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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Fournir l’industrie pharmaceutique
La filière œufs embryonnés poursuit sa structuration

Les couvoirs Caif et Hubert ont besoin d’éleveurs pour produire des œufs embryonnés à l’origine des vaccins saisonniers humains de la grippe distribués dans le monde entier.

Depuis le siècle dernier, le principe de fabrication d’un vaccin inactivé destiné à protéger l’Homme de la grippe saisonnière est resté le même. Chacune des trois souches vaccinales constituant le vaccin est issue d’une culture virale durant 72 heures sur des œufs embryonnés âgés de 11 jours.
En Europe, trois laboratoires fabriquent ces vaccins grippaux : Sanofi-Pasteur en France, GSK en Allemagne et Novartis en Angleterre. Ils s’approvisionnent auprès de fournisseurs d’œufs à couver de poule qui se sont spécialisés dans un schéma apportant les garanties requises, notamment sanitaires.

Un partenariat sur le long terme

Il y a quelques années, le laboratoire français contractait la fourniture d’œufs à l’année avec plusieurs accouveurs La volonté d’obtenir des œufs répondant mieux à ses attentes (qualité sanitaire, sécurité d’approvisionnement, logistique, coûts), l’a conduit à n’en garder que deux aujourd’hui. Ce sont le couvoir Hubert, situé à Guiberville dans la Manche, et Caif le fournisseur historique implanté à Auneau en Eure-et-Loir. Hubert produit aussi du poussin de chair et de la poulette d’œuf de consommation (multiplicateur des souches Novogen).

Du côté de Sanofi-Pasteur, la réduction à deux ??? couvoirs ??? s’est concrétisée par un engagement d’achat sur dix ans. En contrepartie, Hubert et Caif ont fait des investissements conséquents. Déjà détenteurs d’un couvoir, ils se sont associés pour créer un troisième site (Ovopharm) installé aux portes de l’usine Sanofi du Val-de-Reuil (Eure). Ce couvoir de 4 500 m2, qui comporte uniquement des incubateurs avec les équipements de mirage et de conditionnement, est opérationnel depuis septembre 2014. Parallèlement, chaque fournisseur a réinvesti sur son propre site pour augmenter ses capacités et être en mesure de compenser la défaillance d’un des outils. Les volumes sont équivalents sur chaque site, mais Ovopharm a vocation à devenir le centre de mirage. Pour gagner en productivité, il importe que les œufs inoculés soient tous vivants. Mirer juste avant d’inoculer est donc plus logique.

Besoin de 950 000 à 1 000 000 d’œufs de poules

L’usine de Val-de-Reuil fabrique du vaccin grippal une partie de l’année pour fournir l’hémisphère Nord et une autre pour l’hémisphère Sud. Il faut environ un œuf pour produire une dose et 260 000 œufs pour fabriquer un lot de vaccin. Les besoins en œufs sont de l’ordre de 120 à 150 millions d’unités par an, réparties sur 30 à 35 semaines de production de vaccin. Ce qui correspond à une capacité de production de 950 000 à 1 000 000 de poules en 2018. Avec quinze élevages en production, Caif est un peu en retard sur son objectif. Jean-Noël Thébaud, le responsable technique, veut faire produire jusqu’à 250-300 kilomètres du couvoir au maximum. François Hubert annonce 500 000 poules installées majoritairement chez des éleveurs (25 % de production interne à terme). Le couvoir recrute encore des investisseurs en Pays de La Loire et Normandie. Travailler dans du neuf est souhaité, mais pas exigé. « Nous cherchons à implanter des sites d’une capacité 30 000 places en deux bâtiments, précise François Hubert, ce qui permet aux éleveurs d’investir dans l’automatisation du conditionnement et procure une dimension économique suffisante. » Pour des raisons sanitaires, les poules sont élevées sur caillebotis intégral, « mais nous réfléchissons à des volières, comme cela existe déjà en Allemagne », poursuit le dirigeant. Ces élevages doivent pouvoir être reconvertibles au cas où le contrat avec Sanofi serait remis en cause. Les éleveurs contractés avec Hubert sont prestataires de services, rémunérés à l’œuf et à la qualité (déclassé et calibre à plus ou moins 53 g). À quoi s’ajoute une prime liée à la qualité sanitaire pouvant atteindre 10 % de la rémunération. Enfin, le couvoir apporte une aide d’un euro par place pendant douze lots pour du neuf, sachant que l’investissement varie de 32 à 36 euros à la poule logée.

" Une production qui vise l’excellence sanitaire"

Pour les vaccins, le sanitaire prime

L’extrême niveau d’exigence du fabricant est justifié par le souci de ne provoquer aucun effet post-vaccinal indésirable. Les barrières sanitaires et les mesures de biosécurité sont très strictes : sas sanitaire trois zones avec douche, sas sanitaire deux zones, dératisation, nettoyage et désinfection du matériel, hygiène du personnel. Les poules et les œufs doivent répondre à des critères précis : absence de virus influenza (1 à 3 contrôles par semaine selon le contexte), de leucose, de mycoplasme et de salmonelle (contrôles mensuels), charge bactérienne sur la coquille inférieure à 20 000 UFC sortie élevage et à 5 000 UFC sortie couvoir (1), élimination des œufs tachés, salis, fêlés ou hors calibre. Les œufs conditionnés sont désinfectés sur place et stockés entre 10 et 20 °C. Le fabricant peut réaliser un audit à tout moment.

(1) En élevage commercial, la charge normale oscille de 25 000 à 120 000 UFC/œuf

Le Gaec Courtoussaints a investi un million d’euros

Avec 27 500 poules et 2 500 coqs logés, l’investissement du Gaec Courtoussaints atteint 1 086 000 euros. À la recherche d’une activité complémentaire du lait, Christelle et Loïc Suhard se sont associés à Valentin Cordon, 22 ans, qui a saisi l’opportunité de s’installer sans aide DJA. Il devient coactionnaire du site, financé entièrement par deux prêts de douze ans. Le site comporte deux salles de 1 500 m2 reliées par une zone de travail. Les bâtiments sont de type obscur et ventilation dynamique transversale (Coque Dugué). Ils sont équipés en matériel Big Dutchman (pondoir central, caillebotis, trois chaînes plates), sauf la régulation Sodalec. Le tout a été fourni par Matavicol. Pour gagner du temps, ils se sont équipés d’une alvéoleuse-empileuse Prinzen, complétée par une griffe manuelle de mise en palette.

Plus d’un Smic mensuel

La souche est la Novotinted, à plumage blanc issue du croisement d’une poule Rhode Island blanche à œufs bruns et d’un coq Leghorn blanc, donnant des œufs de couleur crème. Loïc Hervé, responsable technique du couvoir Hubert, l’a choisiE pour sa rusticité et son comportement au nid. Les poules sont réformées à 60 semaines, de manière à ne pas dégrader la qualité de la coquille. C’est un critère important lors du perçage des œufs embryonnés. Avec ce nouvel outil, pour 6 h 30 de travail par jour, les trois associés tablent sur un EBE de 145 000 euros et 43-45 000 euros de résultat hors MSA les douze premières années.

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