éleveurs ont plus de 50 ans. Il y a donc des besoins à la fois pour renouveler le parc et les éleveurs et pour augmenter les surfaces. » 6000 m² ont été créés ces six derniers mois et 10-15 000 m² sont en projet pour 2018.

Pour inciter à la création, Volinéo apporte une garantie de marge (MPA de 80 €/m²/an pendant 7 ans), verse une plus-value sur le prix de reprise (+50 €/t vif pendant 5 ans puis 25 €/t vif pendant 5 ans, soit entre 20 et 30 % de l’investissement) et prend en charge la réalisation du dossier administratif-environnement. « Une plus-value sur le prix de reprise permet d’affecter l’aide à la production et donne plus de lisibilité à l’éleveur et aux banques qu’une aide à l’investissement », souligne Guy-Marie Brochard. Le groupe réfléchit à la possibilité d’un accès extérieur pour les canards, sans doute avec de plus petits bâtiments, même si des abattoirs n’ont pas encore fait de demande.

 
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