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Aux Pays-Bas
Les échangeurs de chaleur réduisent la facture de gaz

En préchauffant l'air, les échangeurs de chaleur air/air réduisent considérablement les besoins de chauffage des poulaillers. Selon les utilisateurs néerlandais, l'impact sur la qualité de l'air est aussi important.

À Meerkerk, aux Pays-Bas : abrité dans un container à l’extérieur du bâtiment, l’échangeur de chaleur récupère les calories de l’air du poulailler pour réchauffer l’air frais.
À Meerkerk, aux Pays-Bas : abrité dans un container à l’extérieur du bâtiment, l’échangeur de chaleur récupère les calories de l’air du poulailler pour réchauffer l’air frais.
© Armelle Puybasset

Récupérer la chaleur du poulailler pour réchauffer l’air entrant et diminuer sa consommation de gaz: l’idée est plutôt séduisante à l’heure où les charges de chauffage ne cessent d’augmenter. C’est ce que permet l’échangeur de chaleur air/air (voir infographie). Son principe est basé sur le transfert de calories par conduction. L’air chaud vicié extrait du bâtiment et l’air frais traversent l’échangeur en flux croisés (pas de mélange). En France, ce genre d’équipement existe déjà en élevage porcin et plusieurs équipementiers travaillent à son adaptation aux bâtiments avicoles. Aux Pays-Bas, les premiers échangeurs de chaleur ont d’abord été développés pour assécher les fientes dans les élevages de poules pondeuses au sol et de poules reproductrices. Depuis un à deux ans, ce sont les éleveurs de volailles de chair qui s’y intéressent de près. Comme en France, l’augmentation du prix de gaz les incite à trouver de nouvelles solutions pour réduire leur consommation d’énergie. Selon les utilisateurs, les échangeurs de chaleur permettent de réduire la consommation de gaz de 40 à 60 %. En plus de cet aspect économique, les éleveurs apprécient tout autant l’impact sur l’ambiance du poulailler. L’air est moins chargé en humidité et en CO2 (moins de chauffage). Les litières sont plus sèches et les émissions d’ammoniac moindres. Certains éleveurs néerlandais optent aussi pour cet équipement pour se conformer à la réglementation environnementale sur les émissions d’ammoniac.

MODULE DÉPLAÇABLE

Aux Pays-Bas, la société Plettenburg est l’une des premières entreprises à avoir commercialisé ce genre d’équipement en aviculture. Son échangeur de chaleur mobile peut être installé à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment. Dans le second cas, il est protégé par un container en acier galvanisé et posé sur une dalle bétonnée à proximité du poulailler. C’est la solution pour laquelle a opté Klaas Timmer, qui exploite quatre bâtiments de poulets de chair de 1 300 m2 à Meerkerk, près d’Utrecht. En février 2007, il a équipé le bâtiment le moins bien isolé d’un échangeur de chaleur Plettenburg afin de réduire sa consommation de gaz et d’améliorer l’ambiance du poulailler. Il l’a ensuite relié à un second bâtiment en février 2006, considérant que sa capacité était suffisante pour préchauffer l’air de deux bâtiments d’une surface totale de 2 600 m2. L’échangeur de chaleur (9,5 mètres de long, 2 mètres de large et 2 mètres de haut) a une capacité d’échange de 13000 m3/heure et une puissance de 5,5 kW. L’air frais est aspiré par un ventilateur centrifuge à double entrée (capacité maximale de 13 000 m3/heure soit 0,25 m3/h par poulet) et traverse l’échangeur. L’air réchauffé est ensuite amené à l’intérieur des deux bâtiments par un conduit en inox. Il est ensuite diffusé à travers deux gaines en plastique PVC de 50 cm de diamètre, suspendues au faîtage sur toute la longueur du bâtiment. L’échangeur de chaleur est régulé par un contrôleur de fréquence, qui permet de faire varier la capacité d’échange selon les besoins de chauffage. Il est également connecté au boîtier de régulation de la ventilation. « L’échangeur de chaleur est mis en route dès l’arrivée des poussins, explique Michel Plettenburg. Lors du démarrage, les besoins en chauffage sont complétés par deux canons à air chaud, dont l’un est équipé d’un extracteur de CO2, et qui servent aussi au préchauffage du bâtiment. Ces canons fonctionnent uniquement pendant les dix premiers jours puis l’échangeur assure 100 % des besoins en chauffage. » Depuis que Klaas Timmer a installé l’échangeur, sa consommation de gaz a chuté de 55 à 60 %. Le retour sur investissement est estimé à quatre ans pour un coût d’équipement de 30 000 euros pour 52000 places. Malgré cet investissement élevé, Michel Plettenburg prévoit un développement important des échangeurs dans les prochaines années. « Son intérêt a été démontré dans les bâtiments dynamiques et fermés, modèle prédominant aux Pays-Bas, avance-t-il,mais ce type d’équipement fonctionnerait également dans les bâtiments de type Louisiane. »

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