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Travailler sans angle mort

Les nouvelles générations de caméras offrent plus de mobilité, de flexibilité et d’intuitivité, pour gagner en productivité et en sécurité.

Les caméras embarquées font partie du quotidien des viticulteurs depuis quelques années, notamment sur les machines à vendanger. Elles permettent de visualiser le travail effectué en des points bien spécifiques et optimisent la qualité du travail. Mais elles remédient aussi aux angles morts. Les constructeurs ont beau travailler pour offrir le maximum de visibilité directe, ces angles morts restent importants sur ce type de machine, et jouent donc un rôle essentiel en termes de sécurité. Sur les dernières générations de machines à vendanger, la vue arrière s’affiche automatiquement à l’écran lors des manœuvres dès que le chauffeur enclenche la marche arrière. Il s’agit bien souvent de caméras grand angle (120 à 180 degrés), offrant au chauffeur une vue la plus large possible pour limiter les accrochages, les dégâts matériels et les accidents.

Des caméras mobiles et autonomes pour la flexibilité

Aussi, pour optimiser l’investissement dans ces systèmes vidéos, certains équipementiers proposent des solutions mobiles avec une caméra montée sur un aimant puissant que l’opérateur peut placer n’importe où sur l’outil (ou le tracteur), du moment qu’il dispose d’une surface métallique. Cette caméra est alimentée par un câble branché sur la prise 12 volts du tracteur, ou par une batterie offrant une autonomie d’un à trois jours de travail, cette batterie étant elle-même fixée au châssis par un puissant aimant, à promixité de la caméra. Cette dernière communique avec l’écran en cabine par wifi. " Proposée à moins de 400 euros HT (+133 euros pour la batterie), la caméra sans fil Machine Cam est appréciée pour sa flexibilité, explique Vincent Tallec, de Luda Farm. Certains l’installent à l’avant du tracteur pour atteler un outil frontal, puis la déplacent ailleurs, une fois celui-ci fixé." D’autres montent la caméra sur l’outil de récolte et l’écran dans la cabine du tracteur attelé à la benne. Le chauffeur de ce dernier peut ainsi visualiser en direct la vidange et bien se positionner. Avec les outils frontaux parfois proéminents, la caméra peut également être placé à l’avant de l’outil pour le transport, et sécuriser la traversée des carrefours offrant peut de visibilité.

Une vue unique à 360 degrés

Bien souvent, il est possible de monter plusieurs caméras pour un même terminal, de passer de l’une à l’autre par le biais de boutons ou de les afficher simultanément. Cependant, lorsque l’écran affiche la vue de deux ou quatre caméras, l’image devient petite et pas forcément intuitive, ceci même lorsque l’image est inversée (dans le cas de la caméra de recul). Certains fournisseurs combinent ces appareils à des capteurs à ultrasons, ces derniers automatisant l’affichage à l’écran des images de la caméra la plus pertinente selon le capteur le plus sollicité.

D’autres équipementiers ont fait le choix d’une solution plus originale : la vue à 270 ou 360 degrés. "Pour obtenir une vue à 360 degrés, il suffit de quatre caméras grand angle, une à l’avant, une à l’arrière et une de chaque côté, explique Jean-Pierre Puiroux de Mecalor. À ces dernières, il faut ajouter un boîtier électronique, qui va retraiter les images pour les superposer et ne former qu’un seul et même visuel à l’écran. Au centre de l’écran, on comble le 'trou' par une image aérienne de la machine fournie par le constructeur ou le concessionnaire. Au final, le chauffeur dispose à l’écran d’une vue équivalente à celle d’un drone."

Plus d’intuitivité

"L’argument premier de cette solution est la sécurité", explique Christophe Baron de Grégoire, qui propose la solution Easy360° depuis le Sitevi sur les machines à vendanger Grégoire GL7 et GL8. "Toutes les personnes qui gravitent autour de la machine dans un rayon de 4 à 5 m sont détectées et affichées à l’écran, poursuit Jean-Pierre Puiroux. À la différence des affichages multiples sur un écran, le chauffeur n’a pas à faire l’effort de savoir à quoi correspond chaque image, où est située la caméra et donc l’éventuel obstacle ou danger. La vue à 360 degrés est beaucoup plus intuitive, plus immédiate pour le chauffeur, qui sera d’autant plus réactif."

Reste que le coût de cette option reste assez élevé. Il faut en effet compter entre 2 350 et 5 000 euros. "Il y a un peu de travail pour l’installation de ce système de vision à 360 degrés, justifie Jean-Pierre Puiroux. Outre le montage des quatre caméras, il y a un travail de calibration réalisée par nos techniciens. Il faut compter une bonne journée de travail. De plus, les caméras installées ne sont pas de simples caméras à 250 euros. Il s’agit de caméras grand angle de haute définition, pour avoir un bon rendu visuel. Après, il s’agit d’un investissement vite amorti dès lors que l’on évite un accident, une casse. Et le chauffeur gagne en productivité lors des demi-tours." "De plus, quand on met en perspective le prix de l’option par rapport au prix de la machine à vendanger (près de 200 000 euros), le surcoût ne représente qu’un faible pourcentage", relativise Patrick Dury, président de Motec France SAS, qui équipe en option les machines à vendanger Ero avec la solution MVS. Sur ces machines, la vue à 360 degrés disparaît dès lorsque la vidange de la benne latérale s’enclenche, l’écran affichant alors uniquement l’image de la caméra de droite située sur la benne pour une bonne visualisation de la manœuvre. Sur l’Easy360°, lors du fonctionnement de la machine, l’écran est par défaut sur la vue à 360 degrés, un sélecteur permet de passer sur une des vues des quatre faces. En marche arrière, l’écran affiche l’image arrière par défaut, avec la possibilité de passer sur une des trois autres faces ou la vue à 360 degrés. Sur les 50 premières commandes des nouvelles machines à vendanger GL7 et GL8, la vue à 360 degrés connaît un certain succès avec 14 machines, soit 35 %.

Motec propose par ailleurs un système de vue à 270°, avec un objectif en moins, pour un budget plus serré (2 200 euros soit 300 euros de moins que la vue à 360 degrés). " C’est une solution qui suffit sur les machines, dont la cabine à l’avant offre une bonne visibilité frontale, explique le président. Pour les utilisateurs, c’est même plus agréable à suivre qu’une caméra à 360 degrés lorsqu’on a un équipement frontal en perpétuel mouvement (prétailleuse sur un mât)."

Attention à bien choisir

Les caméras étant amenées à évoluer dans des milieux difficiles, il est important de choisir des optiques étanches. Parmi les caractéristiques les concernant, figure l’indice de protection (IP) comprenant deux chiffres : le premier (de 0 à 6) concerne la protection contre les corps solides, les poussières, le second (de 0 à 9) contre les liquides. Plus les chiffres sont élevés, plus la protection est importante. Attention également à la résolution de l’écran qui doit être légèrement supérieure à celle de la caméra pour ne pas dégrader la qualité de l’image.

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