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États généraux de l’alimentation
Deux plans de filière remis au ministre

À la demande d’Emmanuel Macron, les filières œuf et chair ont présenté leur stratégie collective pour s’adapter aux marchés à venir et pour augmenter la valeur ajoutée tout en la répartissant mieux.

Le 11 octobre dernier à Rungis, le président de la République a demandé aux acteurs des filières agricoles et alimentaires de s’engager collectivement afin de modifier en profondeur leurs modes de production et leur chaîne de valeur. Il s’agit que l’ensemble de la chaîne alimentaire dégage des prix rémunérateurs aux parties prenantes et fournisse des produits répondant aux attentes des consommateurs français ou étrangers. À la clôture des États généraux de l’alimentation, le ministère de l’Agriculture s’est dit satisfait de la trentaine de plans reçus mi-décembre. Ces plans, tout comme les résultats de l’atelier 14 des États généraux de l’alimentation sur les investissements, serviront à construire le plan d’investissement de 5 milliards d’euros pour la transition agricole et écologique, qui devrait être annoncé ce premier trimestre. Dans le secteur avicole, deux interprofessions ont été sollicitées : le comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO) pour les œufs et le Cifog pour le foie gras. Pour les filières des volailles de chair, le plan a été préparé par l’Institut technique de l’aviculture, en concertation avec les interprofessions par espèce. Ces plans soulignent la nécessité de répondre à la demande de tous les marchés, en veillant à préserver la compétitivité française. Ils fixent des objectifs et des engagements collectifs pour répondre à la montée en gamme et aux attentes sociétales, avec un développement des productions sous signes de qualité compatible avec la capacité d’absorption des marchés. Les interprofessions soulignent que des investissements lourds seront nécessaires pour satisfaire les exigences sociétales, ce qui nécessite d’impliquer davantage les distributeurs, en les invitant à rejoindre les interprofessions où elles ne siègent pas encore. Aussi bien du côté des professionnels que des pouvoirs publics, il reste à entrer dans le concret, afin que les centaines d’heures d’échanges des États généraux de l’alimentation n’accouchent pas d’une souris. « C’est maintenant à l’État et à la profession de prendre leurs responsabilités », commente Jean-Michel Schaeffer, président de la CFA et de l’Itavi.

Triple enjeu pour la volaille de chair

Le plan à cinq ans de la filière volaille de chair comporte deux parties. En volaille standard, il vise la reconquête de 10 % de part de marché sur le marché intérieur et l’ouverture de nouveaux débouchés à l’export. En volailles sous signes de qualité (label rouge, AOP, IGP) et bio, plusieurs objectifs ont été chiffrés : hausse de 50 % des volumes bio (15 millions de têtes) et de 15 % en label (152 millions) ; passer de 30 à 50 % la part des produits labels découpés ; doubler les exportations de label (8 %) et augmenter leurs ventes de 20 % en restauration hors domicile (RHD). En contrepartie, la filière demande des soutiens à l’investissement : près d’un milliard d’euros d’aides PCAE sur cinq ans en standard (afin de soutenir un investissement de 2,7 milliards), des aides aux travaux de recherche appliquée (réorientation des fonds Casdar), des aides au développement de l’export. La filière a besoin d’une simplification et d’une harmonisation des procédures européennes, d’un étiquetage « origine France » sur tous les produits, et d’être défendue dans les accords commerciaux de libre-échange et le Brexit (devenir des quotas d’importation pays tiers). Par ailleurs, déjà structurée en plusieurs interprofessions (CIPC pour le poulet standard, Cidef pour la dinde, Cicar pour le canard, CIP pour la pintade et Synalaf pour les volailles sous signes de qualité) la filière s’engage à créer une seule interprofession en mai. Incluant la distribution, elle permettra notamment la mise en place d’une contractualisation intégrant l’aval.

La filière œuf veut réussir le virage de l’alternatif

Le plan de la filière œuf a été conçu en concertation avec des représentants de l’aval (distribution, RHD, IAA). Il se décline en douze objectifs répartis en quatre thèmes : répondre aux attentes consuméristes et sociétales en maintenant ses marchés, améliorer les relations intrafilière, développer la recherche et l’innovation, et mieux suivre la filière et les marchés.

L’enjeu le plus important des cinq prochaines années porte sur la transition de la production en cage (70 % du volume) vers les élevages alternatifs. Sans le chiffrer, le plan demande un accompagnement financier des élevages en cages, un soutien aux investissements alternatifs, ainsi qu’au maillon sélection-accouvage. L’amélioration du bien-être animal est aussi prépondérante, avec plus de recherche et la création d’un groupe de réflexion associant des clients, des ONG de consommateurs et de bien-être animal. Le plan prévoit de renforcer l’origine avec la démarche « œufs de France ». Concernant les relations intrafilière, le CNPO s’ouvrira à l’aval avec une nouvelle gouvernance effective d’ici le mois de juin. Il est projeté de mettre sur pied une nouvelle forme de contractualisation allant jusqu’à l’aval et si possible pluriannuelle. La logique est celle d’un chaînage entre coût de production et prix de marché. Les actions de recherche concernent la réduction des intrants chimiques (anti-poux, antibiotiques…), la génétique (apports de la génomique), des nouveaux produits et débouchés (poules de réforme, ovoproduits), avec un renforcement des moyens (fonds Casdar réorientés). Enfin, la filière œuf réclame un suivi en temps réel de la production (base de données des cheptels), un observatoire de la production et de la consommation, ainsi qu’un observatoire des échanges internationaux.

« Près d’un milliard de besoins pour la seule filière chair »

Le foie gras reporte son plan

Avec une année très perturbée par l’épizootie d’influenza, la filière foie gras a obtenu un délai pour rendre sa copie, probablement en janvier. Un plan provisoire a été déposé, mais l’interprofession ne souhaite pas encore le communiquer. Le Cifog n’a pas encore eu le temps de consulter la grande distribution « nos entreprises sont en plein travail pour sauver la saison », expliquait le 19 décembre, la directrice générale du Cifog Marie-Pierre Pé, à notre confrère Agra presse.

La « feuille de route » gouvernementale

En clôture des #Egalim, le 21 décembre, Édouard Philippe et Stéphane Travert ont énoncé une série d’actions qui seront mises en place cette année, mais au contenu à préciser :

- loi de Modernisation sur les relations commerciales (expérimentée pendant deux ans) ;

- plan d’Investissement agricole public de 5 milliards pour la transition écologique (finalisé pour le Salon de l’agriculture) ;

- plan Ambition bio (au SIA) ;

- plan sur la Bioéconomie (au SIA) ;

- plan Antigaspillage alimentaire ;

- plan pour la Restauration collective ;

- plan Bien-être animal ;

- plan de Sortie du glyphosate d’ici trois ans ;

- plan pour le Commerce équitable ;

- feuille de route économie circulaire (premier semestre).

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