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Quatre pulvérisateurs au banc d’essai

L’édition 2019 du Forum pulvé a permis de tester en conditions réelles et de passer au crible quatre appareils de pulvérisation. Voici le verdict des experts.

 © X. Delbecque
© X. Delbecque

Le succès était au rendez-vous du sixième Forum pulvé, évènement bisannuel organisé par les chambres d’agriculture de Charente et la section viticole des groupements du Cognac. Cette année, ce sont deux cellules d’enjambeurs qui sont passées au banc d’essai, ainsi que deux pulvérisateurs traînés à panneaux récupérateurs. Pour cette édition, les examinateurs ont ajouté un nouveau test permettant d’évaluer le débit de chantier et la consommation des appareils. Chacun a travaillé un hectare complet en étant chronométré et avec pesée du carburant avant et après. En revanche, le rayon de braquage n’a pas été mesuré, contrairement à l’édition 2017. " De même nous ne pouvons pas comparer les pertes et récupérations de bouillie avec les autres années, le calcul de végétation n’étant pas exactement le même " prévient Alexandre Davy, expert IFV.

Retrouvez le bilan complet des essais sur le site de la chambre d’agriculture des Charentes.

Grégoire EcoProtect L3

Cette cellule, montée sur un porteur GL8.4 de la marque, est un modèle de 2018 (88 000 euros). Elle embarque une cuve principale de 2 500 litres, une cuve de rinçage de 300 litres et un pulvérisateur pneumatique équipé de six panneaux récupérateurs, permettant de traiter trois rangs à la fois. Les descentes pneumatiques peuvent toutefois être adaptées pour poser des buses antidérive. Le débit proportionnel à la vitesse d’avancement électrique (DPAE) est de série, contrairement aux capteurs de suivi du sol en option, qui permettent une correction automatique du dévers jusqu’à 25 %, grâce à une rampe sur pivot. Les panneaux souples, en bâche, ne pèsent que 20 kg. La récupération de la bouillie se fait par une double crépine située sous une mousse. Au travail, la puissance absorbée par la cellule est de 45 ch, avec un régime ventilateur à 3 900 tr/min. Avec une vitesse d’avancement de 6 km/h, le système Grégoire a montré un débit de chantier de 4 ha/h, supérieur aux autres appareils à panneaux récupérateurs. La consommation a été dans la moyenne, à 4,4 l/ha, et la jauge électronique de la cuve à bouillie jugée comme bien étalonnée. Concernant l’efficacité, l’appareil a eu du mal à atteindre la face inférieure des feuilles, en particulier sur les vignes en arcure palissée où la bouillie a été en sous-dosage. Alexandre Davy attribut cela a un problème de réglages à affiner. La zone des grappes a quant à elle été atteinte de façon correcte. En outre, c’est l’appareil qui a engendré le moins de pertes dans l’environnement.

Les utilisateurs ont particulièrement apprécié les automatismes facilitant l’utilisation, la conception des panneaux et le faible niveau sonore (78 dB). Ils conseillent cependant d’ajouter un graissage centralisé, et ont regretté le mauvais accès aux filtres ainsi que le nettoyage difficile, notamment à cause des mousses en fond de panneaux.

 © X. Delbecque

Pellenc Eole 3000 – 3 RVL

Le modèle 2019 de la cellule (52 655 euros) a été testé sur le porteur Pellenc 780 Optimum. Il est composé de deux cuves principales de 1 500 litres, d’une cuve de rinçage de 300 litres et d’un pulvérisateur à jets portés comprenant 5 à 6 hauteurs de buses à jets indépendants, permettant de traiter 6 faces. L’incorporateur de bouillie est de série, tout comme le DPAE, le suivi du sol et le repliage automatique des bras en bout de rang. Cette cellule de pulvérisation s’est révélée relativement sobre en énergie, avec une puissance absorbée de 31 ch pour un régime ventilateurs à 3 400 tr/min. Seul matériel du test de 2019 n’ayant pas de panneaux, c’est donc lui qui a eu le meilleur débit de chantier, avec 4,7 ha traités en une heure pour un avancement à 6,4 km/h. La consommation de GNR a été identique à l’autre enjambeur avec 4,4 l/ha. En revanche, les jauges électroniques du niveau de bouillie ont été jugées moins fiables, notamment en deuxième moitié de cuves. La pulvérisation avec l’Eole s’est avérée plus homogène qu’avec l’autre cellule testée, mais a montré tout de même des faiblesses sur la face inférieure des feuilles. Pour Alexandre Davy, cela peut provenir des flux d’air, qui pourraient être améliorés pour éviter les trous de ventilation. Du fait des buses à injection d’air, les pertes au sol ont été plus importantes (26 %), mais cela a permis de réduire d’un tiers les pertes dans l’air par rapport aux autres pulvérisateurs.

Les utilisateurs ont apprécié les automatismes, la facilité de nettoyage de l’appareil (due à l’absence de panneaux) ainsi que la facilité d’attelage. Ils ont regretté en revanche les accès difficiles à la pompe, aux filtres et à l’orifice de remplissage.

 © X. Delbecque

Nicolas Rafale panneaux récupérateurs

Ce modèle de Rafale, de 2019, est un pulvérisateur traîné de 1 500 litres à jets portés, équipé de panneaux récupérateurs (48 820 euros). Ces derniers sont d’ailleurs amovibles, ce qui permet à l’appareil d’être polyvalent et de passer à 6 faces. Ici encore le DPAE est de série, et l’appareil dispose d’un système de récupération de la bouillie par venturi, qui évite les surchauffes de matériel quand il n’y a rien à récupérer. Le Rafale a été l’appareil le plus sobre en énergie puisqu’il a demandé une puissance de 28 ch au régime ventilateur 3 780 tr/min et 36 ch au régime 4 000 tr/min. Ainsi la consommation de GNR n’a été que de 3,1 l/h. La présence de panneaux et la possibilité de ne traiter que deux rangs ont donné un débit de chantier plus faible que les deux cellules sur enjambeur, avec 3,2 ha/h pour une vitesse d’avancement de 6 km/h. La jauge mécanique s’est révélée fiable lorsque la cuve est pleine, mais surestime la quantité de bouillie à certains paliers. C’est l’appareil qui a déposé en moyenne le moins de produit, mais il a montré une excellente homogénéité et un taux de répartition sur les faces inférieures des feuilles très bon. Pour Alexandre Davy cela provient du flux d’air à forme tangentielle, qui s’est également avéré très homogène (absence de trous d’air sur toute la hauteur).

Les utilisateurs ont apprécié la facilité de nettoyage du pulvérisateur, la polyvalence et l’accessibilité aux organes de maintenance. Ils suggèrent toutefois d’enlever la mousse de récupération en fond de panneaux, d’améliorer l’asservissement de l’ouverture et la fermeture des panneaux ainsi que l’accès à l’orifice de remplissage (dimensions marchepied et poignée).

 © X. Delbecque

Carrarospray Zen Eco

Il s’agit ici du modèle 2018 en version 1 000 litres (52 500 euros). Équipé d’une régulation de débit proportionnelle au régime moteur (DPM) électrique, ce pulvérisateur à jets portés est également pourvu de panneaux récupérateurs. La turbine de 600 mm est fixée sur l’attelage du trois points, permettant au cardan de travailler droit. Ce matériel s’est montré le plus gourmand en énergie, avec 46 ch absorbés au régime ventilateur 1 944 tr/min voire 63 ch au régime 2 430 tr/min. L’impact est net sur la consommation de GNR avec 4,8 l/ha, ce qui est supérieur aux porteurs polyvalents pourtant bien plus lourds. Le débit de chantier s’est situé à 3,2 ha/h pour une vitesse d’avancement à 6 km/h. Côté efficacité, le Zen Eco s’est montré performant et homogène en arcure haute. Il a eu un peu plus de difficultés en arcure palissée, notamment pour atteindre les faces inférieures des feuilles et en particulier sur les parties hautes du feuillage. La couverture des grappes reste bonne toutefois. C’est par ailleurs l’appareil qui a eu le plus de déperditions de bouillie dans l’air (49 %).

Les utilisateurs ont apprécié le débrayage de la turbine depuis la cabine, la position des filtres et la présence d’une pompe péristaltique pour récupérer la bouillie. Ils ont regretté le faible écartement entre les panneaux, le marchepied glissant ainsi que l’asservissement de l’ouverture et la fermeture des panneaux.

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