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Savoie : jusqu’à 95% de pertes suite à la grêle du 15 juin

Une semaine après le violent orage qui a touché les départements de la Loire, de l’Isère, de la Drôme et des deux Savoies, l’heure est à l’état des lieux pour les viticulteurs. Des pertes considérables sont relevées dans le vignoble savoyard.

Samedi 15 juin, des grêlons parfois de la taille de balles de tennis ont ravagé une partie du sud-est de la France.
© Patrick Cronenberger

Il n’aura pas fallu plus de 15 minutes pour anéantir le travail de plusieurs mois. « En 40 ans, je n’ai jamais vu autant de virulence en un laps de temps si court », déplore Michel Quenard, vigneron à Torméry et président de l’interprofession des vins de Savoie. D’après les premières estimations, près de 350 ha de vignes (qui étaient en pleine floraison) seraient touchés. « C’est au cas par cas, certains secteurs enregistrent 30% de pertes et d’autres, comme celui d’Apremont, sont plutôt entre 70 et 95 % de pertes », révèle Alexis Martinod, nouveau directeur de l’interprofession des vins de Savoie. Alors que le travail de cartographie est encore en cours, le préfet et le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont venus dans la semaine constater l’ampleur des dégâts. « La région va débloquer une enveloppe globale pour toutes les filières touchées, mais comment va-t-on la répartir ? », s’interroge Alexis Martinod. Pour l’interprofession, la priorité sera donnée à ceux qui ont perdu au moins 60% de la récolte. « On attend également beaucoup du département et des collectivités locales, car pratiquement personne n’est assuré ici », complète Michel Quenard. En fonction des dégâts sur les ceps de vigne, d’autres enveloppes pourraient être débloquées au titre de la perte de fonds. « On sait déjà que la récolte 2020 sera impactée », avance le vigneron Savoyard.

L’arnica en renfort dans les vignes de la Drôme

Plus au sud, à Crozes Hermitage, si les pertes sont là, la situation se veut plus optimiste. « Même si certaines de nos parcelles sont touchées, je crois qu’il ne faut pas s’affoler », témoigne Jacques Grange, directeur technique de Delas Frères. Selon lui, les stocks sont suffisants pour encaisser un épisode de la sorte. « Ensuite niveau qualité, c’est à nous de faire le job, sachant que la récolte 2020 ne devrait pas être impactée », poursuit-il. Pourtant, dans certaines parcelles, on peut observer spécialistes de la biodynamie et dynamiseurs qui se relayent pour prendre soin des bois blessés, notamment à l’aide de l’arnica.

La coopération ardéchoise aide au financement des assurances

Enfin en Ardèche, les vignes sont miraculeusement passées au travers des grêlons, l’orage ayant frappé bien plus au nord du département. Un soulagement pour François Guigon, Président des vignerons ardéchois. Le vignoble y est toutefois mieux protégé vis-à-vis de ces évènements climatiques exceptionnels. « Pratiquement tous nos coopérateurs sont assurés, une partie du financement étant pris en charge par l’Union », indique-t-il. Une mesure prudente dans une région où les orages sont fréquents, et parfois très violents.

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