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Choix du cépage
Vins de cépage ou vins d´assemblage : le débat

Résister à l´uniformisation du vignoble : voilà une intention louable, mais encore faut-il vendre son vin. Alors que planter ?


Une chose est sûre et tout le monde est d´accord là-dessus : il faut arracher les cépages inadaptés qui sont, selon l´Onivins, en grande partie responsables de la crise qui touche actuellement le Languedoc. « Si des raisins sont excédentaires, c´est qu´ils ont été produits mais s´ils ne trouvent pas preneurs, c´est qu´ils sont inadaptés au marché. Les producteurs doivent d´abord commencer par balayer devant leur porte », estime Jean-Claude Dairien, directeur de l´Office.
L´aramon se retrouve ainsi en tête de la liste des cépages à arracher. C´est clair : plus personne n´en veut. Certaines coopératives ont même lors de la dernière campagne refusé de le vinifier. Cinsaut, ugni blanc ainsi que tous les hybrides producteurs directs sont eux aussi dans le collimateur. Il existe une solution simple et rapide pour en finir, plaide l´Onivins : la reconversion progressive. Un dispositif fort critiqué qui permet au vigneron d´arracher ses vignes et d´attendre trois ans avant de replanter, moyennant le versement fractionné de l´aide versée pour restructuration. Reste maintenant à savoir ce que l´on fait des hectares de vigne ainsi libérés. Certains pensent d´ailleurs que dans le contexte actuel, trois ans de réflexion, c´est finalement très peu.
« On a longtemps planté de la vigne sans se préoccuper du marché. Maintenant, du moins je l´espère, c´est fini », indique Jean-Louis Trocard, vice-président du CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de bordeaux). Planter, c´est donc prévoir. « C´est même là toute la noblesse du métier de viticulteur », souligne Jean-Claude Dairien et d´ajouter : « Il ne peut être question de planter sans avoir réfléchi au marketing qui accompagnera le vin produit. » C´est d´ailleurs un des thèmes de réflexion confiés au groupe de travail mis en place par Jacques Berthomeau, auteur du désormais fameux rapport éponyme, qui reconnaît que « c´est un sujet difficile à manier, propre à relancer le grand débat franco-français entre vins de cépage et vins d´assemblage ».

« La limite des politiques de cépages purs »
Miser sur le tout cépage, soit ne planter que des cépages à la renommée parfaitement établie, serait une erreur, estime Jacques Berthomeau. « Ce type de produit n´a pas en France, les entreprises boosters pour le faire. » Choisir cette stratégie à base des cinq ou six cépages internationaux, c´est se préparer à affronter le marché mondial et à en accepter les prix. Un sentiment que partage Joël Castany, président de Val d´Orbieu, chaud partisan des vins d´assemblage, même s´il reconnaît qu´il « ne faut pas cracher dans la soupe ». Et d´ajouter : « On voit bien la limite des politiques de cépages purs. La seule identification par la variété dans un contexte international ne suffit pas à se démarquer, surtout par rapport à nos concurrents qui ont des coûts de production et des réglementations différentes, un soutien marketing important mais des qualités comparables aux nôtres. Nous devons aller vers un assemblage entre nos variétés traditionnelles et les nouveaux cépages qualifiés d´améliorateurs. » A condition, module Jean-Michel Allingri, directeur général délégué de Jeanjean, « qu´ils bénéficient d´une politique de marque trés forte. Continuer à miser sur des vins de pays de l´Hérault ou de l´Aude, c´est perdu d´avance ».
Il y a toutefois un élément essentiel à prendre en compte : l´adéquation du cépage avec son terroir. « On a eu tendance à planter n´importe quoi, n´importe où », estime encore Joël Castany. Et Jacques Berthomeau d´enfoncer le clou : « Eradiquer les cépages mal placés et mal cultivés, cela ne serait déjà pas si mal. »
Si l´on n´est pas concurrentiel en terme de coût, il faut trouver des produits d´appel, estime Jean-Michel Boursiquot, directeur de l´Entav. « Il y a eu une mode importante du cépage. Il semble aujourd´hui qu´on en revienne car on voit apparaître des assemblages et une remise en avant de l´origine et du domaine. » Un rééquilibrage, somme toute normal en faveur des vins d´assemblage que confirme l´Onivins. Et Jean-Michel Boursiquot de citer l´exemple du Sud-Ouest qui n´hésite pas à affirmer ses cépages régionaux. Certains viticulteurs dans le Val-de-Loire, également, cherchant à anticiper la mode ou la réglementation, testent d´anciennes variétés comme le pinot gris ou le sauvignon gris. Même si dans cette région, on aimerait bien aussi introduire le merlot !
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