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[Covid-19 ] Deux laboratoires d'analyses vétérinaires privés sont prêts à réaliser les tests PCR

Un décret du 5 avril 2020 permet aux laboratoires d'analyses biologiques vétérinaires de venir renforcer la capacité de la France à réaliser des analyses de dépistage du coronavirus Sars-Cov 2.

Les laboratoires d'analyses vétérinaires Bio Chêne Vert et Résalab Ouest sont prêts à faire les analyses PCR de détection du Sars-Cov 2
© Bio Chêne Vert

« Nous étions volontaires pour réaliser des tests PCR de détection du coronavirus du covid 19. Maintenant  nous sommes prêts à les faire et nous attendons d’être mandatés par les autorités sanitaires, résume Jean Dudouyt, le président de l’Association française des laboratoires de biologie vétérinaire (Aflabv), après la parution d’un décret les y autorisant. Nous avons de bons plateaux techniques pouvant être mis à disposition de la lutte contre le covid 19. »

L’Aflabv, qui regroupe les entreprises privées d’analyses vétérinaires, était à la manœuvre avec le syndicat de l’industrie du médicament et réactifs vétérinaires (SIMV) pour persuader les autorités d’intégrer les entreprises du secteur vétérinaire dans le dispositif de lutte contre le covid 19. Ils étaient appuyés par l'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France.

Le décret du 5 avril 2020, précédé des déclarations du ministre de la santé Olivier Véran à l’assemblée nationale le 1er avril,  ont confirmé l’engagement solidaire des laboratoires vétérinaires et  des fabricants de tests de diagnostics. Ils attendaient ce feu vert depuis plus de trois semaines.

Lire aussi : [Coronavirus] L'Etat refuse que les laboratoires vétérinaires réalisent des tests Covid-19

Un recours très encadré

Trois catégories d’établissements sont potentiellement concernées :

  • environ 80  laboratoires départementaux agréés qui dépendent et sont soutenus par des collectivités territoriales (départements et régions),
  • les laboratoires privés, accrédités selon la norme ISO/CEI 17025,
  • les laboratoires de recherche affiliés à un établissement public.

Leur intervention sera très encadrée et ne concernera que la phase analytique.

Ils réaliseront les analyses PCR si les laboratoires de biologie médicale ne sont pas en mesure de les faire et ils devront avoir été mandatés par le représentant de l’Etat de leur département (ARS).

Ils seront sous la tutelle d’un laboratoire d’analyses de biologie médicale avec qui ils auront passé une convention. Celui-ci fera les prélévements, leur fournira les échantillons bruts et ils lui rendront leurs résultats.

 Ils ne sont en aucun cas habilités à recevoir du public.

Par ailleurs, un autre décret précise qu’en cas de besoin, ces laboratoires pourront être réquisitionnés par l’Etat pour fournir du personnel et des équipements aux laboratoires de biologie médicale.

Lire aussi :Tests-covid-19-les-laboratoires-danalyses-veterinaires-arrivent-la-rescousse

Deux laboratoires d’analyses de biologie vétérinaire se sont organisés

Deux des quatre laboratoires vétérinaires privés potentiellement intéressés se sont portés candidats : un dans les Pyrénées-Atlantiques (Bio Chêne Vert à Arzacq-Arraziguet) et un en Vendée (Résalab Ouest aux Herbiers). « Dans cette perspective, nous avons prévu une réorganisation du laboratoire explique Jean Louis Pinsard, directeur de Bio Chêne Vert. Le laboratoire d’Arzacq qui réalise 75 % de son activité en PCR (notamment la recherche du  virus influenza aviaire)  est soutenu par la mairie, le laboratoire d’analyses industrielles ABioC, le cabinet vétérinaire Abiopole et par le  laboratoire médical Biopyrénées de Pau. Un bel exemple de solidarité.» Il estime qu’il sera possible de réaliser 800 à 1000 tests PCR par jour, voire plus avec une optimisation de l’organisation. Quant au site vendéen, Jean Dudouyt situe sa capacité à 300-500 PCR par jour au minimum.

Malgré tous ces efforts, il n’est pas certain que ces deux laboratoires soient sollicités car ils sont situés dans deux régions où le virus est modérément présent. Les régions qui pourraient en avoir le plus besoin (Hauts de France, Ile de France, Grand Est) ne disposent pas de ces équipements dédiés à la surveillance des nombreux élevages du sud-ouest et des pays de Loire.

Manque de réactifs

Pour démarrer, il manque aussi de kits de prélèvement que le monde entier recherche. En France, peu de kits Sars- Cov 2 sont validés. Le laboratoire Roche Diagnostics fournit le réactif, mais il n’est utilisable que sur les appareils à sa marque. Le kit Bio Mérieux « ouvert » à tous les appareils est en cours de mise au point.

Les laboratoires privés pourraient également réaliser les tests sérologiques qu’ils ont l’habitude de faire quotidiennement et par milliers. Ils maîtrisent la sérologie ELISA, réputée plus sensible et plus spécifique que les tests rapides qui semblent avoir la faveur actuellement. Ces tests sérologiques seront indispensables à la réussite du déconfinement et à la compréhension de la circulation du virus.

Jean Dudouyt doute qu’il leur sera fait appel, dans la mesure où le secteur de la biologie humaine dispose de capacités d’analyses très importantes.

 

Lire aussi :Covid-19 : quelles mesures s'appliquent aux vétérinaires ?

Lire aussi :Covid-19-les-veterinaires-solidaires-pour-aider-les-hopitaux

 

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