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Le sol béton se pilote avec précision

Perdant l’effet « absorbeur d’humidité » qu’avait le sol paillé sur terre battue, la dalle bétonnée exige une parfaite maîtrise de l’ambiance du bâtiment et de la qualité de la litière.

La principale difficulté 
est de gérer l’hygrométrie 
du bâtiment.
La principale difficulté
est de gérer l’hygrométrie
du bâtiment.
© A. Puybasset

Malgré son coût élevé, la dalle bétonnée séduit de plus en plus d’éleveurs de volailles
de chair. Tous sont unanimes sur l’amélioration du travail qu’elle procure, sur la maîtrise sanitaire et l’économie de litière. La principale difficulté reste de gérer l’hygrométrie du bâtiment en cours de lot et la mise en chauffe de la dalle, en fonction de la durée du vide sanitaire. Masse froide hermétique, le béton n’a pas les vertus du sol en terre battue, qui absorbe une partie de l’eau dégagée par la respiration des volailles. Il n’y a alors plus que la ventilation pour évacuer le surplus d’humidité de l’air.


Une enquête réalisée en 2012 par les chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire et l’Itavi soulignait le fait qu’il n’existait « pas un… mais des sols bétonnés ». C’est, semble-t-il, toujours le cas, tant dans leur conception que dans leur gestion. Si tout le monde s’accorde sur les grandes lignes, les avis et les pratiques divergent sur certains points comme l’isolation totale ou en périphérie de la dalle, sur l’intérêt de chauffer durant le vide ou encore sur l’épaisseur et le type de litière à utiliser. « On manque de réponses formelles sur ce qu’est un béton idéal et sur sa façon d’être piloté », confirme un conseiller avicole. Majoritairement sur terre battue, la filière française manque encore de recul sur cette technique en développement. La raison est surtout à trouver dans la grande diversité des configurations de bâtiments, des niveaux d’équipements et des types de production.


Une étude en cours sur les flux d’énergie dans un bâtiment sur sol bétonné apporte déjà quelques éléments de réponse. L’expérience se fait par la pratique, comme l’expliquent les témoignages d’éleveurs tout au long de ce dossier. Au cours des premiers lots, ils affinent les réglages du boîtier de ventilation et ajustent la quantité de litière nécessaire.
« Dans 90 % des cas, le passage au sol bétonné se passe bien, confirme un technicien breton. Les échecs sont peu nombreux. » Tant qu’à investir dans une dalle bétonnée, certains éleveurs vont jusqu’à installer un plancher chauffant avec circulation d’eau à basse température. Loin des échecs du passé, cette technique pourrait décoller dans les années à venir, car elle répond également à une problématique d’économie d’énergie. Même si le chauffage par le sol double le coût de la dalle.

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