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Le Sud-Ouest cherche ses marques

Les filières longues de volailles de chair du Sud-Ouest ont conservé une diversité d'opérateurs et de produits. Mais, comme ailleurs, la concentration s'opère peu à peu.

Autant la Bretagne est vouée à la production de volailles standard, autant le Sud-Ouest est dévolu aux productions sous signes de qualité. Ce grand bassin, classé numéro trois national, recouvre deux régions administratives comprenant trois bassins historiques  : la région Aquitaine avec au nord la Dordogne et au sud les Landes, la région Midi-Pyrénées avec le bassin du Gers. Dans les années 1960, le développement de la production organisée par maillons a commencé d'abord dans les Landes, puis la Dordogne, le Gers et a gagné les zones intermédiaires. Retracer leurs histoires respectives prendrait du temps... Rappelons tout de même qu'à la fin des années 1950, le Sud-Ouest -- avec la Sarthe -- a été le moteur du développement d'une alternative aux souches blanches américaines, synonymes d'industrialisation. C'est dans les Landes qu'est né le premier label rouge, encore produit, sous le code 01-65, élevé en liberté et en « cabanes », même si les « marensines » en bois ont fait place à des structures modernes. Les autres bassins se sont développés plus tardivement, de sorte que les Landais ont maintenu leur leadership économique et politique.


Prédominance du poulet jaune et label rouge


Aujourd'hui, le Sud-Ouest est encore caractérisé par la prédominance du poulet label rouge, jaune à 80 %. En recoupant les informations des abatteurs et des organisations de productions, nous estimons que l'ensemble produit environ 700 000 à 750 000 poulets label rouge par semaine et 300 000 à 350 000 poulets standard. La production annuelle sous signes de qualité se situerait entre 30 et 35 millions de têtes par an. C'est la première au plan national, mais sa variété diminue sa force de frappe commerciale : dix-huit cahiers des charges label rien qu'en poulet, notamment avec la mention Sud-Ouest, quatre IGP (Béarn, Gascogne, Gers, Landes) et bientôt une cinquième (Périgord). De quoi s'y perdre pour le consommateur ! Quant au poulet standard, il n'a pas bonne réputation auprès des éleveurs. Pourtant, les abattoirs régionaux en ont besoin pour compléter leur gamme et proposer du « produit localement ». Le canard de chair est anecdotique dans le berceau du foie gras, tandis que la production de dinde plonge. À notre connaissance, seul Terres du Sud en produit 4000 par semaine pour son abattoir Blason d'Or.
Quelles sont les forces commerciales en présence ? Sur une vingtaine d'abattoirs multiproduits -- à quelques exceptions près --, les quatre premières entreprises réalisent au moins 90 % des volumes. Avec 45 000 tonnes commercialisées, Fermiers du Sud-Ouest (FSO) arrive en tête. Il a été créé par la mise en commun de cinq outils de Gastronome (Terrena) et de Maïsadour. Loin derrière, avec un site chacun, se situent Blason d'Or (Dordogne) et LDC Aquitaine (Gironde) à 11 000-12 000 tonnes de produits locaux par an, puis Ronsard (Landes) à 5500 tonnes (100 % de label rouge). Les capacités d'abattage (70 000 à 250 000 volailles par semaine) sont jugées normales pour des produits sous signes de qualité, d'autant que l'étendue des zones de production leur est favorable.
Aucun d'eux n'est indépendant : FSO est lié à Maïsadour, Blason d'Or à Terres du Sud (47), LDC Aquitaine à LDC (72), Ronsard à Ronsard Bretagne (56). Ils concentrent leurs forces de vente principalement sur le Sud-Ouest, mettant en avant leurs territoires, avec par ordre d'importance les mentions Landes, Sud-Ouest, Gers, Périgord, Gascogne, associées ou non à des marques (Blason d'Or, Marie Hot, Peyac, St Sever...).

Des abattoirs de taille modeste mais adaptée


Profitant de cette renommée, ils vendent aussi hors région (Paris, Ouest, Sud-Est) et même exportent. Seul FSO essaie de changer la donne en voulant hisser sa marque St Sever au niveau national depuis trois ans. Quant aux produits standard locaux, encore déficitaires en volume et plus chers à produire qu'au Nord, ils complètent la gamme et apportent un service de proximité.
Les organisations de production (OP) sont dominées par quatre coopératives généralistes avec des zones d'implantations privilégiées et des stratégies différentes. À part la fabrication d'aliments, Euralis (64) s'implique peu dans les autres maillons, si ce n'est une participation minoritaire dans FSO-Fermiers du Gers. Via Euralis-Volailles (240 producteurs), elle fournit de la volaille label à FSO et Ronsard, ainsi que du poulet standard à LDC, en association avec Sanders (environ
20 éleveurs). Dans le Lot-et-Garonne, Terres du Sud (360 éleveurs) a son propre débouché (Blason d'Or) et se développe fortement en fournissant les abattoirs, petits et grands. Maïsadour (370 éleveurs) règne en maître sur les Landes. La coopérative veut être le noyau de la structuration de l'ensemble des maillons du Sud-Ouest. D'où son implication dans l'aliment (Sud-Ouest aliment) et l'abattage (FSO). Son activité d'accouvage n'a pas eu le succès escompté. Vivadour se concentre sur le Gers. Elle n'a pas la main sur les deux abattoirs départementaux qu'elle fournit en intégralité, ni sur l'avenir de son IGP. Il se dit qu'elle pourrait un jour fusionner avec sa voisine Maïsadour.

Des organisations de production aux politiques tranchées


À côté de ces grands, subsistent deux coopératives exclusivement avicoles qui regroupent des éleveurs se reconnaissant peu dans de grandes structures, aux préoccupations éloignées des leurs. Dans les Landes, en fournissant LDC Aquitaine, Volailles d'Albret (170 éleveurs) poursuit son chemin à l'ombre de Maïsadour. En Dordogne, fournisseur de FSO-Fermiers du Périgord, Périgord Aviculture (110 adhérents) tente de résister à la pression de Terres du Sud qui a déjà absorbé le GPVB, l'autre groupement périgourdin. Même si chacun tient à conserver ses particularismes, d'ici quelques années le nombre d'OP pourrait se compter sur les doigts d'une seule main...
Le Sud-Ouest a au moins deux défis à relever, celui de la compétitivité et celui de la visibilité commerciale. En matière de renouvellement des éleveurs et du parc, des efforts ont déjà été réalisés, notent les abatteurs, en volailles standard et label en 400 m2. Plus contraignant, le mode de production en cabanes mobiles a plus de mal à se rajeunir. Le défi commercial est de maintenir les volumes et la diversité des IGP et labels rouges. L'ambition de faire de la marque St Sever le concurrent national de Loué préoccupe certains. Va-t-elle tirer les mentions régionales ou au contraire les assécher et les remplacer ? Les équilibres historiques entre bassins seront-ils maintenus ?

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