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Cinq éleveurs évaluent leur volière

Comme en témoignent cinq producteurs équipés depuis au moins trois ans, la réussite technique des poules pondeuses en volière passe par une bonne préparation des poulettes, une présence assidue jusqu'au pic de ponte et des équipements performants.

La réussite technique des poules pondeuses en volière passe par une bonne préparation des poulettes.
La réussite technique des poules pondeuses en volière passe par une bonne préparation des poulettes.
© P. Le Douarin

Venu des pays d'Europe du Nord, notamment de l'Allemagne et des Pays-Bas, l'élevage en volière, avec des oiseaux sur plusieurs niveaux, s'est surtout développé en France depuis 2009-2010. Faute de nomenclature « volière », on ne connaît pas le nombre de bâtiments équipés. Avec un parcours, la volière est classée en catégorie « plein air » (code 1) ; sans le parcours, elle se retrouve en catégorie « sol » (code 2). Ces dernières années, les volières se sont surtout développées dans l'Est, le Nord et l'Ouest, avec des unités types de 30 000 places. Selon le principal équipementier, l'effectif national approcherait les 3 millions.
La volière requiert une conduite différente de la cage aménagée et de l'élevage sur un seul niveau, où la poule est toujours proche du nid, des points d'alimentation et d'eau. Avec la troisième dimension, la poule retrouve des conditions proches de la jungle de ses ancêtres. « Il y a des étapes précises à réussir absolument », explique le responsable d'une organisation de production. La volière nécessite davantage de rigueur, autant en poulette qu'en pondeuse. Après des échecs, les professionnels ont pris conscience de la nécessité de poulettes élevées « en 3 D ». En bâtiment de ponte, des progrès ont été faits dans la gestion du lot, l'adaptation des équipements (accès aux étages et aux zones de vie), l'organisation et le confort de travail, notamment la maîtrise des poussières. Les utilisateurs interrogés ne s'en plaignent pas. Ils ont pour la plupart appliqué des techniques de réduction du taux de poussière que recommande une étude de l'Anses.

Un mauvais démarrage est difficile à rattraper

« Ce n'est plus le même métier, explique une productrice d'oeufs en cage, passée à la volière. Il faut aimer être au contact des volailles, être très observateur et accepter de passer beaucoup plus de temps dans la salle d'élevage, surtout au démarrage et à la montée en ponte. » Quant aux données technico-économiques, elles restent encore confidentielles, compte tenu des enjeux concurrentiels. Selon l'Itavi et l'institut néerlandais LEI, le surcoût de production est de 7 % en cage et de 22 % en volière sans parcours par rapport à la cage d'avant 2012. En temps de crise, le consommateur français voudra-il payer l'écart de 15 % pour assurer un meilleur bien-être aux poules ? De cette réponse dépend l'avenir de la volière.

Au sommaire du dossier :

 

p.14 - « 80 % du succès vient de l'élevage des poulettes »
Viviane Tardivel, éleveuse à Saint-Gilles Pligeaux dans les Côtes-d'Armor
p.16 - « Une productivité supérieure par poule »
Pierre Hurst, installé à Griesheim-sur-Souffel dans le Bas-Rhin
p.18 - Des résultats techniques « à la hauteur »
Emmanuel Merceron, producteur dans les Deux-Sèvres
p.18 - « L'équipement le plus simple est le meilleur »
Gilles Hermann, installé à Witternheim dans le Bas-Rhin
p. 20 - « Les progrès se poursuivent »
Didier Carfantan, installé à Hénansal dans les Côtes-d'Armor

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