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La résistance aux tétracyclines poursuit sa décrue

Le suivi 2017 des résistances confirme pour les volailles la baisse des fluoroquinolones depuis quatre ans et des tétracyclines depuis dix ans.

Le dernier rapport du réseau de surveillance Résapath, animé par l’Anses, a été publié le mois dernier. Le Résapath centralise et analyse les antibiogrammes réalisés sur les bactéries isolées sur des animaux malades. Il quantifie leurs niveaux de résistance à une panoplie d’antibiotiques, dont ceux aussi employés en médecine humaine (céphalosporines C3G et C4G, fluoroquinolones, amoxicilline, colistine, macrolides…).

En 2017, les E. Coli des volailles sont simultanément sensibles aux cinq principales familles d’antibiotiques dans la moitié des antibiogrammes (46,5 % en Gallus et 56,6 % en dindes). Cette proportion a doublé depuis 2011, ce qui souligne indirectement le meilleur usage des antibiotiques.

En filière Gallus, les proportions de résistance diminuent encore pour tous les antibiotiques. La dinde suit la même tendance, sauf pour la spectinomycine ou la streptomycine. Le réseau confirme la baisse générale de la résistance à la tétracycline en 10 ans. En 2017, 69 % des antibiogrammes d’E. Coli sont sensibles à cet antibiotique en poules, 54 % en poulets et 60 % en dindes. Globalement toutes les résistances sont en diminution depuis 2006, à l’exception de celle à la gentamycine qui est toujours restée à un seuil très bas. Définie comme une résistance bactérienne à au moins trois antibiotiques sur les cinq des familles testées, la multirésistance reste à un faible niveau (4,9 % en Gallus, 2 % en dindes) comparativement aux bovins (17 %) et aux porcins (8,6 %).

La décrue des fluoroquinolones

Depuis 2009, les céphalosporines C3G et C4G voient leur niveau de sensibilité augmenter sans cesse chez E. Coli et dans toutes les espèces animales. En volailles, elles ont été interdites à la suite d’une période de sur médication à la fin des années 2000, de sorte qu’en 2017 la résistance est retombée à moins de 2 %.

Après avoir été longtemps stationnaire, la résistance aux fluoroquinolones (mesurée sur l’enrofloxacine et la marbofloxacine) est en phase de décrue dans toutes les espèces (sauf les chevaux). Elle atteint 5,7 % en Gallus et 2,9 % en dinde, à comparer aux 11,2 % des bovins et 4,3 % des porcs. Résapath souligne qu’en volaille la dynamique de baisse n’est pas statistiquement significative depuis 2012. Il faut surtout souligner que le décret de mars 2016 encadrant la prescription des fluoroquinolones a eu plus d’effet en porcs, bovins et chiens. Vraisemblablement parce que les vétérinaires avicoles encadraient déjà mieux leurs prescriptions en volaille auparavant.

Moins de 2 % de résistance pour la colistine

En ce qui concerne la colistine, sa résistance est inférieure à 2 %, toutes espèces confondues. Mais le Résapath souligne qu’elle est sous-estimée. En effet la méthode de réalisation de l’antibiogramme manque de fiabilité pour la colistine (diffusion dans la gélose). Le Résapath préfère donc se référer à la dynamique d’évolution, soulignant une sensibilité en constante progression depuis 10 ans. Les analyses moléculaires des souches résistantes ont mis en évidence la présence du gène de résistance mcr-1 porté par un plasmide, pouvant également être porteur d’une résistance aux C3G/C4G. Découvert en Chine sur E. Coli en 2015, ce gène préoccupe les acteurs de la Santé publique à cause du risque possible de transmission du plasmide à d’autres bactéries, devenant alors résistantes.

Malgré un manque d’information sur les pratiques de traitement, l’ensemble de ces résultats est en cohérence avec la diminution importante de l’exposition constatée par le suivi des ventes.

 

E. Coli toujours numéro un des analyses

L’an dernier, Résapath a collecté 56 286 antibiogrammes en provenance de 58 laboratoires d’analyses vétérinaires privés et publics. L’échantillonnage est jugé très bon en porcs (90 % de couverture) et bovins et bon pour les autres espèces (62 % en volailles). L’ensemble volailles arrive en seconde position (après les chiens) pour le nombre d’antibiogrammes transmis (13245 soit 23,5 %).

En volailles, neuf antibiogrammes sur dix sont réalisés sur des bactéries au cours d’une septicémie (75 %), d’une arthrite (8 %) ou d’une pathologie respiratoire (6 %). La bactérie E. Coli représente 74 % des analyses, devant S aureus (4,6 %) et Enterococcus cecorum (3.5 %) majoritairement en Gallus, Ornithobacterium rhinotracheale (4,8 %) isolé en dinde et Riemerella anapestifer (1,4 %) chez le canard.

 

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