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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Technique d’élevage
Les dindons standard de Jérémy ont leur parc d’exercice

Jeune mais déjà expérimenté, Jérémy Fillon vient d’agrandir son élevage de dindes en adoptant le système « brood and move » et en créant un jardin d’hiver.

C’est une première en Bretagne : élever des dindes standard en leur donnant accès à une aire d’exercice extérieure couverte, communément appelée « jardin d’hiver ». La pratique est courante en France pour les poules pondeuses élevées en mode plein air, ainsi qu’aux Pays-Bas pour le poulet de chair sous le label Beter Leven. L’initiative revient à Jérémy Fillon, à l’occasion de l’extension de son élevage de dindes de Lanouée dans le Morbihan. Sa proposition a été très bien accueillie par son partenaire la coopérative Le Gouessant. Il faut dire que le spécialiste breton de l’élevage des poules pondeuses alternatives se sent très concerné par les attentes sociétales. « Pour nous c’est une première en bâtiment neuf, déclare Rémi Cristoforetti le directeur de la coopérative. Le site va nous permettre de tester le concept, ainsi que de mieux évaluer le brood and move également pratiqué chez un autre de nos éleveurs du Finistère. » Très répandue aux USA et en Allemagne, cette technique consiste à démarrer les dindonneaux dans une poussinière, puis de les transférer en bâtiment de croissance après l’âge d’un mois. De cette manière, la poussinière redémarre plus vite et il est possible de produire trois lots à l’année en bâtiment finition tout en allégeant l’investissement. « J’ai découvert cette méthode à travers des lectures sur des élevages allemands », relate Jérémy. Cela l’a séduit au point de vouloir l’appliquer.

Deux fois 1250 m2 pour la finition des mâles

Par commodité, l’extension a été réalisée à quelques dizaines de mètres du bâtiment de 1000 m2 qui sert de poussinière, ce qui se traduit par deux âges présents sur le site en fin de finition des mâles (lot suivant en démarrage). Concrètement, la surface supplémentaire a été calculée de manière à permettre l’élevage des femelles dans la poussinière de 1000 m2, après que les mâles démarrés ont été déménagés. « Sur les 17 000 dindonneaux démarrés, 9000 mâles sont transférés à un mois », précise Jérémy. Ils sont hébergés sur 2500 m2, ce qui correspond à une densité de 3,6 individus par m2. L’éleveur a choisi un type de bâtiment depuis longtemps éprouvé pour la dinde. Il s’agit de deux bâtiments California (Sérupa) de 1250 m2 et 12  mètres de large en ventilation naturelle statique avec des rideaux coulissants d’un mètre de haut sur les côtés. Quatre turbines ont été posées en pignon dans l’éventualité de fortes chaleurs, ainsi que deux rampes de brumisation. Outre la lumière naturelle, Jérémy a opté pour le béton(1) et une repailleuse (Mécapulse de Dussau) afin de réduire son temps d’intervention et faciliter son travail. « Avec une densité réduite et une meilleure ambiance, je passe moins de temps de repaillage. Une fois par semaine suffit au lieu de tous les deux à trois jours pour les femelles. Je table aussi sur la baisse des frais vétérinaires. »

Un jardin d’hiver fait maison

L’équipement intérieur est aussi largement éprouvé : deux lignes de mangeoires Aza qui équipent ses autres poulaillers et deux lignes de cloches Plasson. Jérémy a acheté des abreuvoirs linéaires Giano en inox et inversibles (en fonction de l’âge). « Ils fonctionnent très bien, mais je vais les revendre pour soulager mon temps de travail en nettoyage et manipulation. » Les deux canons à air chaud Systel de 90 kW sont complétés par six radiants électriques centraux « de manière à créer des points de chauffe localisés », souligne Jérémy. L’éleveur a réussi à compresser son investissement à moins de 600 000 euros, notamment en réalisant les 600 m2 de jardin d’hiver. Revenu à moins de 60 euros le m2, il a économisé au moins 20 euros du m2. « On a fait au plus simple avec une charpente en bois qui prolonge la pente du bâtiment et un grillage. Sa largeur a été déterminée par sa hauteur suffisante en bordure pour permettre de racler le sol bétonné avec un engin. » Les dindons y accèdent par sept trappes de 4 mètres (la largeur entre deux fermes) à ouverture manuelle. Il reste à voir si le choix de baisser la densité des mâles sera rentable. Sans une prime au bien-être, ce n’est pas sûr actuellement… mais il est possible qu’un marché plus rémunérateur émergera ou encore que les attentes sociétales feront évoluer certains cahiers des charges. C’est déjà le cas en Allemagne avec un kilotage instantané au maximum de 58 kg par m2, qui applique justement le brood and move.

(1) S’ajoute une fosse de 5 m3 pour récupérer les eaux de lavage, qui pourra être connectée à une ancienne fosse de 180 m3.
Tester le concept "brood and move" en bâtiment neuf 

Douze ans d’expérience

Âgé de 33 ans, Jérémy Fillon compte douze ans de pratique avicole. Néophyte et originaire de la Beauce, il s’est fait embaucher par un éleveur de poulets lourds et de dindes dans le Morbihan qui lui a appris le métier. Au bout de sept ans, Jérémy a décidé de voler de ses propres ailes. Fin 2013, il reprend une ferme avec 30 hectares de cultures à Lanouée et un bâtiment de 1000 m2 dédié à la dinde. Parallèlement, il acquiert sur la même commune un site d’élevage de 2000 m2 consacré au poulet. Aujourd’hui à la tête de 5500 m2 qu’il conduit seul, Jérémy envisage de recruter un salarié pour sortir la tête du guidon.

Un parc Le Gouessant rajeuni

La coopérative Le Gouessant annonce 130 aviculteurs adhérents avec une surface de 280 000 m2, dont 205 000 m2 sont consacrés à la dinde. « Nous pesons 8 à 10 % de l’offre nationale », estime Mickaël Alexandre, responsable de l’activité volaille de chair. En dinde, la coopérative détient un savoir-faire et une image qui attirent. Le reste du parc est surtout consacré au poulet lourd. Et ce parc est assez spécialisé. « Depuis deux ans, la coopérative a fait d’énormes efforts pour installer de nouveaux et de jeunes éleveurs. Ce sont des années charnières, résume Mickaël Alexandre. Nous sommes passés de deux tiers de nos éleveurs âgés de plus de 50 ans à 48 % en deux ans et nous avons réussi à maintenir notre potentiel de production. »

 
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