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La famille Grimault a attrapé le « virus » photovoltaïque

Producteurs de volailles depuis toujours, Alain Grimault et ses fils Fabien et William investissent régulièrement dans des installations photovoltaïques en vente totale, jugées encore rentables.

D’ici quelques mois, avec la nouvelle centrale de 42 kwc, presque tous les toits du site d’élevage de canards de la Jambuère seront couverts de panneaux photovoltaïques. Associés en Gaec dans le Maine-et-Loire, William Grimault (arrivé en 2008) et son frère Fabien (depuis 2015) exploitent neuf canardières d’une surface totale de 5 000 m2 (70 000 canards en bande unique). Ils succèdent à leur père Alain qui s’est intéressé au photovoltaïque en 2010, au moment du boom d’un secteur dopé par des tarifs à 60 centimes du kilowattheure. « Nous avions monté un projet d’un peu plus de 250 Kwc. Il a été bloqué par la mise en place du moratoire de décembre 2010, résume Alain. Craignant une bulle spéculative, les pouvoirs publics ont brutalement changé les règles en 2011. À moins de 249 kwc, il aurait été accepté », regrette encore l’éleveur. Passé la période d’incertitudes et de flottements post-moratoire, un premier projet s’est finalement concrétisé en 2012. « Ces 256 kwc nous ont coûtés 527 000 euros (2,05 € /watt crête), hors raccordement. C’était plus de deux fois moins cher qu’en 2010 (à 5 €/watt crête) avec un tarif de rachat à 28 centimes du KWh. »

Étaler les investissements pour optimiser

Il a aussi fallu ajouter 100 000 euros pour changer le transformateur basse tension, un coût à l'appréciation d’Enedis. C’est souvent ce prix du raccordement qui bloque les projets souligne l’éleveur retraité. « On s’est dit qu’on pourrait l’amortir avec d’autres centrales. » Effectivement, le raccordement suivant a coûté 2 000 euros. Car, comme en canards, la famille Grimault n’a pas fait les choses à moitié. Les investissements se sont enchaînés tous les deux ans sur l’élevage et sur un site de stockage de paille extérieur. « On a attrapé ce virus, mais c’est un virus qu’on veut garder », résume William. Au total, avec 2144 panneaux posés, les cinq associés (Alain et ses quatre fils réunis dans une société indépendante de l’élevage) disposent d’une puissance de 499 kwc sur environ 4000 m2. En 2017, leur production d’électricité a été de l’ordre de 650 000 kW heure vendus au prix moyen de 22,35 c €. L’investissement total a été de 1,1 million d’euros. L’étalement des installations a permis d’optimiser la gestion financière de cette activité. « Notre politique a été simple, explique Alain. Tout emprunter et rembourser les annuités et les charges avec la vente d’électricité, de manière à rester positif en trésorerie. Pour le contrat d’assurance, nous sommes aussi passés par la banque. Nous avons contracté des emprunts à durée modulable (8 à 12 ans), pour les raccourcir en cas de dépassement du prévisionnel, ce qui a été le cas. La première installation sera remboursée en 2020. Nous avons aussi fait le choix de travailler avec la même entreprise (Solewa). Les banques suivent mieux si l’installateur est jugé sérieux. »

Un domaine en constante évolution

Avec huit ans de recul, les Grimault font le constat que « le photovoltaïque est un domaine assez déroutant qui évolue sans cesse, aux plans techniques et économiques. On l’a vu à travers tous nos projets. » Par exemple, le nombre d’onduleurs ne cesse de décroître ; les rendements et la sensibilité des panneaux augmentent et leurs prix sont en chute. « On est passé de 2,05 euros le watt crête posé en 2012 à 1,48 € en 2014, 1,23 € en 2016, 1,15 € cette année et on nous annonce 0,87 € pour 2019. Mais les prix vont bien finir par se stabiliser. » Même si les prix de rachat de l’électricité baissent aussi, les études prévisionnelles laissent entrevoir des rentabilités équivalentes. « En moyenne, sur vingt ans on arrive à une rentabilité de 10 à 13 %, calculée en équivalent placement. Et avec du matériel allemand ou français, il y a de fortes chances de continuer à produire au-delà. » En résumé, pour la famille Grimault les voyants photovoltaïques sont au vert. « Il est encore intéressant d’investir, surtout avec la création d’un hangar ou d’élevage. Passés les 8-10 ans d’annuités des panneaux, la vente d’électricité allège les annuités du bâtiment. » Les deux éleveurs préparent la création d’un nouveau site canards pour 2019-2020. Pour renforcer leur autre métier d’énergiculteurs, les bâtiments seront équipés d’une installation photovoltaïque de 257 kWc.

Des panneaux résistants mais à dépoussiérer

Pour William Grimault, « les panneaux, c’est un peu comme un pare-brise de voiture : pour produire il faut les nettoyer de temps en temps. » C’est ce qui est fait d’une à trois fois par an sur les poulaillers à lanterneaux. Rien de plus simple qu’une canne télescopique munie de deux brosses rotatives mues par le débit d’eau. « Nous préférons cela à de l’arrosage au tourniquet qui gaspillerait beaucoup d’eau », commente William. Prochainement, c’est leur installateur Solewa qui se chargera aussi du nettoyage, en plus de la maintenance des panneaux et des onduleurs. Quant à d’autres effets, tels que l’ammoniac, les éleveurs n’ont rien à signaler. Depuis 2012, tout fonctionne correctement.

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