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La première volière de poulettes dans la Drôme

Producteurs de poulettes en cage à Hostun, Bruno et François Terpant ont démarré leur premier lot élevé dans un bâtiment et une volière flambant neufs.

En décembre 2018, l’EARL Les Bruyères a inauguré son premier atelier de poulettes en volières à Hostun, dans la Drôme. Les frères Bruno et François Terpant sont aviculteurs comme leur père Georges, mais aussi producteurs de noix sur 35 ha et exploitent une vingtaine d’ha en grandes cultures. Jusqu’à présent, ils détenaient 140 000 places de poulettes en cages dans quatre poulaillers. Mais trois d’entre eux (60 000 places au total), cinquantenaires et mal placés, sont en fin de vie. C’est pourquoi les deux frères viennent de construire un bâtiment de même capacité, mais avec des volières. Leur projet remonte à 2011. Ils ont attendu de voir comment évoluait la demande du marché avant de se décider en 2016. « Dans la région, les bâtiments de ponte en cage commencent à être transformés en systèmes alternatifs ou bien à s’arrêter, explique François Terpant, plus particulièrement chargé des poulettes. Nous avons donc de plus en plus de trous dans le planning de nos poulettes cage alors que celui du nouveau bâtiment est déjà rempli pour plusieurs lots. » Il faut dire que la région est déficitaire. « C’est le premier élevage en volières en activité en Rhône-Alpes/Paca », assure François Terpant(1). Pour le moment, de telles poulettes proviennent de l’Est ou du grand Ouest. Afin de répondre à la demande du groupe Envie d’œufs Sud-Est(2) à la recherche de nouveaux éleveurs dans le Sud-Est, les frères ont déjà prévu de transformer en 2023 leur bâtiment de 80 000 places en cages.

Des équipements intérieurs au top

Pour des raisons sanitaires, le nouveau bâtiment a été implanté à l’écart des autres. Élever deux lots séparément apporte aussi plus de souplesse dans le planning. Sa construction a démarré en mars 2018 pour une mise en service en janvier 2019. La coque Serupa de 1 600 m2 (16 x 100 m) comprend quatre rangées de 40 modules Primus 1 600 (Big Dutchman) fournis par le distributeur AS Élevage. Chaque module de 2,4 m de long et 1,6 m de profondeur (avec grille centrale dans la longueur) comprend trois niveaux espacés de 51 centimètres, disposant chacun de deux lignes de pipettes (avec rinçage automatique) et de deux chaînes plates d’alimentation. S’ajoutent des perchoirs intérieurs, ainsi qu’une porte frontale, grillagée et coulissante, qui permet de contenir les poulettes durant les quatre premières semaines. Dans les allées, le perchoir se déplie automatiquement. Les fientes préséchées sur tapis (à plus de 80 % de matière sèche) seront évacuées toutes les semaines. La lumière est à leds blanches ou jaunes régulables (0 à 100 %). La ventilation dynamique est longitudinale avec une régulation (Tuffigo Rapidex). Quatre canons intérieurs de 90 kW (Systel) pour le chauffage, une brumisation à haute pression indispensable en cas de forte chaleur et un lavage d’air complètent l’installation. Les turbines du pignon poussent l’air vers un bassin rempli d’eau qui retient les poussières et limite les odeurs.

Être plus près des besoins naturels

Par rapport à la cage, « ce mode d’élevage apporte plus de confort aux animaux et correspond mieux à leurs besoins naturels, estime François. Pour nous, ce sera une autre manière de travailler, en observant davantage nos poulettes. Avant, on ne voulait pas qu’elles se perchent sur le matériel. Aujourd’hui, c’est l’exact opposé. » Ce sera aussi plus de temps à passer en élevage. « Nous avions un salarié à plein temps et nous venons d’en recruter un deuxième. » En termes financiers, l’EARL a investi un peu plus de 21 euros par poulette logée, tout compris (1,277 million d’euros). Elle a bénéficié d’une aide de 83 000 € de la Région et de 30 000 euros des Fermiers du Sud-Est, l’organisation de production d’Envie d’œufs Sud-Est(3). François ne souhaite pas communiquer sa prestation d’élevage fixée par contrat sur 30 bandes en douze ans. « Cela permet de rentrer dans ses frais avec un salarié et de gagner un peu d’argent », résume-il. Si des producteurs veulent produire et vendre des œufs pondus en volière, la filière devra rémunérer les éleveurs de poulettes au juste prix pour qu’ils investissent massivement et rapidement dans les volières.

(1) Des poussinières volières avaient été créées dans les années quatre-vingt-dix avec des premiers systèmes d’élevage non aboutis. Elles ont depuis disparu.
(2) Filiale du groupe coopératif La Dauphinoise, née en 2016 de la fusion d’Ose (Ets Séguy et Degut en 2012) et de Babycoque.
(3) Fermiers du Sud-est regroupe 130 producteurs de poules et poulettes
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