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« J’ai rénové le bâtiment de poules pondeuses en volière à la suite de mon père »

Julien Raoult a repris l'outil familial en poules pondeuses qu’il a totalement rénové en volière et jardin d’hiver au Vieux Bourg dans les Côtes d’Armor.

« Nous avons décidé de conserver uniquement la charpente métallique, le toit et le sol béton », raconte Julien Raoult, âgé de 34 ans et installé sur l’élevage familial de poules pondeuses à la suite de son père Michel en avril 2025. Présenté lors d’une porte-ouverte organisée avec le groupement Huttepain Bretagne au Vieux-Bourg, dans les Côtes d’Armor, le bâtiment type Louisiane de 1 200 m² avec pondoir central a été rénové avec deux rangées de volière et un jardin d’hiver. Des œufs de consommation de code 2 seront produits dans un premier temps, avant d’évoluer en œufs plein-air. En effet, Julien Raoult finalise le rachat avec la Safer de 30 hectares de terre autour du bâtiment, permettant l’ajout d’un parcours. « Je me suis installé avec un poulailler sur 3 hectares de terre. Là, je prépare la production d’œufs de code 1 avec l’ajout d’un parcours de 10 hectares », précise l’ancien commercial de matériel agricole dont le projet se base sur la proximité locale. « Les entreprises partenaires sont à moins de 25 km de mon site, c’était une motivation non négociable », ajoute le jeune agriculteur.

Lire aussi : « Ma volière favorisera la mobilité en 3D des poulettes »

Le choix de la rénovation

Le bâtiment d’origine en ventilation statique de 11 000 poules pondeuses était conçu avec un pondoir central sur caillebotis (année 1997). Compte tenu des objectifs de l’éleveur, l’étude de projet proposait plusieurs alternatives : soit la construction d’un second bâtiment neuf auquel s’ajoutaient des investissements importants pour rénover le pondoir central du bâtiment d’origine ; soit la transformation du bâtiment en un système volière avec jardin d’hiver. « J’ai vite eu le déclic », indique l’éleveur qui opte pour le second projet. La charge de travail pendant le vide sanitaire avec le démontage et le lavage des équipements a également pesé dans le choix. Outre la volière et le jardin d’hiver de 570 m² avec dalle bétonnée, le projet comporte l’agrandissement du magasin d’une surface de 170 m², la construction d’une fumière couverte et le passage de la ventilation statique à la ventilation dynamique latérale. Le nouveau bâtiment d’une capacité de 26 330 poules pondeuses soit 9 poules par mètre carré de surface utile, accueillait son premier lot le 18 novembre 2025.

Des travaux d'autoconstruction 

Une grande partie de la rénovation a reposé sur de l’autoconstruction. L’équipe formée avec sa famille s’est lancée dans un chantier titanesque dont l’éleveur est fier aujourd’hui. « Après le vide sanitaire, nous avons désossé le bâtiment Louisiane, les rideaux, et remonté tous les panneaux sandwich. » Au démontage des longs pans, s’est ajouté celui du pondoir, des parties basses du poulailler et de l’emballeuse.

Pour Julien Raoult, l’économie réalisée avec la part d’autoconstruction a été réinjectée dans des matériaux plus résistants et « adéquats ». La volière Comfort 2.0 de marque Jansen a été choisie « pour la résistance de sa partie pondoir, la visibilité de la poule et la propreté des œufs ». La propreté et la qualité des œufs ont beaucoup compté dans le choix de l’équipement. La bande additionnelle latérale dédiée aux œufs pondus hors du nid avec l’option de ramassage automatique, a particulièrement intéressé l’éleveur. « Je peux ainsi dissocier les œufs, il n’y a pas de mélange entre les œufs propres et sales. » Le nid à hauteur d’homme assure une bonne vue sur les poules et les planchers intermédiaires permettent la visite du niveau supérieur. Le bâtiment type Colorado est équipé de trappes Kan’air, côté jardin d’hiver, et de six turbines dont trois variables sous concept Tuffigo Rapidex. Au centre, une turbine pousse l’air dans les tubes de préséchage au niveau des tapis à fiente sur les deux niveaux. Le système de brumisation a également été installé d’un côté pour limiter les coûts.

<em class="placeholder">Le jardin d’hiver est conçu en contrebas de la volière. La couleur blanc cassé a été choisie pour abaisser la chaleur en été. L’ouverture du rideau est manuel. </em>

Un montant de 37 euros par poule

Le montant global de l’investissement atteint un million d’euros. « Le projet de rénovation s’élève à 37 euros par poule ; en bâtiment neuf, il faut compter 50 euros par poule », ajoute Philippe Cotillard, responsable pondeuse à Huttepain Bretagne. Le groupement pour sa part accorde le financement de la totalité des cinq premiers lots de poulettes à un taux de 1 % sur douze mois et propose un contrat de reprise dans la durée de 15 bandes, couvrant largement les quinze années de remboursement d’emprunt bancaire. Une fois, les premières années d’installation franchies, un second projet de bâtiment volière neuf pourrait voir le jour d’ici cinq ans. Julien Raoult, qui représente la troisième génération d’éleveurs sur le site après sa grand-mère et son père, vient de boucler une belle première étape.

EARL de Quénéro

Associé : Julien Raoult

26 330 poules pondeuses

9 poules par m²

Magasin de 170 m²

À terme 33 ha de SAU

Partenaires :

Génétique : Novoponte

Entreprise : Ovoteam à Plaintel (22)

La hauteur de la volière redimensionnée

Compte tenu de la hauteur du bâtiment, celle de la volière a été réduite par l’installateur d’équipements d’élevage El. Tec à Plaintel, dans les Côtes d’Armor. « Nous avons modifié le profilé pour nous adapter à la hauteur du bâtiment. Les poules perchées au-dessus ne doivent pas entraver la ventilation. Il faut laisser un bon circuit d’air, au moins 60 cm d’écart avec le plafond. Cela évite aussi qu’elles ne picorent le plafond », conseille Sylvain Mordelet d’El. Tec. Autre particularité de l’installation est la présence importante d’un éclairage à LED pour éviter la ponte au sol. « Le but est d’éviter les zones d’ombre par leur positionnement également. L’éleveur modifie ensuite la lumière selon le comportement des poules. » Enfin, pour permettre la construction du jardin d’hiver avec un toit monopente isolé, le sol a été décaissé d’environ 60 cm par rapport au sol de la volière. « Nous sommes ainsi partis du toit de la volière pour construire celui du jardin d’hiver. »

<em class="placeholder">La hauteur de la volière a été réduite pour garder un couloir d’air entre les poules perchées pour la nuit et le plafond. </em>
La hauteur de la volière a été réduite pour garder un couloir d’air entre les poules perchées pour la nuit et le plafond. © E. Le Corre

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