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Didier Carfantan passera toutes ses cages en volière code 2

Pionnier breton des grands élevages en volière, Didier Carfantan bascule vers le code 2, en fonction du marché et de ses amortissements.

Installé en 1980 à Hénansal (Côtes-d’Armor) avec des poules en cage, Didier Carfantan estime « qu’en matière de techniques d’élevage des poules, la France a toujours suivi les pays d’Europe du Nord avec six à sept ans de retard ». Quitte à anticiper le marché, c’est cela qui l’avait poussé en 2009 à investir en code 2 avec 122 000 poules logées en volière Vencomatic sur un nouveau site. « Mon intention initiale était de spécialiser progressivement mes quatre sites, soit en volière, soit en cage. Faire du plein air m’imposerait d’envisager un nouveau site. » Pour passer en code 2, l’équation à résoudre est la suivante : « j’investis si j’obtiens un contrat qui me permet de dégager une rentabilité équivalente à celle que j’ai en cage ». L’année de la mise aux normes, il a ainsi transformé un bâtiment en 62 000 places de volière Vencomatic sur un autre site. Mais « comme le marché du sol était encore à risques », Didier Carfantan décide aussi de rénover un poulailler de son site principal en 84 000 places en cage Hybrid Big Dutchman. Ce fut pour lui une « demi-erreur » dans la mesure où ce matériel était conçu pour être facilement convertissable en volière. Ce qui fut fait en 2015, suite à une opportunité de contrat. « Ce n’est pas de gaîté de cœur que nous transformons des équipements encore performants, mais à rentabilité équivalente je fais le pari du code 2. » D’ici à la fin de cette année, 60 000 places de cages de 2003 prendront encore la direction de la ferraille et seront remplacées par des volières Big Dutchman. Tout n’est pas perdu car du matériel sera récupéré (les moteurs, les descendeurs d’œufs et les chaînes d’alimentation). Fin 2017, les deux tiers de l’effectif seront logés en volière.

Anticiper d’autres évolutions

Le changement de code sans changer le matériel n’a été possible qu’avec la cage Big Dutchman conçue dans cette éventualité. « La mangeoire est à l’intérieur. On a retiré des niveaux bas pour respecter certaines exigences (un tiers de la surface totale libre de matériel et 250 cm2 libre/poule). » Mais selon l’éleveur, peu ont investi dans de telles installations. Didier Carfantan chiffre l’investissement en volière entre 13 et 15 euros par poule logée, hors coque. Sur ces prochains aménagements, il s’est réservé la possibilité de créer des jardins d’hiver, sur un tiers de la largeur. L’idée est de ne pas être surpris par des exigences sociétales plus fortes qui verraient le jour : « que les poules ne soient pas enfermées et qu’elles voient le jour ». Avec le jardin d’hiver, c’est possible tout en minimisant le risque sanitaire et en maîtrisant l’impact environnemental, estime-t-il. Mais cela pourrait enchérir l’investissement d’un à deux euros par poule.

La volière, une alternative à la cage

Didier Carfantan a opté pour le code 2, mais il n’en reste pas moins attaché à l’œuf EN ((de)) cage, le moins cher à produire et sanitairement le plus sûr. Surtout, « il faut continuer à produire du code 3, pour maintenir les grands élevages construits à partir de 2009 qui ne seront pas amortis dans cinq ans ». Logiquement, les transformations devraient d’abord concerner les élevages détenant des cages aménageables montées entre 2001 et 2007, donc amorties. Ce qui permettrait de laisser le marché du code 3 aux plus récents élevages en cage pour qu’ils finissent d’amortir. Mais souvent en fin de carrière, les propriétaires des cages d’avant 2007 le voudront-ils ? Une partie des hésitations ou des réticences tiennent évidemment à l’incertitude. « Le code 2 est toujours un marché en devenir sur lequel les metteurs en marché ont peu misé commercialement. Mais cela pourrait changer. » Enfin, Didier Carfantan souligne qu’il faudra aussi adapter à la volière le parc d’élevage des poulettes. Si 10 millions de poules devaient être logées en volière cela équivaut à un besoin d’environ 100 000 m2 de poussinières en volière, à raison de 2,5 lots par an et 40 poulettes rapportées au m2 au sol.

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