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Trois raisons pour continuer à investir dans le photovoltaïque agricole

Investir dans du photovoltaïque à la ferme est de plus en plus d’actualité. Régis Le Carluer, conseiller énergies renouvelables à la chambre d’agriculture de Bretagne, et Mickaël Feuildet, ingénieur consultant indépendant en photovoltaïque apportent leur éclairage.

Un élevage de canards de chair équipé de panneaux depuis 2013 dans le Maine et Loire © Solewa
Un élevage de canards de chair équipé de panneaux depuis 2013 dans le Maine et Loire
© Solewa

1. L’intérêt pour le photovoltaïque s’accroît

Trois arguments doivent pousser les agriculteurs à se poser la question de l’opportunité à devenir producteur d’électricité : en premier lieu, la hausse constante du kWh acheté. En dix ans (2007-2017), son prix moyen est passé de 8 à 12 centimes (ct). Deuxièmement, les coûts du kWc installé baissent, de sorte que la « parité réseau » (l’égalité entre le prix moyen du kWh et son coût de production photovoltaïque) a été atteinte depuis 2017-2018. Les prix ont été quasiment divisés par dix depuis 2007. Troisièmement, les banques sont de moins en moins réticentes à financer des projets de moins en moins onéreux. Selon la dimension d’une installation en toiture, il faut compter de 1,15-1,2 €/Wc (pour une unité de 15-20 kWc) à 0,85 €/Wc (pour une unité de 100 kWc), hors raccordement et hors rénovation. Avec un projet bien ficelé, les taux de rentabilité interne varient de 4 à 6 % en moyenne pour un temps de retour sur investissement de neuf à treize ans.

2. Trois possibilités de valorisations photovoltaïques

Trois choix sont possibles jusqu’à une puissance installée maximale passée récemment à 500 kWc (le texte réglementaire est en attente) : la vente totale, l’autoconsommation totale ou l’autoconsommation avec vente du surplus.

En autoconsommation totale, l’installation n’est pas raccordée au réseau. L’investisseur ne paie ni frais de raccordement, ni abonnement, ni taxes. Le coût de l’énergie produite restera constant dans le temps et générera une baisse de sa facture énergétique. « Passer à l’autoconsommation est aussi l’occasion de se questionner sur sa consommation électrique » estime l’ingénieur Mickaël Feuildet. En Bretagne, depuis 2019 la région stimule cette formule en subventionnant les petites installations. Pour le second appel d’offres de 2020, l’aide a été de 30 % de l’investissement, plafonnée à 7500 €.

Avec l’autoconsommation avec vente du surplus, l’agriculteur doit s’acquitter des frais de raccordement et des taxes. Le kWh injecté lui est payé 6 ct (10 ct/KWc en dessous de 9 kWc installés), sachant que ce prix est fixé pour les vingt ans du contrat. « Avec un rachat inférieur au coût de revient, ce modèle économique ne tient pas si on a trop de surplus », affirme Mickaël Feuildet. Par contre, l’investisseur bénéficie d’une prime d’investissement (180 €/kWc au-dessus de 9 kWc installés et 90 €/KWc pour plus de 36 kWc).

L’ingénieur conseil précise que « les installations au sol n’ont pas l’autorisation de revendre leur surplus. Pour celles posées en toiture, il faut se décider entre l’autoconsommation totale et celle avec vente de surplus dès le début du projet, car ce choix est définitif lors de la demande de raccordement. » Régis Le Carluer, conseiller à la Chambre d’agriculture de Bretagne, souligne que « pour obtenir un prix du kWc installé plus avantageux, il est tout à fait possible de réaliser une installation d’un seul tenant, avec une zone de panneaux destinée à l’autoconsommation et l’autre à la vente totale. »

3. On ne gagne pas à tous les coups

Parce que chaque exploitation est unique, investir dans une installation photovoltaïque calquée sur celle du voisin serait une erreur. Il est nécessaire de ne pas foncer tête baissée, sans étude technique et économique. Sinon, on peut être perdant, que ce soit avec la revente totale impliquant de la rénovation ou en autoconsommation totale où chaque situation est unique. « Pour monter son projet, il faut chercher de l’accompagnement auprès des chambres d’agriculture, insiste Mickaël Feuildet. Faire appel à un bureau d’études permet d’avoir un œil objectif. Son coût est autour de 8 % avec le suivi de chantier. Un installateur peut aussi faire l’étude préalable. De toute façon, il faut plusieurs devis car chaque installateur a son approche. Si on a bien cadré en amont, on arrive toujours avec des devis proches à 2 ou 3 % près. »

Lire aussi : "Comment passer à l’autoconsommation photovoltaïque"

Points de vigilance en revente

Pour Régis Le Carluer, « le premier point de blocage est le coût de l’accès au réseau qui peut plomber la rentabilité. Le raccordement n’étant pas proportionnel à la puissance installée, un projet similaire passera ici et pas là. » Comme, le seuil du contrat de rachat à prix garanti passera bientôt à 500 kWc, cela pourrait rendre rentables des projets qui auparavant auraient été bloqués par le coût de raccordement. « Ce changement de seuil pourrait aussi redonner de l’intérêt à des installations orientées est-ouest ayant un rendement énergétique légèrement dégradé (90 % du potentiel en toit plat, 80 % en toit pentu orienté est). » Le second point de blocage est le coût de rénovation de la toiture-charpente dans le cas d’une adaptation sur de l’existant. « Mais, si l’exploitant doit construire un nouveau bâtiment pour le développement de son activité agricole, ne pas étudier la faisabilité d’un projet photovoltaïque directement intégré à la construction du bâtiment est une erreur… » affirme Régis Le Carluer.

 

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