Aller au contenu principal

Cinq priorités pour dorloter le chapon fermier

L’élevage rentable du chapon fermier label rouge impose un suivi rigoureux durant lequel la qualité des observations est primordiale. Production d'une volaille haut de gamme en cinq points.

Comme des athlètes surentraînés, les chapons doivent évoluer dans un environnement aussi stable que possible.
Comme des athlètes surentraînés, les chapons doivent évoluer dans un environnement aussi stable que possible.
© Association du Poulet de Janzé

Grâce aux qualités organoleptiques que lui confère la castration, le chapon de poulet, dégusté aux fêtes de Noël, est considéré comme un mets d’exception . Son mode d’élevage a quasiment traversé intact les générations. Cependant, pour toucher plus de consommateurs, il a fallu l’adapter aux techniques d’élevage actuelles et aux impératifs économiques. Produire du chapon aujourd’hui, c’est mettre son savoir-faire au service d’une production de haute qualité, tout en atteignant des ratios économiques. Ainsi, à temps d’occupation égal, la valeur ajoutée d’une bande de chapons labellisés doit au minimum égaler celle de deux bandes de poulets label rouge.
C’est possible à condition de minimiser la mortalité, notamment de réussir le chaponnage réalisé par des spécialistes aguerris, de fournir un animal de belle présentation et d’arriver au poids répondant aux attentes de l’abattoir (4,3 à 4,5 kg de poids vif), tout en maîtrisant l’indice de consommation.
Pour établir la check-list des points à maîtriser, nous avons rencontré Jean-René Grelier,  en visite à la coopérative Périgord Aviculture. Le technico-commercial du sélectionneur Sasso venait voir les coqs castrés T451NI, des cous nus jaunes.


1 - Tenir compte d’un timing serré


Dans un bâtiment type de 400 m2, l’éleveur peut démarrer jusqu’à 2 500 chapons. Pour amortir les coûts, la notice technique INAO autorise de compléter l’effectif par des femelles, jusqu’à 4 400 volailles. À condition de les séparer des coqs, dans et à l’extérieur du poulailler.
L’âge réglementaire minimal d’abattage d’un chapon label rouge est de 150 jours. Pour atteindre l’objectif économique, la durée effective d’élevage doit en être proche.  « Au-delà, la consommation d’aliment devient pénalisante économiquement », justifie Jean-René Grelier, ce qui réclamerait de concentrer les mises en place à la mi-juillet. En pratique, elles sont étalées pour les accouveurs et les  chaponneurs. « Les cinq mois de présence ne souffrent aucun écart technique », ajoute Jean-René Grelier, car , vu le prix, il faut délivrer un produit conforme aux attentes d’une clientèle exigeante.


2 - Donner du confort et éviter les stress


Comme des athlètes surentraînés, les chapons doivent évoluer dans un environnement aussi stable que possible. La conduite du troupeau réside presque en un suivi individualisé. Les animaux doivent bénéficier de très bonnes conditions de confort : faible densité après le troisième mois (6,25 individus par mètre carré intérieur au maximum) ; lumière naturelle maîtrisée pour éviter les griffures ou le piquage ; litières bien entretenues pour protéger le bréchet et les coussinets plantaires ; parcours ombragés, attractifs et de qualité pour éviter les accidents de pattes. La castration a bien entendu été réalisée par des chaponneurs professionnels respectueux du bien-être animal.


3 - Peser régulièrement et surveiller l’homogénéité


« Avec son plumage valorisant, il ne faut pas se fier à l’aspect d’un chapon, souligne Jean-René Grelier. Il peut être beau, mais plus léger qu’attendu. » La pesée hebdomadaire de 40 à 60 sujets est indispensable. Elle permet de freiner ou d’accélérer la consommation et de vérifier l’homogénéité. « Les pesons automatiques sont chers et difficilement amortissables », estime Jean-Pierre Dupuy, le président de Périgord Aviculture. Pour François Cessac, le technicien de la coopérative, « la pesée manuelle incite à manipuler régulièrement ses animaux, et donc à les observer ».

4 - Pratiquer le vide de chaîne quotidien


Faire vider les chaînes d’alimentation contribue à homogénéiser le lot. La coupure à heure fixe oblige les animaux à consommer les particules au fond des mangeoires. Les volatiles vont ensuite gratter et picorer dans la litière, contribuant à son entretien. Cette méthode a deux avantages, précise François Cessac. « En évitant le gaspillage, l’indice de consommation est amélioré. Et cela permet de distribuer de l’aliment frais. »


5 - Piloter la croissance et adapter l’aliment


Jusqu’à soixante-dix jours, l’éleveur privilégie une croissance lente, afin que l’animal développe un squelette capable de porter la future masse corporelle. « Un aliment de type coq repro serait idéal », estime Jean-René Grelier. Au-delà de soixante-dix jours jours, le pilotage de la croissance passe par la maîtrise de l’aliment, sachant que les oiseaux ne sont pas rationnés. La formulation est proche de celle d’un aliment de poulet label. L’éleveur joue sur la présentation (miette, farine, granulé), sur la composition et sur le temps de consommation. Plus l’aliment est structuré, plus sa consommation est rapide et plus la quantité ingérée s’accroît. Si besoin, on allonge le temps de consommation, précise François Cessac. « L’objectif technique a été atteint lorsque l’indice de consommation est égal au poids final », considère Jean-René Grelier.

Une journée technique

Le 30 janvier 2015, la Sasso organise à Mont-de-Marsan (40) une journée technique dédiée à l’élevage du chapon. Elle réunira des techniciens des groupements de production de volailles fermières et de chapons chargés ensuite de relayer leurs conseils aux éleveurs.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Aviculture.

Les plus lus

Thierry Poincloux sur le merlon en terre masquant son élevage. Sur cette parcelle idéalement placée, rien ne laissait présager une opposition malgré tout restée limitée.
« Ne jamais préjuger de la facilité à monter un projet de poulailler»
Tristan Poincloux a défendu bec et ongles son autorisation d’exploiter face à un adversaire déterminé. Il est aujourd’hui…
Le premier site a été installé avant l'été en Loire Atlantique sur un parcours de canards .
Un nouvel agrivoltaïsme sur les parcours de volailles
Associant agroforesterie et photovoltaïque, la jeune société NovaFrance Energy fait le pari de séduire les éleveurs de plein air…
Chaque circuit d'assiettes en boucle compte deux descentes d'aliment pour une meilleure régularité de la distribution.  © A. Puybasset
Une vaste poussinière de 3200 m2 pour futurs repros chair
À l’EARL Chevillard, le bâtiment neuf, dynamique et obscur, est équipé pour atteindre une parfaite maîtrise de l’homogénéité des…
Les appréhensions légitimes du voisinage peuvent être aplanies par de patients efforts de communication en amont du projet de création ou d'extension.
Communiquer sur son projet d’élevage
De nombreux projets de créations ou d’extensions d’élevages génèrent des inquiétudes dans leur voisinage, lesquelles peuvent…
Défense de l'élevage : l’Anvol appelle les Français à se mobiliser pour les volailles françaises
L’interprofession de la volaille française (Anvol) appelle tous les acteurs de la société française à soutenir le secteur…
Apprécier le niveau de souffrance et la capacité à recouvrer assez vite un état quasi normal.
Comment décider de la mise à mort des volailles
L’Itavi et le monde vétérinaire, représenté par la SNGTV, ont édité un arbre décisionnel, qui permet à l’éleveur confronté à un…
Publicité
Titre
je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)