Aller au contenu principal

Armor œufs met le cap sur l’œuf alternatif

En créant une section œuf alternatif, le groupement des producteurs bretons d’Avril marque son engagement sur la voie de la conversion des élevages standard.

Sans foncier suffisant, les bâtiments de code 3 transformés en code 2 avec une volière devront obligatoirement disposer de lumière naturelle et de jardins d'hiver a annoncé Éric Philippe, le responsable de la branche œuf d'avril.
© P. Le Douarin

Nous sommes tous de potentiels éleveurs de poules en mode alternatif », affirmait Franck Picard le 19 avril, dans son rapport moral lors de l’assemblée générale du groupement qu’il préside. Après les interrogations et les doutes, les éleveurs bretons ont compris que le mouvement était irrémédiable et qu’ils devaient s’adapter. C’est pourquoi, une section œuf alternatif (plein air et bio) vient d’être constituée, avec déjà 38 éleveurs plein air. Quant aux 57 éleveurs en code 3 (4,7 millions de poules), ils ont des décisions à prendre rapidement, suite à l’accélération en 2016 de la demande d’autres modes de production, en coquille et en ovoproduits. Le recul du code 3 est déjà violent en GMS, avec moins 5,8 % en volume et moins 8 % en valeur. Éric Philippe, le responsable de la branche œuf d’Avril, estime que la part du code 3 vendu par Matines tombera de 71 % en 2016 à 34 % en 2022 (de 88 % à 42 % pour les ovoproduits Ovoteam), tandis que le code 1 augmentera de 17 % à 41 % en coquille (de 5 % à 53 % en ovoproduits). Prévu à 10 % de part de marché en 2025 (1,4 % aujourd’hui), l’avenir du code 2 sol n’est pourtant pas garanti, « tant que des contrats avec de gros clients ne seront pas conclus », souligne Éric Philippe, qui veut éviter une nouvelle impasse pour les éleveurs. De toute manière, l’élevage sous code 2 sera un « sol plus » avec lumière naturelle et jardins d’hiver, afin de réduire la concurrence avec des œufs « minimalistes » importés.

Deux millions de poules en moins en cage d’ici 2022

Pour Sanders Bretagne, les prévisions de réduction de poules en cage sont d’un million en 2019 et de deux millions en 2022, tandis que le cheptel alternatif (sol inclus) devrait augmenter de 1,4 et de 2 millions ces mêmes années. « La production doit s’adapter avec un bon timing, souligne Éric Philippe. La transformation se déroulera en concertation entre l’amont et l’aval en tenant compte de la situation de chacun. » Sanders Bretagne a ainsi évalué les capacités et les niveaux de remboursement résiduel des adhérents. L’encours global est de 50 millions d’euros et il sera encore de 20 millions en 2022.

Avril accompagnera ses éleveurs selon deux modalités. À ceux disposant de foncier ou de cages transformables (en "sol plus"), de nouveaux contrats adaptés seront proposés. Quant aux autres, le contrat sera reconduit annuellement selon l’état du marché, sans doute à la baisse. À moyen terme, il leur faut aussi envisager un arrêt du code 3 (avec une aide éventuelle dans le cadre du futur contrat sociétal d’avenir) ou une évolution vers le « sol plus ».

Pour renforcer ce qui restera de l’œuf standard, Éric Philippe annonce la mise en place rapide d’une certification bien-être animal chez 400 éleveurs partenaires en France. « Nous devons être irréprochables pour continuer à défendre l’œuf standard français. » Elle apportera aussi plus de contenu à la communication sur l’œuf. Matines va aussi lancer le « club des éleveurs engagés » qui apparaîtront sur les visuels de communication, y compris en œufs alternatifs.

Les plus lus

<em class="placeholder">Le bien-être animal et l’environnement sont rarement cités comme priorités premières, non par désintérêt, mais parce qu’ils sont perçus comme déjà intégrés ou ...</em>
Une perception plurielle des éleveurs de volailles face aux enjeux sociétaux

Bien-être animal, environnement, lien avec la société… Le projet Entr’Actes montre comment les éleveurs de volailles…

<em class="placeholder">SBV a engagé un programme d’investissement de 60 millions d’euros pour augmenter de 100 000 poulets par semaine sa capacité hebdomadaire d’ici 2028.</em>
Le pôle breton du groupe volailler LDC accélère sa transformation pour valoriser l’origine France

La Société bretonne de volailles développe ses capacités et son offre de produits et services en poulet, dinde, canard et…

<em class="placeholder">Très automatisé, l’atelier découpe a une cadence de 6 000 poulets par heure.</em>
Le site Celvia poulet se prépare à augmenter sa production

Visite en images du site Celvia poulet de la Société bretonne de volailles qui se prépare à une phase d'investissements.

Bâtiment jeunes poulets avec plateforme
BroilerNet : Les bonnes pratiques d’élevage en poulet de chair à l’échelle européenne dans un Webinaire gratuit le 4 juin 2026

Le projet européen BroilerNet, dédié à l’identification et le partage de bonnes pratiques en élevage, se finalise après 4 ans…

<em class="placeholder">Les bâtiments de poulets construits en 2018 et 2022 sont tous deux équipés d&#039;un système pad cooling.</em>
Coup de chaleur « J’ai l’esprit plus tranquille avec les panneaux pad cooling installés dans mes bâtiments de poulets »

Pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs, Florian Aymard, éleveur de poulets dans la Drôme, a équipé ses deux bâtiments…

<em class="placeholder">L’outil testé à partir d&#039;images par Smartphone permet une précision de 72% de détection de déviation par rapport au scanner.</em>
Prédire le risque de fracture des poules pondeuses avec un Smartphone

Une étude de l’Itavi montre que l’analyse automatisée d’images permettrait une détection fiable des déviations du bréchet…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)