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« La filière dinde peut repasser en mode positif » estime le président du Cidef

Dans un contexte général morose, le président de l’interprofession de la dinde, Patrick Pageard, croit au rebond d’un secteur qui possède de bons fondamentaux mais qui doit accélérer sa mutation.

© P. Le Douarin

. Quels dossiers allez-vous traiter en priorité ?


Patrick Pageard - « Je vais poursuivre les travaux engagés par le précédent président, Gilles Dréan, qui est un expert reconnu dans le métier de la dinde. Je veux être attentif à préserver les équilibres au sein de l’interprofession et continuer à fédérer ses maillons. Depuis mon élection en juin, j’ai commencé à rencontrer des membres de la filière pour écouter leurs besoins et leurs attentes vis-à-vis de l’interprofession. L’objectif de tous est d’être des créateurs de valeur ajoutée. Sinon des déséquilibres se produiront avec des tensions entre les maillons. Le collectif de la dinde doit mener des actions efficaces. Ce sera de se donner les moyens de redevenir compétitif, attractif et innovant. Enfin, la communication est essentielle pour faire connaître et promouvoir nos produits. D’où notre participation dans l’association de promotion de la volaille française. »



. Le contexte économique actuel est-il favorable à la dinde ?


P. P. - « La consommation estivale n’a pas été au rendez-vous. Le mauvais temps explique le recul d’environ 5 % des élaborés des gammes d’été. La baisse du prix des céréales est là, mais la dinde en profite moins. En effet, les prix des protéines, plus consommées par la dinde, restent élevés. De plus, l’embargo russe sur la viande de porc pèse sur son prix qui concurrence la dinde. Quant à la marge supplémentaire prise par la GMS vis-à-vis du poulet, elle reste défavorable à la dinde. Je crains fort que cette habitude ne perdure. »


. La production a-t-elle atteint son étiage ?


P. P. - « J’espère que oui ! Nous sommes aux alentours de 930 000 dindonneaux mis en place chaque semaine. Pour remonter, il faut créer une dynamique positive à tous les niveaux. Nous avons besoin d’une production forte qui investit dans ses outils et d’un aval abattage-transformation également fort qui mise sur la création. Dans ces conditions, l’innovation suivra à tous les niveaux et aura un impact sur la consommation. Mais attention, en cas de ralentissement du commerce, nous devons toujours veiller à limiter les stockages sur pied et les reports d’abattage. Car avec des souches performantes, on se pénalise doublement.  »


. Quels sont les leviers du retour à une meilleure compétitivité ?


P. P. - « Être encore plus pointu en production, avec de nouveaux modèles de desserrage, avec des efforts sur la maîtrise des énergies consommées, avec la mécanisation et avec la spécialisation qui oblige à être plus professionnel. Nous avons besoin d’éleveurs locomotives qui tirent l’ensemble. Ainsi, une dinde fournie au bon poids et au rendement optimal permettra aux abatteurs-transformateurs de générer de la valeur ajoutée. Ensuite, à ces derniers d’être les moteurs de l’innovation. À ce titre, le Cidef finance une recherche du centre culinaire contemporain de Rennes portant sur les viandes mixées. Il s’agit de trouver les produits des marchés de demain. »


. En résumé, quelles sont les bonnes raisons d’espérer ?


P. P. - « Notre filière recèle un énorme potentiel. Ses membres détiennent des savoir-faire, avec des accouveurs performants et des producteurs qui ont encore envie de faire progresser leur métier. Du côté des abatteurs, les leaders ont réalisé des investissements récents, ce qui démontre qu’ils y croient encore. Pour couronner le tout, cette viande a des qualités nutritionnelles intéressantes. On va aller de l’avant ! »

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