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Volailles : Actualité agricole et agroalimentaire des filières poulets, poules pondeuses, canards, dindes, œufs, foie gras dédié

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Des poules néerlandaises logées en trois étoiles

Le système Rondeel de logement de poules pondeuses a été conçu pour satisfaire le bien-être animal, la durabilité et l’environnement, tout en générant des profits pour les éleveurs néerlandais. Chez Willy Derks, 30000 pondeuses sont sous chapiteau.

Ici, l’installation de la famille Brandsen, 
une des trois installations Rondeel aux Pays-Bas.
Ici, l’installation de la famille Brandsen,
une des trois installations Rondeel aux Pays-Bas.
© Rondeel

Vu de loin en sortant de l’autoroute toute proche à Ewijk aux Pays-Bas, l‘élevage de Willy Derks ressemble à un chapiteau de cirque. Sous cette coupole de 10 mètres de haut et 100 mètres de diamètre vivent 30 000 poules pondeuses. Les lieux ont été conçus pour être largement visités par le public : grand parking avec un distributeur de boîtes d’œufs, salles de conférence au premier étage de la bâtisse, long couloir vitré de visite avec une vue au ras des poules qui divaguent sur le parcours. Il règne une impression de zoo où les animaux sauvages sont de paisibles gallinacés et où la savane a été artificialisée avec son herbe en plastique et ses troncs d’arbres lissés.

Structure rayonnante en forme de camembert


Le système baptisé Rondeel par son concepteur Vencomatic a été lancé en 2010. Trois fermes identiques existent aux Pays-Bas, dont la dernière-née en 2012 est celle de Willy Derks. Vu de France, ce mode de logement surprend par son niveau d’artificialisation poussé à l’extrême. Vu des Pays-Bas, ce choix se justifie par la rareté du foncier, par la hantise de l’influenza aviaire et par la recherche du compromis entre bien-être animal et efficacité économique. Imaginez un camembert dont les portions sont alternativement une aire d’exercice et une zone de logement. Ce camembert est entouré d’un anneau qui constitue une seconde aire avec troncs d’arbre et bacs de grattage.
Dans chaque salle sont logées 6000 poules, à raison de 3000 dans chacune des deux volières Vencomatic à trois niveaux. Une séparation grillagée veille à ne pas déséquilibrer la répartition. Les oiseaux accèdent à un parcours par les deux pans en panneaux articulés qui peuvent se relever jusqu’à 2 mètres si le temps le permet. Chaque parcours est lui-même divisé en deux par un grillage afin d’éviter les mélanges de poules des deux salles. La densité globale est de 9 poules par mètre carré, précise Willy Derks, conformément à la réglementation élevage au sol en code 2. Le sol en béton a été tapissé d’un revêtement semblable aux fonds de nids. Les aires d’exercice sont recouvertes d’une bâche claire contre les intempéries et la faune sauvage. L’accès au parcours en anneau est lui aussi limité par des grillages et des filets brise-vent, ouverts en fonction du temps.


Une démarche marketing de valorisation des œufs Rondeel


La zone centrale du camembert abrite la collecte et l’emballage des œufs au rez-de-chaussée, des bureaux et deux salles de conférence au premier étage, l’échangeur de chaleur au second. Les fientes sont évacuées par un anneau souterrain avec un tapis, puis stockées dans la zone technique dans un container régulièrement vidé.
Conçue par Vencomatic, cette ferme est la concrétisation du programme de recherche néerlandais RIO pour reflexive interactive design. Il vise à créer des élevages d’un nouveau type qui prendraient compte d’impératifs environnementaux, socioculturels et économiques. Le concept a séduit les défenseurs des animaux. En plus du code européen 2 inscrit sur leur coquille, les œufs des trois élevages Rondeel sont classés « trois étoiles ». Ceux-ci utilisent du soja durable Proterra, des emballages recyclables, des panneaux solaires. Ces étoiles tombent à pic pour compenser le surcoût de l’investissement. « C’est trois fois plus cher que du logement au sol », s’est contenté de nous dire Willy Derks. Les œufs sont vendus en GMS au prix de la vente directe par Albert Heijn, le leader néerlandais du secteur. La boîte de 7 œufs s’achetait 2,95 € courant mars, nettement au-dessus des autres types d’œufs (1,80 € pour 10 œufs « scharrel » au sol). Le centre de conditionnement commun aux trois éleveurs livre aussi des magasins spécialisés et la restauration. Willy Derks indique recevoir 16 à 17 centimes en moyenne par œuf. « Une fois que le consommateur a compris et adhéré à notre démarche, le surcoût de l’ordre de 10 centimes par œuf est accepté », explique l’éleveur. Un propos qui étonne dans un pays où le consommateur est réputé proche de ses sous, mais avec ses 15 millions d’œufs, Rondeel reste encore une niche minuscule.

Résultats techniques satisfaisants

 

Le premier lot, exclusivement des Lohmann Brown, a été mis en place le 15 mars 2012 chez Willy Derks. L’éleveur affirme récolter peu d’œufs au sol (200 par jour).
Selon un relevé technique du 14 février, le nombre moyen d’œufs atteignait 308 œufs à 68 semaines d’âge, avec une masse d’œufs de 18,46 kg et un indice aliment/œuf de 2,14. À 5,62 %, la mortalité était légèrement supérieure aux prévisions « en raison d’un problème de colibacillose » précise l’éleveur.

Des œufs « meilleure vie »

 

En plus du code européen, les œufs néerlandais peuvent bénéficier du classement beter leven (littéralement « meilleure vie ») attribué par la SPA néerlandaise Dieren Bescherming. Le nombre d’étoiles (1 à 3) dépend du niveau de respect du bien-être animal et de critères de durabilité.
http://beterleven.dierenbescherming.nl/

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