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La solution IA coMi Sense, à l’écoute des signaux précurseurs de troubles de santé des volailles

Grâce à l’analyse en continu de sons et d’images, la solution IA coMI Sense du Groupe Michel vise à aider l’éleveur à mieux anticiper les troubles de santé, à gagner en réactivité et en sérénité.

Judicieusement positionnés dans le poulailler de 1 370 m2, deux micros suspendus à un mètre du sol enregistrent en continu les vocalises des volailles tandis que trois caméras, deux en latéral et une au plafond, captent les images du lot 24h/24. À la Fresnais, en Ille-et-Vilaine, Sébastien Davy fait partie des éleveurs test du Groupe Michel, à expérimenter la solution connectée coMi Sense. Basé sur l’analyse en temps réel de sons et d’images à l’aide de l’intelligence artificielle, cet outil de monitoring vise à aider l’éleveur à piloter son lot avec plus de précision et à gagner en réactivité lors d’un souci sanitaire ou d’une situation d’inconfort. « L’objectif est d’améliorer les performances technico-économiques mais aussi d’apporter davantage de sérénité à l’éleveur, grâce à la surveillance en continu qui lui permet de s’assurer que tout va bien, même en son absence du poulailler », souligne Joachim Michel, directeur des activités volailles du groupe.

Relier les sons et les images

L’originalité de cette technologie, développée par le Groupe Michel en partenariat technique avec Adventiel, est d’associer l’analyse de sons et d’images. Tout éleveur ou technicien est déjà attentif aux signaux sonores précurseurs d’un problème sanitaire : une toux persistante, un piaillement lors d’un inconfort digestif… « L’enjeu de la solution coMi Sense est de détecter de façon plus précoce ces signaux d’alerte, avant que l’oreille de l’éleveur ne les perçoive ou avant l’apparition de signes visibles, de jour comme de nuit », poursuit Sylvain Sauvage, technicien avicole. « L’analyse rétrospective des sons lors d’un problème respiratoire a en effet montré qu’on pouvait gagner jusqu’à deux jours d’anticipation », illustre-t-il.

Affiner les modèles de prédiction

 

 
<em class="placeholder">micro pour enregister les sons dans un élevage de dindes</em>
On sait aujourd’hui caractériser une toux ou des problématiques de coccidiose et de diarrhées, via le piaillement des animaux © A. Puybasset

La solution coMi Sense est pour l’heure en phase de test. Les données collectées depuis fin 2023 dans quatre élevages, deux en dindes, deux en poulets, servent à nourrir les algorithmes et à élaborer les modèles de prédiction. Quatre techniciens ont été impliqués dans l’entraînement du modèle (machine learning). Ils ont réalisé des heures d’écoute de sons, enregistrés par les capteurs afin de les caractériser. « On s’est appuyé sur les images filmées simultanément par les caméras latérales pour confirmer la cause d’un son », détaille le technicien. « Nous avons abouti à une vingtaine de signaux sonores, classés en six grandes familles selon le type de vocalise et leur intensité. On sait aujourd’hui caractériser une toux ou des problématiques de coccidiose et de diarrhées, via le piaillement des animaux. » Le développement se poursuit actuellement sur l’analyse d’images. « On apprend à la machine IA à analyser de nombreux critères : état de propreté des dindes, qualité de litière, type de fientes, répartition et mobilité, compétition à la mangeoire, comportement de piqueur… » Autant d’indicateurs qui permettent d’avoir une vision globale de l’élevage.

L’envoi d’alerte à l’éleveur

La solution coMI Sense est accessible sur la plateforme de suivi d’élevage Certiferme Pro, utilisée chez 90 % des éleveurs du Groupe Michel. Sébastien Davy a déjà accès aux images en temps réel avec la possibilité d’un retour en arrière. « La prochaine étape est de restituer directement sur la tablette de l’éleveur les données sous forme d’un indice global de santé. Facile à interpréter avec son code couleur (vert, orange, rouge), il est calculé en fonction de quatre indicateurs : niveau d’activité du lot, qualité des volailles, comportement et problématiques de santé », précise Maëlle Philippe, responsable data. L’objectif final est de disposer d’alertes, en cas de dégradation rapide de l’indicateur global (par exemple pour signaler un déplacement soudain du lot suite à un stress et éviter des étouffements). À terme, l’outil permettra aussi d’estimer le poids des volailles et de prédire le GMQ, grâce à l’analyse par intelligence artificielle des images issues des caméras en dôme.

Le Groupe Michel vise un déploiement de cette technologie dans l’ensemble des élevages d’ici 2028.

Sébastien Davy, éleveur de dindes en Ille-et-Vilaine

« Un outil pour faciliter la prise de décision »

 

 
<em class="placeholder">Sébastien Davy</em>
Sébastien Davy © A. Puybasset

« Mes deux dindonniers étaient déjà équipés depuis quelques années de caméras intérieures. C’est intéressant de pouvoir observer le comportement des volailles, sans qu’il soit influencé par notre présence. Cela me permet de m’assurer que tout va bien. Avec l’analyse du son et de l’image par intelligence artificielle, on va encore plus loin. Un changement dans les vocalisations ou une agitation inhabituelle peuvent être des signaux précoces de problèmes. Cet outil me permettra de mieux anticiper un souci sanitaire ou un incident. C’est un outil d’aide à la décision, mais il ne remplace pas l’éleveur. »

Le saviez-vous

Les données collectées par les capteurs de sons et d’images sont enregistrées sur un disque dur installé dans le sas sanitaire, connecté à la plateforme IA. Propriété de l’éleveur, elles sont cryptées afin d’éviter tout risque de vol de données.

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