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Cocorette tisse sa toile en Bretagne

Déjà implanté en Bretagne avec trois élevages en propre, le groupe Cocorette a démarré son premier élevage sous contrat avec un poulailler de 27 000 poules en plein air situé dans les Côtes-d’Armor.

Né dans la région Nord-Pas-de-Calais, le groupe Cocorette est issu de l’absorption de la société Cocorette par sa voisine Œuf Nord Europe en janvier 2016. Son PDG, Pascal Lemaire, a l’ambition d’en faire un leader national pour approvisionner les GMS en œufs coquille alternatifs. Il s’appuie sur ce qui reste du réseau de franchisés développé par les précédents dirigeants de Cocorette, notamment dans le Sud-Ouest et le Sud-Est. Ainsi que sur des implantations dans les régions de consommation ou de production historique comme la Bretagne. En ce qui concerne la région grand Ouest, les franchisés locaux ont disparu et Cocorette construit un nouveau dispositif. Depuis 2016, Pascal Lemaire a racheté trois sociétés d’élevage bretonnes totalisant 550 000 poules (y compris en code 3) et détenant des outils industriels (centre de conditionnement et casserie). Et depuis plusieurs mois, le groupe cherche un ancien site industriel où implanter son futur centre de conditionnement. L’ancien abattoir de porcs Gad (Finistère) est sur la liste. Et c’est fin janvier, à l’occasion d’une porte ouverte, que Pascal Lemaire a annoncé son nouveau partenariat avec la coopérative Even, plus connue pour ses activités laitières (marque Laïta). « Nous étions déjà un client d’Even qui nous livrait des œufs, explique le PDG. De ce fait, nous les avons associés à notre projet. » Il faut dire que les autres coopératives sont des concurrents directs (groupe d’Aucy, Triskalia, Le Gouessant). Comme c’est déjà le cas dans d’autres régions, la coopérative finistérienne est entrée en minorité au capital de Cocorette. Elle va assurer le développement en recrutant des éleveurs partenaires, en faisant fructifier et évoluer le million de poules en portefeuille.

La garantie de terminer d’amortir le code 3

Cocorette n’a pas dévoilé ses objectifs de volumes. « Tous les types de projets et toutes les tailles nous intéressent », résume Jean-Louis Creach, le technicien d’Even en charge du développement. « Nous sommes pour la liberté de choix du porteur de projet, renchérit Pascal Lemaire qui constate des choix différents selon les régions et les structures d’exploitation. Soixante pour cent des éleveurs déjà partenaires d’Even sont des indépendants qui lui achètent l’aliment, tandis que la coop vend leurs œufs. L’éleveur va contracter avec Cocorette et non Even, via la SAS Ovum. Créée fin 2016 et basée en Bretagne, cette société de commerce de gros revend les œufs à Cocorette. Dans ce schéma, l’éleveur n’est pas intégré ; il achète son aliment à Even(1) et ses poulettes à qui il veut. Ce sera le cas de Christophe Ollivrin, trente ans, qui s’est installé début 2017 pour construire un nouvel élevage de 27 000 poules en plein air, avec caillebotis. Il est aussi fils d’éleveur, ce qui a beaucoup pesé. En effet, son père Didier lui cédera son affaire de 43 000 poules en cage d’ici un ou deux ans. Or, Didier Ollivrin a investi 600 000 euros en 2011 pour changer ses cages, « Nous avons la garantie qu’Ovum rachètera nos œufs de code 3 encore quatre ans jusqu’à la fin du prêt. Ce n’était plus le cas avec mon partenaire précédent qui nous demandait de transformer ce poulailler au plus vite. » Cet accord permet donc à Christophe d’investir en deux temps afin d’attendre de voir comment va évoluer le marché. « Dans quatre ans, je déciderai comment transformer ce poulailler sans être sous pression. »

(1) Depuis le rachat en 2017 de l’usine Even-Richard Nutrition animales d’Hennebont (56) par Sanders Bretagne, l’aliment est fabriqué dans quatre sites appartenant à Sanders Bretagne ou à Triskalia

Bâtiment statique avec jardin d’hiver

Le poulailler de Christophe Ollivrin comporte deux salles de 70 m de long par 21 m de large séparées par la zone de stockage, emballage et locaux techniques. S’ajoute un jardin d’hiver additionnel de 4 m (avec une charpente séparée) donnant accès au parcours. L’éleveur ne souhaitait pas une seule salle de 130 m, même s’il estime le surcoût aux environs de 2 euros la place, sur les 35 investis hors foncier. Cette configuration permet d’accueillir environ 13 500 poules par salle en mode plein air ou éventuellement 9000 s’il fallait passer en bio. Le parcours de 11 ha peut aussi être augmenté de 8 ha. Christophe a choisi une ventilation statique avec lanterneau, plus deux turbines en secours en cas de forte chaleur. Néanmoins, le bâtiment est équipé d’une régulation Avitouch pour gérer aussi la pesée d’aliment (silo sur jauges de contraintes). La structure du bâtiment est métallique avec panneaux sandwich du sol au plafond (concept C-Lines). En ce qui concerne l’équipement, Christophe a choisi un pondoir Van Gent à deux niveaux, et des caillebotis de même marque, « en bois ou plastique pour comparer » souligne Christophe. La grande largeur a rendu nécessaire la superposition des nids. Tout le matériel, cinq chaines plates Big Dutchman et quatre lignes de pipettes d’alimentation, est relevable. Disposé sur le caillebotis (deux x7 m de large), il remplit cet espace d’autant que les perchoirs sont solidaires des mangeoires. Pour accéder aux pondoirs, l’éleveur doit enjamber sept obstacles. Le gisoir de 4,5 m se trouve d’un seul côté des pondoirs, opposé aux trappes de sortie. L’accès au jardin d’hiver (et au parcours) se fait donc à partir du caillebotis, ce qui impose des rampes de descente (caillebotis de 0,9 m de haut). Coté financement, Christophe a emprunté sur 15 ans avec le Crédit Agricole pour investir presqu'un million d’euros, avec un contrat de sept ans avec Ovum. Il devrait toucher une aide PCAE de 30 000 euros.

 

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