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Nan-Dirk Mulder, analyste protéines animales chez Rabobank
« Des perspectives de croissance dans un contexte chahuté »

L’expert en viande de la banque d’affaires néerlandaise Rabobank a fait part de son analyse sur le commerce mondial, l’Europe et la France lors de la réunion annuelle des interprofessions sectorielles, le 19 avril dernier.

Quels sont les aléas qui viennent chahuter le commerce mondial ?

Nan-Dirk Mulder : Alors que la situation macroéconomique internationale avait retrouvé une certaine stabilité après une décennie perturbée par la montée en charge des agrocarburants (concurrence sur les matières végétales), plusieurs faits viennent bousculer le commerce mondial. Répondant au protectionnisme de Donald Trump, la Chine menace de surtaxer le soja américain de 25 %. Celui-ci pèse 47 % des achats de la Chine qui achète 62 % du soja mondial échangé. Cela pourrait impacter les coûts de production (baisse aux USA et en Europe, hausse au Brésil et en Asie) et donc les circuits commerciaux. S’ajoute la perte de confiance vis-à-vis du Brésil : interdiction sanitaire européenne sur vingt abattoirs et menace saoudienne concernant la mise à mort halal. À plus long terme, la demande en viande de volaille va s’accentuer (+45 % en 20 ans) à 90 % dans les pays émergents (Asie et Afrique). Mais ces régions doivent moderniser leur industrie et trouver suffisamment de ressources végétales. Il y aura donc des opportunités d’exportation pour les producteurs européens.

La situation paraît contrastée en Europe...

N.-D. M. : Dans un marché européen des viandes stable voire atone, seule la volaille s’en sort bien en dépit d’un ralentissement attendu. Je table sur 1 % de croissance jusqu’à 2020. La croissance sera conduite en Europe du Nord, mais surtout à l’Est par la Pologne (+3,5 % attendus jusqu’en 2025). L’autre fait marquant est la multiplication des « concepts » de poulet créant une différenciation, sous l’influence de l’industrie (bio, label rouge certifié), des ONG welfaristes (RPSCA en Angleterre), de la distribution (Initiative Tierwohl en Allemagne) ou des consommateurs (Beter Leven aux Pays-Bas). D’autre part, l’Europe de l’Ouest est dans une logique de « moins de volume et plus de valeur » alors que celle de l’Est reste dans une démarche « plus de volume à bas coût de production ». Je m'attends à son hégémonie sur les produits élaborés. L’Europe de l’Est, Ukraine comprise, peut prendre la place du Brésil (-21 % en 2017), qui plus est avec de la viande fraîche. Enfin, le Brexit va perturber les marchés. Le Royaume-Uni importe 720 000 tonnes (dont 31 % de pays tiers) et exporte 320 000 tonnes (22 % vers pays tiers). En résumé, l’industrie européenne à quatre sujets de préoccupations : l’Europe de l’Est, les attentes sociétales, le Brexit et le Brésil.

Quels sont les moyens pour capter de la valeur en France ?

N.-D. M. : Avec +2 % de consommation, la France connaît une bonne dynamique, mais celle-ci est essentiellement alimentée par des importations, notamment de la Pologne depuis 2010. C’est un paradoxe, car la France a un des plus bas coûts de l’aliment (30,10 euros/quintal contre 32,60 en On peut énoncer six moyens pour que la France regagne sa place : investir pour réduire les coûts et repenser le modèle d’approvisionnement ; disposer un champion de taille européenne, implanté dans plusieurs pays, qui pèserait face à l’anglais 2 Sisters, au néerlandais Plukon ou à l’allemand PHW ; capter des marchés européens en croissance, en investissant à l’Est, particulièrement en Pologne, en Hongrie et en Roumanie ; augmenter la valeur ajoutée des produits par plus d’élaboration et par le marketing ; accentuer l’avance prise sur les poulets différenciés qui occupent le quart du marché français mais seulement 7 % en Europe (dans l’UE, leur part devrait doubler assez rapidement) ; investir hors d’Europe pour capter la croissance de marchés émergents.

« Davantage de valeur ajoutée à l’Ouest de l’Europe, davantage de volume à l’Est »

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