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« Avec la vaccination in ovo, j’achète ma tranquillité »

Chez Colette Faucheux, le vaccin Gumboro est administré au couvoir. Un choix pour sécuriser sa production et son confort de travail.

Colette Faucheux et Christelle Barbier, technicienne Huttepain Bretagne à sa droite : "En confiant la vaccination Gumboro au couvoir, je me simplifie la tâche et n'ai plus la crainte de mal faire."
© A. Puybasset

Voici deux ans que les poulets certifiés de Colette Faucheux sont vaccinés in ovo au couvoir pour les protéger contre la maladie de Gumboro. Désormais elle ne réalise plus aucune vaccination en élevage, le vaccin bronchite infectieuse se faisant également au couvoir sur les poussins d’un jour. Elle ne reviendrait pas en arrière. « Cela me simplifie la tâche. Je n’ai plus la crainte de mal faire. J’ai l’assurance que les poussins ont été bien vaccinés », résume l’éleveuse. Installée à Balazé en Ille-et-Vilaine, elle exploite avec son mari un élevage laitier ainsi qu’un poulailler de 1200 m2, en production certifiée de 56 jours. « Avec 4 à 5 lots par an, on peut facilement oublier l’une des étapes à respecter pour bien réussir sa vaccination. » Ce que confirme Christelle Barbier, technicienne du groupement Huttepain Bretagne. « Les échecs de vaccination par l’eau de boisson sont souvent liés au fait que chaque poussin n’a pas reçu une dose complète de solution vaccinale (absence de purge du réseau, abaissement non simultané des lignes d’eau…). En confiant cet acte aux couvoirs, qui vaccinent régulièrement et qui ont des procédures de contrôles, on a davantage l’assurance que chaque poussin a bien reçu une dose de vaccin. » Colette Faucheux n’y voit que des avantages. « Je n’ai plus à penser à couper puis à remettre en route le système de désinfection de l’eau, qui sert par ailleurs pour l’élevage laitier. Plus besoin non plus d’aller au laboratoire d’analyses pour la sérologie. La date de vaccination tombait souvent un jour où nous étions peu disponibles. Le temps de gagné compense en partie le surcoût », estime-t-elle.

Un surcoût à relativiser

Car c’est souvent l’aspect financier qui freine les éleveurs à passer à la vaccination in ovo. L’écart de prix entre un vaccin in ovo (1) et un vaccin chaud par eau de boisson, sérologie comprise, est d’environ 10 euros/1000 poussins, soit 240 euros pour un bâtiment de 1200 m2. Ce montant ne tient pas compte du coût de main-d’œuvre pour la vaccination en élevage. « Bien vacciner nécessite d’y passer du temps. Il faut compter trois heures par bâtiment pour assoiffer les animaux, préparer la solution vaccinale, surveiller la bonne distribution… C’est du temps que l’on peut consacrer ailleurs », souligne Stéphanie Castagnos, du laboratoire Ceva. Ceci est d’autant plus vrai pour les élevages avec plusieurs bâtiments conduits en bande unique, où les éleveurs cherchent en permanence à optimiser leur temps de travail. « Avec les bâtiments de grande taille (2000 m2 et plus), il arrive que les poussins viennent de plusieurs parquets de reproducteurs, avec des taux d’anticorps maternels différents. Difficile dans ces conditions de choisir une date de vaccination optimale », ajoute Christelle Barbier.

Une maladie subclinique sous-jacente

Le groupement Huttepain Bretagne incite ses éleveurs de poulets certifiés à passer à la vaccination Gumboro au couvoir. En poulet lourd, une étude comparative a été réalisée en 2018 et a porté sur près de 3.5 millions de sujets. "Elle a montré des performances technico-économiques équivalentes par rapport à un vaccin administré par l’eau de boisson et confirmé l’intérêt de la vaccination au couvoir sur l’efficacité du travail, en particulier dans les sites de plusieurs bâtiments", en conclut Jean-Lou Le Guellec, animateur technique. La maladie de Gumboro s’exprime le plus souvent sous sa forme subclinique avec une incidence sur le poids, l’indice de consommation et la mortalité. Avec ces signes non-spécifiques, elle peut passer inaperçue. « Avec la vaccination in ovo, on ne recherche pas forcément à améliorer les performances mais on se donne toutes les chances d’exprimer au mieux le potentiel des animaux », souligne Stéphanie Castagnos. En poulets standard et lourd, en particulier, les éleveurs ne peuvent pas se permettre d’avoir des sous-performances, pour la rentabilité de l’élevage mais aussi pour répondre aux attentes de l’abattoir en termes de poids et d’homogénéité des lots. »

(1) Cas du vaccin Transmune de Ceva

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