Aller au contenu principal

La filière volailles standard veut combler son retard

Après les turbulences internes des trois dernières années, la filière poulet-dinde a besoin d’une dynamique d’investissements pour profiter des vents porteurs de la consommation.

Plus de 80 % de viandes de volailles importées vont alimenter la restauration collective et l’industrie agroalimentaire.
Plus de 80 % de viandes de volailles importées vont alimenter la restauration collective et l’industrie agroalimentaire.
© C. Gissemann

Alors que les filières lait, bovin et porc – si on peut encore parler de « filière » - traversent chacune une crise, celle des volailles standard apparaît relativement en bonne forme. Quelques statistiques le confirment. Au premier semestre, la production globale a crû de 1,5% et la consommation de 1%. C’est le poulet qui mène la danse avec une progression de 3,2% pour la production, destinée aux exportations, notamment vers le Moyen-Orient, et au marché intérieur. Mais ce n’est pas suffisant, de sorte que les importations continuent de progresser de manière importante. Treize mille quatre cent tonnes supplémentaires, essentiellement en provenance de la Pologne, sont venues combler le manque de marchandise. La demande en poulet a eu pour effet mécanique de réduire la production de la dinde, par un transfert des surfaces vers le poulet. Dans le même temps, les exportations de dinde ont été porteuses et les importations ont baissé, de sorte que le marché intérieur s’est réduit de 6%. Une autre explication avancée par l’interprofession de la dinde (Cidef) est la quasi-absence de promotions en GMS. « L’effet prix est primordial, assure Patrick Pageard, président du Cidef. Moins de promo, c’est moins d’achat. »

Encourager les éleveurs par le prix

Cette sensibilité vis-à-vis du prix touche aussi les éleveurs. La garantie de débouchés en croissance et des contrats pérennes devraient les inciter à investir massivement. C’est loin d’être le cas, particulièrement en dinde pour laquelle les éleveurs connaissent des soucis de maîtrises nutritionnelles et sanitaires. Produire de la dinde devient souvent un sacerdoce. « Notre souci à venir ce ne sera pas de trouver des débouchés, ni de trouver des surfaces, témoigne un responsable professionnel dans une organisation de production bretonne. Nous allons manquer d’éleveurs, y compris dans les régions d’élevages avicoles denses. » Force est de constater que la filière commence à payer quinze années d’éleveurs malmenés. Le président de la CFA, Jean-Michel Schaeffer, abonde dans ce sens. « Un éleveur qui investit dans 2500 m2 récolte un revenu moyen de 9700 euros. » Le syndicat milite pour une revalorisation urgente des rémunérations de cinq centimes d’euro du kilo vif. Pourtant des hausses de contrats ont eu lieu au premier semestre souligne Patrick Pageard, allant de 1 à 4 euros par mètre carré.

Investir pour la compétitivité

Pour faire tourner leurs usines dans lesquelles ils investissent, les principaux opérateurs ont de gros besoins (plus de 100 000 m2/an chez LDC, 70 000 m2 chez Doux). Ils le font savoir à coup d’aides importantes à la construction (25% de l’investissement plafonné à 225 euros/m2 chez Doux), moyennant un contrat de fourniture sur plusieurs années. Ils en ont absolument besoin pour donner l’impulsion nécessaire au redécollage de la compétitivité française. C’est techniquement possible, mais cela PEUT prendre encore un peu de temps. Le temps pour les éleveurs constructeurs de traverser les formalités administratives, le temps pour les organisations de production d’adopter de « nouveaux » modèles de production inspirés de nos voisins et le temps pour les maillons des filières de moderniser leurs relations contractuelles. En attendant le rattrappage par le prix, la profession va devoir continuer de résister aux importations, en faisant preuve d’innovation sur les produits ou les services pour s’en différencier autrement qu’en misant seulement sur l’origine France.

Jusqu’a 16 % d’amélioration

En cumulant quatre strategies techniques employees en Europe (desserrage et alourdissement, nutrition, renovations et constructions BEBC), l’Itavi a calcule que le cout de production amont du kilo de filet peut reculer potentiellement de 16 %, et de 6 % sur le cout du vif. Cet outil de simulation est mis a disposition des organisations productrices.

Les plus lus

<em class="placeholder">SBV a engagé un programme d’investissement de 60 millions d’euros pour augmenter de 100 000 poulets par semaine sa capacité hebdomadaire d’ici 2028.</em>
Le pôle breton du groupe volailler LDC accélère sa transformation pour valoriser l’origine France

La Société bretonne de volailles développe ses capacités et son offre de produits et services en poulet, dinde, canard et…

<em class="placeholder">Le bien-être animal et l’environnement sont rarement cités comme priorités premières, non par désintérêt, mais parce qu’ils sont perçus comme déjà intégrés ou ...</em>
Une perception plurielle des éleveurs de volailles face aux enjeux sociétaux

Bien-être animal, environnement, lien avec la société… Le projet Entr’Actes montre comment les éleveurs de volailles…

<em class="placeholder">Très automatisé, l’atelier découpe a une cadence de 6 000 poulets par heure.</em>
Le site Celvia poulet se prépare à augmenter sa production

Visite en images du site Celvia poulet de la Société bretonne de volailles qui se prépare à une phase d'investissements.

Bâtiment jeunes poulets avec plateforme
BroilerNet : Les bonnes pratiques d’élevage en poulet de chair à l’échelle européenne dans un Webinaire gratuit le 4 juin 2026

Le projet européen BroilerNet, dédié à l’identification et le partage de bonnes pratiques en élevage, se finalise après 4 ans…

<em class="placeholder">Guillaume Jordan, éleveur de 12 000 poules bio à Vénérieu : « Mes trois lots ont été élevés jusqu&#039;à 72 semaines, puis 77 et 81 semaines pour le dernier. »</em>
Allongement de la durée de ponte : « Le risque est calculé en production d'oeufs plein air et bio »

Au sein de Fermiers du Sud-Est, la décision d’allonger la carrière des poules est prise à 40 semaines et un protocole de…

<em class="placeholder">Les bâtiments de poulets construits en 2018 et 2022 sont tous deux équipés d&#039;un système pad cooling.</em>
Coup de chaleur « J’ai l’esprit plus tranquille avec les panneaux pad cooling installés dans mes bâtiments de poulets »

Pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs, Florian Aymard, éleveur de poulets dans la Drôme, a équipé ses deux bâtiments…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)