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Dépenses électriques : Comment économiser avec une ventilation dynamique

La ventilation dynamique étant le principal poste de consommation électrique des bâtiments avicoles qui en sont équipés, modifier son système de ventilation peut générer des économies importantes.

Les dernières références techniques sur les consommations électriques des poulaillers remontent à la fin des années 2000. Cela illustre le peu d’importance qui était accordé à l’énergie électrique, comparativement au gaz propane. À l’époque, la part moyenne de l’électricité dans la consommation énergétique avicole était estimée à 13 %, tandis que le gaz propane atteignait 80 %.  Avec des écarts importants liés au type de bâtiment, notamment à la ventilation (statique ou dynamique), et à l’éclairage (naturel ou artificiel).

L’enquête économique annuelle des chambres d’agriculture apporte quelques éléments récents. En 2020, le poids de l’électricité dans les charges d’un poulailler de volailles de chair à ventilation dynamique variait de 37 centimes d’euro par mètres carrés et par lot (en poulet export) à 78 centimes d’euro par mètre carré et par lot (en dinde).

Les dépenses électriques se situaient donc dans une fourchette de 10 à 14 % des charges variables. Si le prix du KW heure double en 2023 pour les éleveurs renouvelant leur contrat au prix fort, que leur restera-t-il pour rémunérer leur travail et leur capital ?

Une solution technique peut être envisagée, mais elle nécessite de réinvestir.

Investir pour économiser 20 à 30 %

Il est possible de modifier un ventilateur ou une turbine à moteur asynchrone conventionnel (type AC) assurent les trois principaux fournisseurs de systèmes de régulation avicoles (Sodalec, Skov, Tuffigo Rapidex). Il y a une dizaine d’années, ces modèles AC équipaient systématiquement les bâtiments neufs. Ils sont alimentés en courant alternatif triphasé et fonctionnent en « tout ou rien ». Une fois équipé d’un modulateur électronique de fréquence, le moteur est alimenté en continu et sa vitesse varie ainsi que sa consommation.

Sur cette cheminée Skov DA 680 ayant un ventilateur EC, le contrôleur de vitesse est placé au-dessus de boîtier bleu. Le moteur EC est positionné au-dessus des pâles, contrairement au moteur standard (pâles en dessous).

Fabrice Poisbeau (Sodalec) et Yannick Le Corre (Tuffigo Rapidex) chiffrent l’économie de consommation électrique entre 20 et 30 %. Mais, le directeur commercial de Sodalec souligne que la transformation n’est pas possible avec tous les moteurs. « Ils vont fonctionner, mais leur durée de vie sera réduite et le risque de dysfonctionnement réel. » Seul le fabricant du moteur peut dire si celui-ci peut être adapté.

« Les produits Ziehl Abbeg que nous utilisons sont modifiables, assure le directeur commercial de Tuffigo Rapidex. En pratique, on installe un variateur de fréquence pour deux ventilateurs, précise-t-il, ce qui facilite la programmation des groupes de ventilation. » Le coût de la transformation est divisé par deux, car un variateur est assez onéreux et peut doubler le prix du ventilateur AC.

Revoir les groupes de ventilation

Le ventilateur le plus économe est celui équipé d’un moteur à commutation électronique (EC), fonctionnant à vitesse et débit variables. Grâce à son meilleur rendement, la consommation d’énergie chute de 50 à 70 % assure Fabrice Poisbeau. « Ça vaut peut-être le coup d’investir directement dans ce matériel », souligne-t-il.

Mais à condition de le faire fonctionner en mode progressif, car à plein régime l’écart de consommation est minime entre un EC et un AC. Or, un ventilateur EC peut coûter 2 à 3 fois plus cher qu’un AC à débit équivalent.

La consommation d’un ventilateur croit beaucoup plus vite que la hausse du débit délivré. Pour obtenir un même débit d’air, il est donc préférable de faire fonctionner deux ventilateurs à 50 % du régime maximal plutôt qu’un seul à 100 %.

 
Dépenses électriques : Comment économiser avec une ventilation dynamique
© Réussir d'après Tuffigo-Rapidex

 

Selon Gwendal Le Crom, responsable technique Skov France, « pour extraire 15 000 m3/h, une cheminée DA 600 (60 cm de diamètre) fonctionnant à 100 % (1 300 tours par minute) requiert une puissance de 800 Watts. Pour extraire 7 500 m3/h, il faut 100 W, donc deux cheminées couplées consommeront quatre fois moins. »

Coupler les ventilateurs nécessite de modifier l’ordonnancement des groupes. Les régulateurs d’ancienne génération, antérieurs au Megavi Connect (Sodalec) ou à l’Avitouch (Tuffigo Rapidex), n’ont pas la souplesse de programmation suffisante.

Fonctionner moteur à mi-régime

Le fabricant danois Skov, qui conçoit aussi ses propres ventilateurs et turbines, assure prendre en compte la consommation électrique avec ses concepts Multistep et Dynamic Multistep. "Tous les moteurs EC se valent", note Gwendal Le Crom.

"Mais ce qui est différenciant, c’est la manière de les utiliser". Skov fait fonctionner ses moteurs entre 50 et 100 %, en jouant sur l’enchaînement des ventilateurs pour coller au mieux aux besoins. « En revanche, on ne descend pas un moteur en dessous de 50 %, car avec une rotation trop faible, le débit réel est perturbé par la dépression intérieure et par le vent extérieur. Pour diminuer le débit, nous utilisons donc un clapet servo motorisé qui réduit le diamètre du conduit, donc le débit, sans perturber le fonctionnement du moteur. »

Avis de Jean-Luc Martin, Tell Élevage

« Commencez par revoir l’étanchéité de votre bâtiment »

 

Jean-Luc Martin, Tell Élevage : « Revoyez l'étanchéité pour que tout l'air aspiré soit utile »

 

« Le nerf de la guerre de l’économie d’énergie, c’est l’étanchéité. Il faut que tout l’air entrant dans un poulailler serve à quelque chose, c’est-à-dire qu’il suive le bon circuit pour avoir le temps de se réchauffer et de capter l’eau à évacuer. Ce n’est pas possible lorsqu’il y a des entrées d’air parasites. Une ventilation est bonne quand tout l’air entrant est utilisé. Ensuite il faut revoir les autres paramètres de la ventilation : comment l’air entre dans le bâtiment (épaisseur de la veine, longueur parcourue), comment optimiser les circuits d’air pour balayer toute la zone de vie des volailles, comment retravailler l’extraction pour ne pas être en situation de sous ou de surventilation. Pas mal de ventilations « en tout ou rien » ont tendance à surventiler, ce qui occasionne du gaspillage (consommation des ventilateurs, surcoût de chauffage). La recherche des économies d’énergie est l’occasion de revoir sa manière de travailler. Je suis convaincu qu’il est possible de réduire sa facture énergétique tout en maintenant ses performances, voire de les augmenter. L’avenir de la ventilation passe par des systèmes d’assistance par intelligence artificielle qui reposeront sur l’analyse des données et sur des préconisations en temps réel, plus poussées que celle des régulateurs actuels. »

 

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