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La parasitologie de la pondeuse sous les projecteurs

Les troisièmes rencontres internationales de la pathologie de la poule pondeuse d’œufs de consommation (Rippoc) ont mis l’accent sur le parasitisme, avec quelques conseils pour le maîtriser, faute de pouvoir l’éradiquer.

Coccidies, nématodes, trématodes, cestodes, brachyspires, poux rouges… Ceci n’est pas un inventaire à la Prévert, mais une liste non exhaustive des pathogènes de la poule pondeuse. Ils restent d’actualité parce que les modes d’élevages évoluent vers un verdissement, parce que les pathogènes changent eux aussi, et parce que les techniques de diagnostic s’affinent. En juin, le groupe vétérinaire Chêne Vert Conseil a voulu en faire un large tour d’horizon, mobilisant pas moins de treize intervenants, tous très pointus dans leur domaine de compétences.


Vivre avec les coccidies surtout au sol


« A priori, il n’y a pas de recrudescence des coccidioses, note le Dr Didier Cléva, même si on rencontre un peu plus de cas sur le terrain. » Le vétérinaire rappelle que l’absence de contamination, donc de portage de coccidies, signifie aussi l’absence d’acquisition d’une protection immunitaire. En cage ainsi qu’en volière, les cas de coccidiose-maladie sont rares, car les oiseaux sont bien séparés de leurs fientes durant la période de démarrage. En élevage au sol, du fait du lien étroit avec la source d’infestation que sont les déjections, l’immunité s’installe rapidement. La coccidiose-maladie peut être contrôlée avec un aliment supplémenté en anti-coccidien ou avec un vaccin atténué.
Les mesures d’hygiène sont importantes à respecter, notamment le nettoyage et la désinfection entre lots successifs. À partir du suivi d’élevages ayant subi une mortalité liée aux coccidies et localisée dans les batteries, le vétérinaire de Chêne Vert Conseil préconise le cloisonnement des circuits d’abreuvement pour éviter de traiter inutilement l’ensemble du lot. En cas de mortalité et de symptômes légers, l’intérêt d’un traitement peut parfois se poser, note le vétérinaire.

Des vers qu’il faut absolument identifier


Si la coccidiose est bien connue des éleveurs de poulettes, le monde hétéroclite des vers parasites (helminthes) l’est beaucoup moins. Jean-Michel Repérant, parasitologue à l’Anses-Ploufragan, a montré leur diversité liée à leur anatomie et à leur cycle biologique : les trématodes, vers plats en feuille (comme la douve), les cestodes, vers segmentés à crochets (comme les ténias) et les nématodes, vers ronds non segmentés (comme l’ascaris). « Plus de vers présents ne signifie pas un danger, souligne le chercheur, car tout dépend de l’espèce incriminée. » Le pouvoir pathogène dépend aussi de la concentration du parasite dans l’hôte (la « charge parasitaire »). En pondeuses, le risque est quasi nul avec les trématodes, peu important avec les cestodes et plus fréquent avec les nématodes.
L’identification et la quantification précises sont incontournables avant de décider quoi faire. Pour définir la stratégie de lutte, le chercheur distingue les vers à cycle biologique direct (nématodes), qui n’ont pas nécessairement besoin d’un hôte intermédiaire pour se développer (insecte, mollusque, vers de terre…), et ceux à cycle indirect (trématodes, cestodes). Dans ce dernier cas, il faut aussi agir sur l’intermédiaire pour couper le cycle biologique (traitement chimique, filtration de l’air pour arrêter les insectes).
De plus, le cycle biologique des vers comporte une phase de développement larvaire dans les tissus de l’hôte, d’une durée différente selon l’espèce. La phase adulte se déroule sous forme libre dans le tube digestif. Comme le traitement chimique n’affecte que les adultes, il convient de traiter deux fois, la première fois pour éliminer les adultes (et couper la reproduction), la seconde pour supprimer les jeunes devenus adultes. L’intervalle entre les deux traitements dépendra du ver identifié. Aux yeux de Jean-Michel Repérant, avec la zone permanente de grattage-picorage, les cages aménagées augmentent le risque des nématodes, comme Capillaria (à cycle direct). Sauf à être nettoyées et désinfectées.


Traiter deux fois avec un intervalle adapté


Autre risque évoqué, le manque de diversité du traitement chimique (essentiellement le flubendazole à délai d’attente nul). Son usage répété peut conduire à l’acquisition de résistances, sachant que les cestodes sont quasiment insensibles à cette molécule. Pour les oiseaux à durée de vie longue, le traitement est néanmoins nécessaire pour garder un niveau d’infestation compatible avec les performances et pour empêcher la contamination du milieu environnant.

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