Aller au contenu principal

Installation en volailles : Être éleveur fait encore rêver des jeunes

Le métier d’éleveur fait encore rêver des jeunes, qui n’ont pas peur de travailler, mais veulent de la rentabilité et un équilibre vie professionnelle et vie privée.

De jeunes stagiaires du Centre Avipole Formation sur la station avicole de Ploufragan
De jeunes stagiaires du Centre Avipole Formation sur la station avicole de Ploufragan
© P. Le Douarin

« Je ne viens pas du monde agricole, mais à dix ans, je passais mes mercredis et samedis chez des voisins éleveurs, a témoigné Rodolphe Sire, au salon Tech-Élevage en Vendée. Et peut-être parce que mon père était artisan, j’ai toujours voulu être mon propre patron. »

 

 
Rodolphe Sire, jeune autoentrepreneur éleveur de volailles, a toujours voulu être son propre patron et pouvoir gérer son temps comme il veut.
Rodolphe Sire, jeune autoentrepreneur éleveur de volailles, a toujours voulu être son propre patron et pouvoir gérer son temps comme il veut. © V. Bargain

À 21 ans, après un Bac pro et un BTS, Rodolphe Sire s’est donc installé en autoentreprise au service d’agriculteurs, puis comme éleveur de volailles. « Ce qui me plaît, c’est d’être mon propre chef et d’adapter mon temps de travail comme je veux. J’aime aussi bien élever mes volailles sur toute leur vie, malgré toutes les embûches. »

Lire aussi : Les installations d'éleveurs en volailles de 2022 en 5 infographies

Comme lui, des jeunes rêvent encore d’être éleveur, depuis toujours ou en reconversion. Alban Vié, 31 ans, non issu du milieu agricole, passe ainsi son BPREA (Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole) pour s’installer en volailles label. « Après un BTS qualité en agroalimentaire, j’ai travaillé dix ans en abattoir volailles, comme conducteur de ligne et au service qualité, explique-t-il. Dès mon BTS, j’ai eu dans l’idée de m’installer en volailles et de gérer l’élevage, l’abattage et la vente à la ferme. »

 

 
Comme ils s’installent plus tard et ont souvent déjà une conjointe ou un conjoint qui travaille, des enfants, une maison…, les futurs installés sont un peu moins ...
Comme ils s’installent plus tard et ont souvent déjà une conjointe ou un conjoint qui travaille, des enfants, une maison…, les futurs installés sont un peu moins mobiles. © V. Bargain

Certains veulent s’installer en collectif, d’autres en individuel. « S’installer en collectif permet de partager les astreintes et les responsabilités, note la sociologue Bertille Thareau, de l’École supérieure d’agriculture d’Angers. Cela implique que les associés s’entendent et aient les mêmes objectifs. Des jeunes préfèrent donc s’installer en individuel, un peu plus souvent en volailles que dans d’autres filières. »

Gérer son temps à sa guise

Tous veulent de la rentabilité. Mais ils veulent aussi pouvoir gérer leur temps comme ils veulent et préserver l’équilibre vie professionnelle et vie privée. « Le temps de travail ne me gêne pas, assure Rodolphe, encore célibataire. Mais je veux garder mon cours d’accordéon du mercredi, pour me ressourcer, me libérer de la pression de l’élevage. »

 

 
Installation : Être éleveur fait encore rêver des jeunes

Sylvain Boisseau, installé en 2015 avec 2 000 m² de poulets et canards, cherche un complément d’activité, pour pérenniser son élevage avicole et pour prendre un associé qui partage les décisions et avoir des week-ends et des vacances. « C’est une priorité, car j’ai une vie de famille », souligne-t-il. Travailler avec le vivant, la nature est aussi important. Et l’accompagnement du cédant en cas de reprise est essentiel.

« J’attends une relation proche avec le cédant, indique Antonin, en BTS, qui envisage de s’installer dans cinq à sept ans. Je voudrais que nous ayons la même philosophie et qu’il m’accompagne les premières années. » Le cédant ne doit toutefois pas mettre trop de pression sur un apprenti qui réfléchit à s’installer, l’effet pouvant être qu’il prenne peur et fuit. Enfin, les jeunes ne sont pas découragés par « l’agribashing ». « C’est triste, mais motivant, estime Antonin. Des éleveurs montrent ce qu’ils font sur Youtube. Il y a des choses à faire. »

Adapter l’accompagnement des porteurs de projet en volailles

 

 
Installation : Être éleveur fait encore rêver des jeunes
© DR

Une enquête de l’ESA d’Angers auprès de 140 jeunes installés montre que les profils et priorités des nouveaux installés évoluent. Les porteurs de projet sont de plus en plus non issus du milieu agricole, ni du milieu rural.

Ils sont plus diplômés et s’installent plus tard, à 29 ans en moyenne, après des stages et souvent du salariat en agriculture ou para-agricole. Cette expérience les conduit à être plus attentifs à l’équilibre vie professionnelle et vie privée et leur donne des compétences techniques, d’organisation du travail, du réseau…

« Connaître les trajectoires peut aider à l’accompagnement, estime la sociologue Bertille Thareau. Un jeune non issu du milieu agricole peut avoir du réseau s’il a fait de stages, été salarié, mais il a peut-être besoin de soutien pour l’accès au foncier ou à l’investissement. »

Les plus lus

<em class="placeholder">SBV a engagé un programme d’investissement de 60 millions d’euros pour augmenter de 100 000 poulets par semaine sa capacité hebdomadaire d’ici 2028.</em>
Le pôle breton du groupe volailler LDC accélère sa transformation pour valoriser l’origine France

La Société bretonne de volailles développe ses capacités et son offre de produits et services en poulet, dinde, canard et…

<em class="placeholder">Le bien-être animal et l’environnement sont rarement cités comme priorités premières, non par désintérêt, mais parce qu’ils sont perçus comme déjà intégrés ou ...</em>
Une perception plurielle des éleveurs de volailles face aux enjeux sociétaux

Bien-être animal, environnement, lien avec la société… Le projet Entr’Actes montre comment les éleveurs de volailles…

<em class="placeholder">Très automatisé, l’atelier découpe a une cadence de 6 000 poulets par heure.</em>
Le site Celvia poulet se prépare à augmenter sa production

Visite en images du site Celvia poulet de la Société bretonne de volailles qui se prépare à une phase d'investissements.

Bâtiment jeunes poulets avec plateforme
BroilerNet : Les bonnes pratiques d’élevage en poulet de chair à l’échelle européenne dans un Webinaire gratuit le 4 juin 2026

Le projet européen BroilerNet, dédié à l’identification et le partage de bonnes pratiques en élevage, se finalise après 4 ans…

<em class="placeholder">Guillaume Jordan, éleveur de 12 000 poules bio à Vénérieu : « Mes trois lots ont été élevés jusqu&#039;à 72 semaines, puis 77 et 81 semaines pour le dernier. »</em>
Allongement de la durée de ponte : « Le risque est calculé en production d'oeufs plein air et bio »

Au sein de Fermiers du Sud-Est, la décision d’allonger la carrière des poules est prise à 40 semaines et un protocole de…

<em class="placeholder">Les bâtiments de poulets construits en 2018 et 2022 sont tous deux équipés d&#039;un système pad cooling.</em>
Coup de chaleur « J’ai l’esprit plus tranquille avec les panneaux pad cooling installés dans mes bâtiments de poulets »

Pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs, Florian Aymard, éleveur de poulets dans la Drôme, a équipé ses deux bâtiments…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)