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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Le secteur œuf d'Ukraine veut exporter plus

En Ukraine, la crise et les conflits séparatistes ont très fortement affecté la filière œuf depuis deux ans, en particulier Avangardco le groupe leader de la production industrielle.

Contrairement à la viande de volaille, la production familiale d’œufs résiste bien et fournit environ 40 % des volumes totaux. Le marché « contrôlé » serait fourni par 300 entreprises agricoles (comptant environ 45 millions de poules en cage), avec un opérateur ultra-dominant, Avangardco. Jusqu’à l’an dernier, cette filiale d’Ukrlandfarming détenait 55 % du marché contrôlé (35 % des œufs et 80 % des ovoproduits). Les trois premiers opérateurs (Avangardco, Ovostar Union et Inter-Zaporoya) font près des trois quarts de la production industrielle.

Mais la situation évolue depuis 2014. En 2015, la production nationale a chuté de 15 %, passant de 19 milliards d’unités à 16,8 milliards. Ce qui fait toujours de l’Ukraine le premier producteur européen. La production contrôlée aurait atteint les 9,8 milliards d’œufs. Sur les cinq premiers mois de 2016, le recul a encore été de 15 % et de 25 % pour les grandes entreprises. Selon Sergueï Karpenko, directeur de l’union de producteurs avicoles ukrainiens et membre du comité de direction d’Ovostar Union, le conflit russo-ukrainien a conduit à la perte d’établissements en Crimée et dans les zones séparatistes. La consommation des ménages a baissé de près de 10 % (environ 270 œufs/habitant/an).

Un leader en perte de vitesse

Toutes les agro holdings ne sont pas impactées de la même façon. L’avance d’Avangardco fond depuis deux ans. Ce groupe perd beaucoup d’argent (26 millions de dollars en 2014 et 158 M$ en 2015). Fin mai, il a annoncé de mauvaises performances du premier trimestre : baisse de 40 % de sa production (627 millions d’unités), baisse de 55 % des ventes en coquille (475 millions d’unités) et de 50 % des ovoproduits (1638 t), baisse de 31 % des exportations en coquille (75 millions d’unités) et de 35 % des ovoproduits secs (1400 t). Son cheptel de poules en production est passé de 16,6 millions à 10,7 millions entre mars 2015 et 2016 (moins 36 %). Le groupe l’explique par la perte de fermes et par une baisse des ventes en zone de conflit. De plus l’exportation d’œufs contaminés par Salmonella enteritidis en Israël, au début de cette année, n’aurait pas facilité les affaires au Moyen-Orient, le débouché principal. Soumis aux mêmes aléas économiques, ses concurrents ne rencontrent pourtant pas les mêmes difficultés. L’explication est peut-être d’origine financière avec des interrogations sur ses pratiques financières et sur un endettement très important.

Bouée de secours des exportations

Dans un tel contexte, le marché de l’œuf est déprimé. Les prix de vente sortie conditionnement seraient passés sous la barre des 10 grivnas les 10 œufs (0,36 euro) (1) selon Sergueï Karpenko, alors que les coûts de production seraient de l’ordre de 9 grivnas sortie élevage et de 13 grivnas sortie conditionnement. Au détail, les prix moyens de détail seraient en moyenne de 25 grivnas. Tatyana Yablonska, productrice d’œufs plein air et bio (30 000 poules) vendus chez Auchan à 42 grivnas les dix œufs demande « comment est-ce possible ? Est-ce qu’il y a encore des céréales dans l’aliment ? » Sergueï Karpenko espère qu’après cette purge du cheptel, la conjoncture s’améliorera à partir de l’automne. Néanmoins, l’année se soldera par un nouveau recul général de 20 %.

Avec un marché saturé et une consommation déprimée, les marchés de l’exportation sont primordiaux pour les agro holdings. L’exportation a démarré à la fin des années 2000 vers les pays de l’ex-bloc soviétique et vers le Proche et Moyen-Orient (PMO). En 2015, les exportations en coquille ont presque atteint le milliard d’unités, principalement vers l’Irak (48 %) et les Émirats arabes Unis (32 %).

Une mise aux normes UE qui commence

Pour moins dépendre du débouché PMO, l’Asie et l’Europe sont dans le collimateur. L’accord d’association avec L’UE permet d’exporter 3500 t en équivalent coquille (2000 teoc en coquille et 1500 teoc en ovoproduits). Mais faute de disposer d’installations aux normes bien-être UE, aucune entreprise n’est agréée pour l’exportation en coquille. Quatre sociétés ont engagé des investissements sur le bien-être animal que les pouvoirs publics veulent rendre obligatoires avant 2020, tout en n’accordant aucune aide spécifique, au grand regret de Sergueï Karpenko. Mais la plus grande menace pour les filières œuf européennes concerne les ovoproduits dont 3500 à 4000 tonnes sont exportées. Ils ne sont pas soumis aux normes bien-être vers l’UE et ont les coûts de production les plus bas d’Europe, voire du monde. Le quota UE est peu utilisé (37,5 t en 2015 selon l’Itavi) au profit de deux mécanismes (« inward processing » et « erga omnes ») jugés plus intéressants par les Ukrainiens (volumes plus élevés et caution moins forte). « Nous avons de la demande du Danemark, d’Italie, de Pologne, de Hongrie », précise Sergueï Karpenko qui espère un élargissement du quota. "Le volume pourrait être décuplé sans difficulté", assure-il. Même discours chez Avangardco. Voici quelques mois, son propriétaire Oleg Bahmatiouk, déclarait vouloir exporter 50 à 60 % de ses œufs d’ici à 2020 (3,5 milliards d’unités), notamment en Europe. Au premier trimestre, Avangardco a expédié 1000 t de poudre d’œuf dans l’UE (76 % de ses ventes export contre 19 % un an plus tôt). Quota ou pas, l’invasion de poudre ukrainienne n’est peut-être qu’une affaire de mois.

(1) en juin un euro valait 28 grivnas
« La crise a renforcé les velléités d’exportation »

Le segment ovoproduit baisse également

Les deux principaux fabricants d’ovoproduits sont Avangardco (plus de 20 000 t en 2014) et Ovostar Union (environ 8000 t). Alors que la production augmentait (34 000 t en 2013 et plus de 36 000 t en 2014), elle est retombée à 20 000 t l’an dernier, essentiellement avec la baisse de 55 % des ovopoduits secs, impliquant surtout Avangardco. Avec 6800 tonnes, Ovostar revendique 94 % des ovoproduits liquides qu’il a maintenu en 2015, tout comme en sec (environ 1900 t soit 13 % du marché). Quant aux exportations, elles étaient en augmentation constante depuis 2012, dépassant les 3000 tonnes en 2014, tous produits confondus.

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