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« J’ai fait déconstruire mes poulaillers contenant de l'amiante »

Lors de son départ à la retraite, Jean-Bernard Moreau a fait démolir ses anciens poulaillers, pour ne pas avoir à laisser « en héritage » à ses enfants des bâtiments contenant de l'amiante, malgré le coût de l’opération.

Visible depuis sa maison d’habitation, la parcelle en bord de route sur laquelle reposaient les deux poulaillers est redevenue une terre agricole. Jean-Bernard Moreau a fait appel à une entreprise de démolition pour raser durant l’automne 2020 les deux bâtiments de 1 000 m2 et 750 m2  contenant de l'amiante. « Je souhaitais que cela soit fait dans les règles de l’art », explique l’ancien éleveur qui y a produit du poulet et de la dinde durant 37 ans. Une décision peu courante dans le milieu agricole du fait du coût du désamiantage mais qui lui permet d’être aujourd’hui plus serein.

« Datant respectivement du début des années 70 et 80, ces bâtiments contenaient de l’amiante dans la toiture, mais également en sous-toiture ainsi que dans les isolants des parois. Il n’était pas envisageable de les déconstruire nous-mêmes. » Il a fallu presque un mois pour démolir les bâtiments et rendre le terrain propre et à niveau. Car l’objectif de l’éleveur était d’aller jusqu’au bout de la démarche avec un retour à la terre de sa parcelle. Désormais louée à un jeune agriculteur, elle a été remise en culture, une partie étant dédiée au pâturage de moutons. Un paysage plus agréable à voir, pour le jeune retraité comme pour le voisinage, que des bâtiments risquant de se délabrer.

 

 
Rien ne laisse deviner que cette parcelle en bord de route comprenait il y a peu deux poulaillers de 1 000 et 750 m2.
Rien ne laisse deviner que cette parcelle en bord de route comprenait il y a peu deux poulaillers de 1 000 et 750 m2. © A. Puybasset

Aucun repreneur pour les poulaillers

Construits par les parents de Jean-Bernard Moreau, les deux poulaillers ont produit leur dernier lot de volailles en 2019, lorsque lui et son associé ont décidé de mettre fin à l’activité du Gaec et de faire valoir leurs droits à la retraite. Située à Chavagnes-en-Paillers en Vendée, l’exploitation était à dominante laitière (750 000 litres/an, 100 ha de SAU). Répartie sur deux sites, elle occupait 3,5 UTH. Elle comprenait également un troisième poulailler de 400 m2, en production label. Faute de candidat à la reprise de l’activité vaches laitières, l’atelier lait a été arrêté. La stabulation ainsi que les terres en fermage ont été reprises par un Gaec dans le cadre de l’installation d’un jeune en bovin viande. Mais ce dernier n’était pas intéressé par les poulaillers. « Nous avons vendu celui de 400 m2, à un prix modique. En revanche, il n’y avait pas de perspective de reprise pour les deux autres, qui auraient nécessité d’être rénovés à terme. » La solution de la déconstruction s’est donc imposée, faute d’alternative. « J’ai pensé un temps reconvertir celui de 1 000 m2 dans le stockage de caravanes mais il aurait fallu créer une SCI (société civile immobilière), payer une assurance de 1 euro par mètre carré et par an… Et surtout, je ne voulais pas reporter la problématique du désamiantage sur mes enfants », souligne-t-il.

Partir en retraite plus sereinement

Une fois l’activité arrêtée en 2019, les associés avaient trois ans pour liquider le Gaec et parvenir à un bilan à zéro. Cela les a poussés à prendre relativement rapidement la décision de déconstruire les poulaillers, sachant qu’avec la crise Covid-19 les derniers devis réalisés en mars 2020 avaient déjà bien augmenté en l’espace de quelques mois. « Tout est désormais réglé concernant la dissolution du Gaec, qui a pu être réalisée fin 2020 juste après la démolition des poulaillers. Il ne reste pas de cadavre dans les placards ! », plaisante-t-il. Le coût de la déconstruction s’est élevé à 78 000 euros HT. Celle-ci ayant eu lieu avant la dissolution du Gaec, les éleveurs ont pu récupérer la TVA (17 000 euros). « Avec le recul, l’idéal aurait été de l’anticiper encore plus, c’est-à-dire durant l’année civile de l’arrêt de l’activité. Cela aurait évité de clore le Gaec avec un revenu agricole négatif. »

Je ne voulais pas reporter la problématique amiante sur mes enfants

Un coût de déconstruction de 45 €/m2

La démolition des deux bâtiments de 1 000 m2 et 750 m2 a été réalisée en septembre 2020 par l’entreprise de travaux publics et de désamiantage CTCV de Vendée. Le chantier d’un mois a mobilisé 4 personnes. Avant l’intervention, les éleveurs avaient au préalable démonté tout le matériel intérieur ainsi que les silos, ne laissant que la coque nue. La démolition concernait également les aires de nettoyage en béton, l’intérieur des poulaillers étant en terre battue. Deux journées de bulldozer ont suivi pour remettre le terrain en terre agricole. Le coût de la démolition s’est élevé à 78 000 € HT (45 €/m2). Ce coût comprend l’évacuation et le tri des déchets, le « désempierrement » du chemin d’accès ainsi que la remise en terrain agricole de la parcelle. Une grande partie des équipements intérieurs a été revendue par les éleveurs, pour environ 20 000 €.

 

 
5. Le coût du chantier intègre également les deux jours de bulldozer pour remettre le terrain en terre agricole.
5. Le coût du chantier intègre également les deux jours de bulldozer pour remettre le terrain en terre agricole. © J.-B. Moreau

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