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Autoconsommer l’électricité photovoltaïque est rentable en volailles

Avec la hausse du coût de l’électricité, autoconsommer l’électricité photovoltaïque est encore plus rentable, quel que soit le type d’installation, en autoconsommation totale ou avec vente en surplus.

La centrale photovoltaïque installée en toiture est celle qui offre la meilleure rentabilité.
La centrale photovoltaïque installée en toiture est celle qui offre la meilleure rentabilité.
© A. Puybasset

« La rentabilité d’une centrale photovoltaïque en autoconsommation est démontrée depuis longtemps. Depuis l’augmentation du prix de l’électricité, elle est encore plus évidente, et ceci quels que soient les schémas d’installation choisis : centrale photovoltaïque sur toiture, panneaux au sol ou tracker, en autoconsommation totale ou avec vente en surplus », explique Régis Le Carluer, responsable de l’équipe Énergie des chambres d’agriculture de Bretagne.

 

 
Régis Le Carluer, de la chambre d'Agriculture de Bretagne : « Les récentes études technico-économiques réalisées lors de projets d'autoconsommation photovoltaïque par le pôle Énergie montrent un taux de rentabilité interne (TRI) très élevé et un temps de retour sur investissement bien en dessous de dix ans par rapport à 2021. » © A. Puybasset
Il est difficile d’avancer des chiffres précis de rentabilité car celle-ci est à étudier au cas par cas et dépend de nombreux facteurs tels que le profil de consommation de l’exploitation, le prix et le dimensionnement de l’installation, le prix de l’électricité des fournisseurs, la possibilité de vendre l’électricité non consommée et les frais de raccordement associés en cas de connexion au réseau Enédis atteignant selon les cas 5 000 à 15 000 euros. « Les retours sur investissement peuvent être très rapides, notamment dans le cas d’une exploitation ayant des consommations électriques élevées (puissance supérieure à 36 kVA) et confrontée à un coût du kWh d’électricité achetée multiplié par trois à cinq fois. Les récentes études technico-économiques réalisées lors de projets par le pôle Énergie montrent un taux de rentabilité interne (TRI) très élevé et un temps de retour sur investissement bien en dessous de dix ans par rapport à 2021. » Ces résultats sont à prendre avec précaution car ils sont basés sur un prix de l’électricité élevé, avec un retour espéré du prix du kWh acheté à un niveau raisonnable d’ici deux à trois ans. « De plus, pour cet hiver, l’État est en train de mettre en place un dispositif d’aide directe sur des prix plafonds du kWh afin d’amortir le choc », précise-t-il.

 

La centrale sur toiture plus rentable

À condition d’avoir la capacité de financement, l’éleveur a donc tout intérêt à investir dans l’énergie photovoltaïque pour gagner en autonomie énergétique et s’affranchir des fluctuations du marché de l’électricité. Il reste à choisir le schéma qui lui convient le mieux. « La centrale installée en toiture est celle qui offre la meilleure rentabilité. » Cela s’explique par la double fonction du toit, support pour l’activité agricole et pour la production d’énergie. Cette solution nécessite toutefois pour l’éleveur de se former et de passer du temps au management du projet (il faut compter une année). « Le tracker offre une meilleure production d’électricité par mètre carré de panneau mais il est moins rentable (coût du mat et des moteurs). Ce type de projet est en revanche plus rapide et plus simple à gérer qu’en toiture (pas de démontage de charpente). La rentabilité des installations au sol est intermédiaire mais sa dimension est limitée par la surface disponible autour des bâtiments. Elle convient davantage pour des poulaillers peu consommateurs, de type label. »

La vente en surplus à privilégier en volailles

Dans le cas d’un projet avec autoconsommation totale, la taille de l’installation photovoltaïque doit être précisément calibrée pour que toute l’électricité produite soit consommée, sinon elle est perdue. Attention à ne pas surdimensionner au risque de pénaliser la rentabilité ! À l’inverse, dans le cas d’une autoconsommation avec vente en surplus, on cherche à maximiser la surface disponible en photovoltaïque. Dans cette configuration, toute l’électricité produite est valorisée, soit pour l’autoconsommation, soit par la vente de l’électricité en contrat d’achat sécurisé à EDF ou sur le marché de l’électricité. La vente en surplus est devenue économiquement intéressante depuis un décret d’octobre 2021 sur l’obligation d’achat avec un tarif fixé par l’État. Cette solution est réservée aux installations sur toiture (1) jusqu’à 500 kWc. « Elle est à privilégier en production de volailles, du fait de profils de consommation plus irréguliers au cours de la journée (besoins de ventilation plus élevés l’après-midi) et des lots (démarrage, vide sanitaire). » Pour les installations en tracker et au sol, il est aussi possible de valoriser l’électricité produite non consommée en passant un contrat de gré à gré avec un fournisseur privé, comme le propose le fabricant de trackers OKwind.

Des subventions sont disponibles selon les régions. En Bretagne, l’aide dans le cadre du PCAEA 412 est réservée aux projets en autoconsommation totale (taux d’autoconsommation > 80 %) et représente 40 % de l’investissement (aide plafonnée à 12 000 euros).

(1) Et aux ombrières de parking

Eco

Le coût d’une centrale photovoltaïque sur toiture se situe autour de 80 000 à 85 000 euros pour 100 kW, hors travaux de mises en réseau qui peuvent atteindre 5 000 à 15 000 euros selon les cas.

Après avoir été divisé par cinq entre 2008 et 2018 (environ 70 000 euros en 2020), le coût des centrales photovoltaïques a réaugmenté depuis la crise Covid et l’inflation du prix des matériaux.

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