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Quelles solutions pour réparer les fils écourtés ?

Outre la classique épissure, il existe des astuces pour réparer un fil coupé sans perdre trop de temps.

Lors des différentes opérations dans la vigne, il n’est pas rare de rompre un fil, notamment lors de la taille. Aussi, la solution la plus économique sur le plan matériel consiste à détacher les fils aux extrémités des rangs, afin de redonner de la longueur, à former avec l’un des bouts de fil cassé une boucle qu’on vrille et dans lequel on vient passer le second bout de fil, qu’on vrille également. C’est ce que l’on appelle l’épissure. S’il manque un peu de longueur, il faut prendre un bout de fil supplémentaire pour former deux épissures. Si cette opération demande très peu de moyens, elle peut se révéler fastidieuse et gourmande en temps, un critère auquel les exploitations qui emploient de la main-d’œuvre salariée ne sont pas insensibles. En outre, une épissure signifie deux bouts de fil qui dépassent. Cela peut se traduire par des risques de blessure, notamment lorsqu’on relève les fils. Ces risques sont moins importants avec des fils en matière synthétique. Ajoutons que ces épissures peuvent être happées par les releveuses mécaniques ou par les prétailleuses, avec les risques de casse qui peuvent s’ensuivre, aussi bien sur l’outil que sur les vignes.

Les manchons à sertir : une solution économique

Aussi pour moins perdre de temps, il existe trois familles d’équipements peu coûteux et facile à mettre en place : les manchons à sertir, les tendeurs à roulette et les tendeurs à mâchoires.

Le manchon à sertir se compose de deux petits tubes métalliques reliés entre eux. Chaque extrémité des fils est introduite dans chaque tube, que l’on vient pincer avec un outil spécifique. Le manchon fonctionne aussi bien sur fil synthétique que sur fil métallique. Avec les fils acier, il convient de replier les fils sur le manchon, pour donner plus de résistance à la tension et de couper les extrémités pour limiter le risque de happage pour les outils et de blessure. Compter 40 à 60 centimes le manchon à sertir, selon la dimension, et autour d’une vingtaine d’euros pour la pince. "C’est une solution économique, mais qui est un peu plus longue à mettre en œuvre que les tendeurs à roulettes ou à mâchoires, explique Jean-Marie Leclercq, directeur scientifique de Technissage, une société spécialisée dans le conseil en palissage. Sans kit de tension, il est nécessaire d’être à deux personnes, l’une qui maintient les deux fils, l’autre qui sertit."

Le tendeur à roulettes plus ergonomique

Autre solution, le tendeur à roulettes, connu également sous le nom de gripple, se compose de deux trous dans lesquels on vient glisser les deux extrémités de fil. À l’intérieur de ce tendeur, une roulette crantée (une dans chaque trou) serre le fil. Un dispositif d’arrêt n’autorise la rotation de la roulette que dans un sens, pour maintenir la tension des fils. Pour doser cette dernière, il existe des pinces dynamométriques, autorisant une tension jusqu’à 600 kg (selon modèles et tailles de fil), facturées entre 50 et 100 euros. Le tendeur à roulettes coûte quant à lui entre 60 centimes et 1,40 euro, selon le modèle.

Par rapport à un manchon à sertir, le tendeur à roulettes est un peu plus imposant et donne potentiellement plus de prise à un outil. En revanche, il se montre plus ergonomique et ne nécessite qu’un seul opérateur.

Le connecteur, un tendeur à mâchoires effilé

Aussi appelé connecteur, le tendeur à mâchoires se compose de deux ogives chacune terminées par un trou, dans lequel on vient glisser chaque extrémité du fil rompu. À l’intérieur, des mâchoires antiretour empêchent le fil de ressortir. "C’est une solution qui séduit de plus en plus de viticulteurs, explique Jérôme Thévenot, de la société Idelys, qui commercialise le connecteur TC. Ils en ont toujours dans la poche et réparent aussitôt après avoir cassé le fil, plutôt que de revenir dans un second temps. Cela prend trois secondes sans outil." La forme longiligne et le fait que chaque bout de fil soit logé à l’intérieur évitent les blessures par les opérateurs manuels et le risque de happage pour certains outils. Par contre, par opposition aux manchons à sertir ou aux gripples, lorsque le fil s’est un peu étiré, la course des tendeurs à mâchoires est limitée : une pince coupante peut alors être utile.

Un serre-joint adapaté pour rapprocher les fils

Pour rapprocher les deux bouts de fil sans avoir à défaire des fils aux extrémités, il existe plusieurs solutions. Toutes se basent sur deux mâchoires grenouilles dans lesquelles on vient coincer les deux bouts de fil. On les rapproche à l’aide d’un mécanisme de tension, comme un palan à corde ou à chaîne, ou encore un système à sangle et cliquet. L’inventeur de la machine à tirer les bois de Provitis, le viticulteur Jean-Yves Dezé, a créé un système sur la base d’un serre-joint Bahco. "C’est un système plus léger et moins encombrant que les solutions à cliquets ou à palan, explique le viticulteur. Comme il est rigide, il n’y a pas de risque de se prendre dans la figure une mâchoire grenouille, lorsque parfois celle-ci ripe et laisse filer le fil." Commercialisé à la demande au tarif de 230 euros, cet outil sera prochainement industrialisé par Bahco et vendu à un prix plus accessible.

S’adapter aux fils

Le choix des solutions doit bien sûr s’adapter au diamètre et à la nature des fils. Un tendeur trop grand aura moins de prise sur un petit fil. Avec les fils en matière synthétique, Jérôme Thévenot conseille de couper proprement les extrémités de fil, si celles-ci sont un peu déformées et étirées, afin de maximiser la surface de contact des fils avec les mâchoires des connecteurs. "Avec des fils très aciérés, donc peu déformables, il faut privilégier les solutions offrant le maximum de surface de contact", explique Jean-Marie Leclercq. Préférez alors les tendeurs à mâchoires à ceux à roulettes.

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