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Vente d’aliment et de poules en jardineries-animaleries
Distrigalli s’empare du marché porteur des poules périurbaines

Distrigalli a développé une gamme d’aliments et de poules pour les animaleries. Elle met en avant le statut sanitaire et la traçabilité de ses volailles.

La poule va devenir le troisième animal de compagnie, derrière le chien et le chat. » C’est le pari que fait Didier Langlais, directeur de Distrigalli. Créée en 2015 en région rennaise, l’entreprise est spécialisée dans la production et la commercialisation de poulettes dans les réseaux d’animaleries-jardineries privés. Cela représente plus de 200 points de vente en France (Jardiland, Botanic, Villaverde, Baobab..), situés en périphérie des grandes villes. L’entreprise vise une clientèle de particuliers périurbains : des familles avec de jeunes enfants, des retraités, sensibles aux préoccupations environnementales. « Il y a un véritable engouement pour la poule hobby-farming. » Elle plaît pour de multiples raisons : pour son rôle d’animal de compagnie, d’embellisseur de jardins, pour sa dimension écologique (recyclage des déchets ménagers) et pour sa production d’œufs. « Le marché de la poule de basse-cour, essentiellement vendue sur les marchés et qui représente 2 millions de poules, connaît un taux de croissance de 5-10 % par an. Il est encore plus élevé pour le segment des animaleries qui est lui estimé à 200 000 têtes », précise-t-il.

Un concept complet « aliment + poule »

Détenue à 80 % par le fabricant d’aliment Michel, Distrigalli s’est d’abord implantée dans les animaleries en proposant une gamme d’aliments inspirée de la segmentation sur les œufs en GMS (riche en oméga 3 avec la démarche Blanc Bleu Cœur, « beau plumage » pour les poules d’ornement, aliment complémentaire 100 % bio). Puis elle a rapidement développé son offre de poules, aussi segmentée en trois catégories : les pondeuses, les ornementales, les terroirs, soit une trentaine de variétés (1). Sur ce marché concurrentiel, l’entreprise se différencie en garantissant une traçabilité totale et le statut sanitaire de ses poulettes Magalli. « Cela répond à une demande des grandes enseignes d’animalerie qui souhaitaient être rassurées par un approvisionnement plus sécurisé. » La poule est en effet le seul animal vendu en animalerie dont une partie — l’œuf — réintègre la chaîne alimentaire. Or, ces animaux pour particuliers ne sont pas soumis à la même réglementation qu’en filière longue.

Le carnet de vaccination à disposition du client

« Nos poulettes reçoivent un programme vaccinal complet et ont un statut au moins équivalent à celles des filières organisées. » Un domaine que connaît bien l’ancien directeur commercial d’un sélectionneur en ponte. « Elles sont issues de couvoirs indemnes de salmonelles et de mycoplasmes. » Elles sont élevées dès un jour dans des sites spécialisés (cas des poulettes d’ornement) ou proviennent de bâtiments d’élevages de poulettes fermières partenaires du groupe Michel, tous suivis par un vétérinaire. L’un d’eux est à la charte sanitaire, les autres appliquent le même protocole. Des contrôles salmonelles sont réalisés à l’arrivée à un jour et avant le départ des poulettes. Chacune est baguée avec un numéro individuel, ce qui permet une traçabilité par lot. Après son achat, le particulier peut se rendre sur le site internet www.magalli.fr pour accéder à son « livret de famille » et à son carnet de vaccination. Il peut également imprimer le plan de prophylaxie, consulter le guide d’élevage et obtenir des réponses personnalisées. Dans les magasins qu’elle approvisionne, Distrigalli est fournisseur exclusif afin d’éviter les mélanges d’origines de poulettes. L’entreprise joue aussi un rôle de conseils et d’alerte. Elle a ouvert une hotline pour mettre en relation son vétérinaire sanitaire avec ses confrères responsables du suivi des animaleries. Cette démarche de maîtrise sanitaire permet de rassurer les animaleries, dont la responsabilité est engagée, mais également les filières professionnelles, craignant le rôle de réservoir de maladies des poules de basse-cour. « La poule hobby-farming est un mouvement de fond que l’on ne peut empêcher, autant faire en sorte qu’il se fasse dans les meilleures conditions sanitaires possibles. »

(1) Principalement pondeuse rousse, noire, sussex, coucou ou les ornementales : soie noire ou blanche, hollandaise huppée, padoue, bantam de Pékin, ardennaise, Brahma perdrix, Sabelpoot…
« Pallier un vide réglementaire de suivi sanitaire »

Les poules ornementales issues de deux élevages

Dans cet ancien poulailler standard, quelque 2 000 à 3 000 poules ornementales se côtoient en toute tranquillité : des naines ou géantes, au plumage tacheté ou duveteux, pattes nues ou plumées et de toutes couleurs. Seules les poules huppées sont isolées par un grillage pour préserver leurs plumes. Le site près de Lamballe, qui compte deux bâtiments, est l’un des deux élevages de poulettes ornementales approvisionnant Distrigalli. La production est concentrée sur deux périodes de l’année afin de s’adapter à la saisonnalité des achats (au printemps et à l’automne). « Les poulettes nous appartiennent, l’éleveur est rémunéré à la prestation », précise Didier Langlais. C’est Sandra, salariée de l’élevage, qui est chargée de la surveillance quotidienne. Chaque site est approvisionné par un seul couvoir. Le lot reçoit un programme vaccinal complet : bronchite infectieuse, laryngotrachéite, encéphalomyélite, Marek, Newcastle, Gumboro et même contre la variole. Selon les commandes, les poules sont transportées vers une plateforme, afin d’être baguées puis envoyées en moins de 24 heures à destination via un transporteur extérieur. Les poules ornementales représentent 30 % des ventes de Distrigalli, son marché principal étant la pondeuse fermière. Ces dernières, provenant d’élevages du groupe Michel, sont regroupées dans un poulailler pour leurs trois dernières semaines de croissance. Elles y reçoivent la fin de leur programme vaccinal et sont vermifugées avant de partir.
Les poulettes de 18 semaines sont vendues dans les rayons entre 15 et 20 euros pour les pondeuses, et jusqu’à 35 euros pour les ornementales, en tenant compte du surcoût du programme vaccinal. Pendant le pic des ventes, c’est environ 1 000 colis qui partent chaque semaine.

Le saviez-vous ?

Le marché de la basse-cour en jardineries-animaleries et magasins agricoles représente 200 millions d’euros par an dont 80 % pour la vente d’aliment, 20 % pour les poulettes et les poulaillers.
Le marché des poules vendues au particulier est estimé à 2 millions de têtes, dont près de 200 000 via les réseaux de jardineries-animaleries. La vente traditionnelle sur les marchés est prédominante. Selon l’Itavi, la part d’autoconsommation en œufs est de 4 %. Sachant que la durée de vie des poules chez les particuliers est de 3 à 5 ans, on estime à 6 millions le cheptel français de poules de basse-cour.

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