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McDonald’s veut réduire son impact environnemental

La chaîne de restauration rapide a engagé une stratégie « agroécologique ». Avec ses partenaires historiques, elle teste des pratiques innovantes dans ses fermes de référence. Visite de la ferme du Grand Coudray.

Visite de l’élevage de Jean-Philippe Grissault par des professionnels agricoles.
Visite de l’élevage de Jean-Philippe Grissault par des professionnels agricoles.
© A. Puybasset

À l’approche de la ferme du Grand Coudray, à Plouasne dans les Côtes-d’Armor, l’œil est d’abord attiré par les 1400 m2 de panneaux photovoltaïques qui recouvrent l’un des poulaillers et le hangar. Puis on découvre les trois bâtiments de 1500 m2 à ventilation transversale et fenêtres transparentes, qui s’alignent les uns derrières les autres sur un site aux abords soignés. De part et d’autre, de grands panneaux pédagogiques détaillent les caractéristiques de l’exploitation et les pratiques d’élevage : pilotage informatisé, mesures de biosécurité, sol béton, éclairage naturel, échangeurs de chaleur… Nous sommes chez Catherine et Jean-Philippe Grissault, producteurs de poulets lourds au Gaevol depuis vingt ans pour l’abattoir Boscher Volailles. En octobre 2013, leur exploitation a été choisie comme la ferme de référence « poulet » de la chaîne de restauration rapide McDonald’s. À chaque début de lot, l’éleveur reçoit un groupe de visiteurs : des franchisés, des salariés de McDo ou des professionnels agricoles, comme aujourd’hui. Site « pilote », l’élevage est avant tout un lieu privilégié pour tester des pratiques innovantes et leur impact sur l’environnement et le bien-être animal.
Avec ses 1300 restaurants français, McDonald’s sert 1,7 million de repas chaque jour. Consciente de la nécessité de réduire son impact environnemental, l’entreprise veut agir sur toute la chaîne de production, de la matière agricole à la fin de vie des déchets : dans les restaurants (gestion des emballages, équipements économes en énergie…), chez ses fournisseurs (optimisation des process et bilan carbone des usines) et en production agricole, à travers ses cinq principales filières d’approvisionnement : le blé, le bœuf, la pomme de terre, la salade et le poulet.


Réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020


« En 2009, nous avons mis en place un processus de concertation avec les différents acteurs des filières et des experts scientifiques pour définir une stratégie agroécologique », précise Yannick Nguyen, ingénieur achat-qualité de McDonald’s France. « Elle comprend quatre objectifs à atteindre d’ici 2020 : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, préserver la ressource en eau, favoriser le maintien de la biodiversité et améliorer le bien-être animal. » Pour y parvenir, une cinquantaine de pratiques innovantes sont testées dans son réseau d’une trentaine de fermes et parcelles de références. Cinq fermes sont ouvertes au public, une par grande filière d’approvisionnement. Cette stratégie est pilotée par les principaux fournisseurs de McDonald’s.

Des solutions pour enrichir l’environnement des poulets


Pour le poulet, il s’agit de Cargill — dont l’usine située près d’Orléans produit les fameux nugget’s — et son partenaire historique, l’abattoir Boscher Volailles, qui lui fournit des cuisses et filets issus de poulets lourds de Sanders Bretagne élevés par les éleveurs du Gaevol depuis vingt ans. « L’élevage de Jean-Philippe Grissault répondait en plusieurs points aux différents leviers que nous souhaitions actionner : des techniques économes en énergie, des solutions d’enrichissement de l’environnement, la gestion de la litière et de l’ambiance, les précautions sanitaires ou encore l’alimentation », détaille Hugo Jansen, responsable du développement durable de Cargill Meats Europe. Depuis longtemps sensibilisé à son impact environnemental et aux économies d’énergie, Jean-Philippe Grissault est équipé depuis plusieurs années d’échangeurs de chaleur. « Grâce à la production d’énergie renouvelable des panneaux photovoltaïques, le site produit plus d’énergie qu’il n’en consomme », ajoute-t-il. D’autre part, pour être conforme à un cahier des charges spécifique d’un client étranger mis en place avec la filière Glon-Sanders, il a également investi dans des bandeaux lumineux naturels et dans un sol bétonné. Pour l’éleveur, l’objectif principal de la dalle en dur était aussi de réduire la fréquence des pododermatites, principal indicateur de bien-être du poulet de chair. « Nous sommes régulièrement évalués par Cargill sur les critères d’état des pattes », ajoute Paul Lopez, directeur de l’abattoir Boscher Volailles. « Sanders Bretagne veut valider l’intérêt de différents types de substrats (cosses de sarrasin, sciure, menue-paille…) sur la réduction des pododermatites. Nous n’avons pour l’instant pas l’intention d’imposer aux éleveurs d’investir dans un sol en béton. Ce qui compte c’est le résultat ! » L’impact sur le bien-être de diverses solutions d’enrichissement de l’environnement est également testé chez l’éleveur : lumière naturelle, système de perchages, bottes de paille… Un système de détection des mouvements est également expérimenté. « Sans rien imposer ni précipiter, nous souhaitons prendre le temps de valider les différentes pratiques testées, en nous appuyant sur des indicateurs et avec l’appui de scientifiques indépendants et d’instituts techniques », précise Yannick Nguyen. « Nous sommes aujourd’hui à mi-chemin de la démarche. » L’objectif final est de déployer à grande échelle les pratiques les plus pertinentes dans les prochaines années.

Voir aussi article " Des smartphones pour étudier les déplacements des poulets ".

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