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Union de Babycoque et d’Ose
Le groupe Dauphinoise structure la filière œuf du Sud-Est

Depuis quatre ans, le principal acteur régional coopératif remodèle le paysage de l’œuf dans le quart Sud-Est, en rassemblant des PME, dont la dernière est Babycoque.

© A. Puybasset

L’encre du contrat de mariage est à peine sèche ! », confiait Georges Boixo en ce début du mois de novembre à Vienne (Isère), au siège de la coopérative La Dauphinoise. Sa filiale œufs du Sud-Est (Ose) vient de se rapprocher du groupe savoyard Babycoque, détenu par Francis Gaud, entrepreneur à peine quarantenaire. Chaque partie prenante apporte ses titres pour former une entité juridique qui n’a pas encore de nom officiel. L’ensemble va peser un milliard d’œufs — 200 millions issus du groupe Babycoque et 850 de Ose — et un chiffre d’affaires de 130 millions (30 de Babycoque et 99 d’Ose).

Un rapprochement qui couvait depuis l’origine

Ce mariage ne résulte pas d’un coup de foudre. « Francis Gaud a été un des premiers à venir nous rencontrer lorsque la coopérative est entrée dans cette filière avec le rachat des entreprises Sommery et Séguy fin 2011, se souvient Roland Primat, le président de la Dauphinoise. Nous nous sommes dit que plus tard on ferait peut-être un bout de chemin ensemble. » Par la suite, les dirigeants ont appris à se connaître à travers des collaborations client-fournisseur (aliments, poulettes, œufs). Et à partir de 2013-2014, le rapprochement des groupes Appro et 2A (1) en a fait des co-actionnaires de la centrale nationale de vente. Le déclic s’est vraiment produit à l’annonce du départ du précédent directeur d’Ose, remplacé par Georges Boixo secrétaire général du groupe devenu aussi responsable de la nutrition animale. « Passer de deux PME qui voulaient mutuellement se 'manger' à une seule filiale d’une coop n’a pas été simple, reconnaît Roland Primat, même si les anciens dirigeants nous ont accompagnés quelques mois. En 2012, Ose a profité de l’euphorie des cours, mais nous avons connu un réel trou d’air en 2013-2014. Ayant fait le choix de poursuivre cette activité, il nous fallait repartir avec un nouveau projet structurant. »

Une stratégie et des valeurs partagées

L’ambition est avant tout régionale, même si environ 15 % des œufs alimentent le réseau national d’ODNV. L’œuf alternatif sera dominant. Sa part est déjà de l’ordre de 55 %, en phase avec la demande actuelle des GMS. L’arrivée de Babycoque muscle cet axe stratégique. Francis Gaud, qui assurera la direction opérationnelle de la nouvelle entité, sait bien qu’il faudra aussi gérer l’avenir des élevages produisant des œufs de code 3 de moins en moins demandés. « Mais j’ai du mal à croire qu’on basculera vers l’alternatif si rapidement qu’on le dit. »

Du côté des valeurs, les partenaires n’ont pas les mêmes histoires, l’un est un entrepreneur, l’autre une coopérative, mais ils déclarent partager de nombreux points. D’abord celui de l’attachement à un territoire alimentant un bassin de consommation important et plutôt riche. Ensuite viennent les collaborations citées et la volonté de rester qualitatif et local. Ose et Babycoque sont suffisamment différentes pour ne pas poser dans l’immédiat la question des redondances. « Il est évident que pour être plus compétitifs, nous allons faire jouer les synergies, mais pour l’instant il n’est pas question de fermer un outil, sous prétexte d’améliorer nos ratios économiques et financiers à court terme », insiste Francis Gaud. « En acteurs ancrés sur nos territoires, nous visons tous deux le moyen terme et nous partageons la même vision de l’évolution de cette filière », complète Georges Boixo. Présent sur tous ses métiers, Ose-Babycoque est loin devant les producteurs indépendants du Sud-Est et le second Valsoleil. Cette coopérative drômoise a fait le choix de se focaliser sur la production d’œufs alternatifs. Bien lui en a pris. C’est peut-être avec elle que se jouera le « coup d’après ».

(1) « Œufs de nos villages » ODNV, issue de la fusion d’Appro et de 2A au 1er janvier 2014.

(1) Babycoque avait intégré le groupement 2A en 1989.

 
 

Babycoque, un développement en œuf alternatif

Après des études de commerce, Francis Gaud a repris en 1996, à 22 ans, l’entreprise fondée en 1971 à Ballaison par son père et son oncle. Dès son arrivée, Francis détecte le talon d’Achille de Babycoque, plus focalisé sur le commerce(1) que sur la production. Il décide de sécuriser ses appros avec de l’œuf alternatif régional.

En 1996, Francis Gaud rachète les Fermiers du Sud-Est, à Annecy, ayant une production locale et régionale d’œufs. Durant la décade suivante, il développe l’intégration d’éleveurs en alternatif.

En 2006, Babycoque rachète 3B, un concurrent de Chambéry détenu par Olivier Flambert du groupe Appro Lustucru (centre et élevage de 150 000 places en cages). En 2011, la moitié des bâtiments passe en volière (deux fois 40 000 places), l’autre partie restant en code 3. La proximité de la Suisse et des clients interrogatifs sur la cage ont été décisifs. « Babycoque ne s’est pas trompé », résume Francis Gaud.

En 2013, Babycoque prend la majorité d’AviBresse, détenue par Albert Duperrier, avec une production alternative à 100 %, dont la moitié en code 2. Babycoque passe de 200 000 poules à 600 000 poules, dont 80 000 en code 3, et à trois centres de conditionnement. Francis Gaud recrée la marque AviBresse pour une vente régionale.

La Dauphinoise veut garder sa valeur ajoutée

La coopérative Dauphinoise exerce des métiers classiques (collecte, agrofourniture, loisir vert) auxquels s’ajoutent les semences, la nutrition animale et les œufs depuis 2012. « Notre stratégie est territoriale avec des engagements de l’amont à l’aval des agriculteurs, sachant bien qu’on gagne plutôt la valeur en aval », résume son président. L’intérêt pour l’œuf procède de cette orientation vers l’agroalimentaire, décidée avant la réforme de la PAC, et couplée à l’opportunité du rachat de deux affaires familiales importante, touchées par « l’âge du capitaine » et sans successeur. Il n’était pas non plus question de laisser le pouvoir s’échapper hors région, avec le risque de dépendance et d’incertitude. Ce faisant, la coopérative sécurise ses pôles végétal et nutrition animale.

Les entités constitutives ont des ADN bien différents. Chez Séguy (Vaucluse), un seul homme portait une affaire tournée vers la production de poulettes (2,8 millions) et la vente d’œufs sans marque (B to B et grossistes régionaux). Chez Sommery (Saône-et-Loire), les frères Dégut avaient joué la carte des GMS (d’où l’adhésion au groupe Appro-Lustucru) avec des œufs de tout type (en 1988 rachat de Val d’Eurre dans la Drome, spécialisé en alternatif). En 2000, ils y avaient créé Socovo une casserie de taille intermédiaire (6000 tonnes).

La Dauphinoise a repris des outils en bon ordre de marche et des élevages aux normes, mais avec un management à repenser. C’est ce qui a été fait depuis quatre ans, explique Roland Primat, « sans rien précipiter au niveau des entités et des démarches commerciales ». La réorganisation a commencé à porter ses fruits en 2015, assure le président, notamment celui d’une meilleure compétitivité.

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