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Des assiettes pour les repros chair

Nourrir uniformément un cheptel de poulets de chair reproducteurs au comportement alimentaire spécifique exige un matériel adapté. La tendance est aux assiettes et aux distributions relevables appréciées par les éleveurs.

Le bon matériel donne 
la chance à tous de 
manger la même chose.
Le bon matériel donne
la chance à tous de
manger la même chose.
© P. Le Douarin

Les souches de poulets de chair à croissance rapide (Cobb, Hubbard, Aviagen…) sont sélectionnées pour leurs capacités à ingérer et à transformer l’aliment avec une efficacité maximale. Comme leurs descendants, les poules et coqs parentaux ont un comportement alimentaire hyperphagique. Nourris à volonté, ces reproducteurs consomment plus d’aliment qu’ils n’en ont besoin pour se reproduire. Ceci se traduit par un surpoids et un état d’engraissement incompatibles avec une bonne qualité de reproduction. Sont alors altérés leur capacité à s’accoupler, leur production d’un sperme de qualité, leur nombre d’œuf pondus. L’efficacité reproductive nécessite le respect d’un gabarit de poids, variant avec l’âge et la souche. Ce poids de forme sexuelle - la sexualité une des expressions du bien-être animal - nécessite que l’éleveur maîtrise les ingérés quotidiens.
Dans ce contexte alimentaire très particulier, le matériel de distribution et son utilisation comptent presque autant que la composition et la présentation de l’aliment. En effet, l’ajustement des quantités exacerbe le comportement hyperphagique au moment de la distribution.
C’est surtout le cas des coqs, plus restreints que les poules, qui ingèrent leur ration quotidienne en quelques dizaines de minutes. Les effets d’une distribution inadaptée sont le risque de bagarres entre coqs dominants et dominés lors du repas, de poules sous- ou sur-consommatrices, de gaspillage et de tri par des oiseaux consommant d’abord les plus grosses particules attractives. Si rien n’est fait pour contrecarrer ces comportements, on observe des quantités consommées différentes, donc des variations de poids préjudiciables à la performance globale du troupeau. Pour l’éviter, le matériel de distribution doit permettre l’accès du plus grand nombre d’oiseaux au même moment.
Dans le passé, on utilisait de simples mangeoires remplies à la main pour les coqs, moins nombreux (6 à 11 % des poules). Elles sont désormais remplacées par des lignes automatisées relevables et munies d’assiettes. Leur efficacité repose sur une répartition homogène d’aliment d’un bout à l’autre de la ligne, couplée à la recherche d’une répartition tout aussi régulière des coqs.
Pour les poules, le matériel privilégié était le circuit à chaîne plate défilant plus ou moins vite dans une goulotte fixe. Un de ses inconvénients était d’entraîner des mouvements de poules à partir du point de démarrage, avec du tri et des variations d’ingestion, donc de poids. Simple d’utilisation, la chaîne plate a encore la préférence de certains techniciens qui gardent la « culture de la chaîne plate ». À condition néanmoins que celle-ci soit à vitesse rapide et relevable (même si le relevage est plus complexe à réaliser). Mais les éleveurs se plaignent de la corvée du démontage et du remontage au vide sanitaire.
La pénibilité, le gain de temps et l’organisation du travail deviennent des critères prioritaires dans des structures de multiplication plus grandes, ayant parfois des salariés. C’est pourquoi, même si cela coûte plus cher et que ce matériel est plus complexe, les éleveurs de reproducteurs se tournent majoritairement vers les systèmes relevables.


Un matériel pour convenir aux reproducteurs mais aussi aux éleveurs


Quatre types de dispositifs sont envisageables : le circuit en boucle fermée avec spire défilante dans une goulotte ouverte (modèle Ultraflo de Chore Time ou Bridomat de Roxell) de plus en plus délaissé au profit des trois suivants ; le circuit avec une spire défilante dans un tube et des assiettes qui se remplissent simultanément puis progressivement (Roxell) ; le circuit avec des pastilles défilantes dans un tube et des assiettes remplies par alternance de vide d’air (Vencomatic) ; enfin la ligne avec une spire tournant dans un tube et des assiettes remplies simultanément (Execo) utilisable sur les coqs avec une autre assiette. Ces trois systèmes ont en commun de fonctionner avec des tubes remplis, ce qui assure une répartition homogène au début du fonctionnement. Ils divergent par la manière de répartir l’aliment à la fin de la distribution. Ces dispositifs sont automatisables : pesée d’aliment, heures de distribution, heures de relevage et descente. Cependant, ils ne doivent pas prendre le pas sur le sens critique de l’éleveur. Plus le matériel est complexe à régler et plus le risque de mauvaise maîtrise technique est important. C’est à l’éleveur qu’il revient d’adapter les capacités du matériel au comportement des oiseaux, différent d’un lot à l’autre, car le contraire se produit plus difficilement.

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