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Campagne 2005-2006
Pour un vin de table à trois euros et pas moins

Sagesse des rendements, récolte de qualité, possibilité de distiller : toutes les conditions devraient être réunies pour qu´au cours de la campagne qui démarre, aucun vin de table ne soit vendu à moins de trois euros le degré hectolitre.


Le ministre de l´Agriculture s´en est ému et l´a clairement indiqué aux professionnels qu´il recevait le 22 septembre en vue d´arrêter les mesures pour la campagne qui s´annonce : « la baisse des prix sur le marché des vins de table, des vins de pays et des appellations d´origine contrôlée a été très excessive et a entraîné des comportements spéculatifs à la baisse. Un terme doit y être mis ». Selon des chiffres fournis par la CCVF (Confédération des coopératives vinicoles de France), des « volumes conséquents » de vins de table au cours du mois d´août ont été achetés à moins de 2,30 euros. « Ce qui est catastrophique pour le marché et pour les entreprises », estime la CCVF.
Le négoce dénonce cette spirale à la baisse
Une telle politique de prix est néfaste pour les producteurs puisqu´elle ne couvre pas les prix de revient et néfaste également pour le consommateur en terme de qualité des produits. Le négoce dénonce également cette spirale à la baisse considérant lui aussi que l´appauvrissement de la propriété ne peut que lui nuire. « Il est donc de l´intérêt général qu´un retour à la normalité des prix soit établi », souligne la CCVF. L´Afed (Association française des embouteilleurs distributeurs) avait d´ailleurs demandé, il y a quelques semaines, la mise en place d´un prix minimum. Seulement, la chose pouvant être qualifiée d´entente entre familles professionnelles est anti-communautaire. Toutefois, la CCVF a l´intention de porter ce débat dans le cadre européen, soutenue d´ailleurs par les Italiens, via le Copa-Cogeca. En attendant, et pour aller au-delà des seules incantations pour éviter « tout comportement suicidaire », selon les mots de Denis Verdier, président de la CCVF, les professionnels avec le ministre estiment avoir réuni toutes les conditions nécessaires. Il y a eu tout d´abord « les choix courageux » opérés par l´Inao pour maîtriser les rendements des vins AOC.
Pas de modification concernant le décret des vins de pays
La réunion au ministère de ce 22 septembre qui était dédiée aux vins de table et de pays s´est déroulée en présence de Christian Paly, président de la Cnaoc (Confédération nationale des producteurs de vins à AOC) qui a rappelé, à la demande du ministre, les efforts consentis par cette catégorie de vins qui pourraient entraîner une réductions des volumes de 1,5 million d´hectolitres. Aux producteurs de vins de table et de pays de suivre cet exemple. Aucune modification n´est ainsi apportée au décret des vins de pays. Le rendement 2005 sera égal à celui fixé en 2004 (85 hl/ha pour les vins de pays de département, 80 hl/ha pour les vins de pays d´Oc). Il est toutefois instauré, ce qui est une première pour cette catégorie de vin, une réserve qui sera gérée par l´Anivit (Association nationale interprofessionnelle des vins de table et de pays). Cette réserve devrait permettre, selon le ministre, « une meilleure maîtrise des volumes commercialisés ». Dans les exploitations mixtes, le rendement des vins de table passe de 100 à 130 hl/ha avec la possibilité de faire, avec ce surplus, des non-vins, des moûts concentrés rectifiés et ce qui est nouveau, du vin.
Mais le message de Dominique Bussereau accompagnant cette décision est clair : « afin d´éviter l´engorgement des marchés concernés, les producteurs devront tirer pleinement partie de la distillation alcool de bouche qui sera ouverte à partir du mois d´octobre par la Commission européenne ». A bon entendeur, salut ! Les professionnels espèrent qu´un volume compris entre 2 et 3 millions d´hectolitres sera ainsi envoyé à la chaudière. A noter que cette distillation est payée à hauteur de 2,48 euros le degré hectolitre. Et pour tenter de convaincre le plus grand nombre de recourir à cette possibilité d´éliminer des excédents, le ministre s´est engagé à prendre les dispositions adéquates afin que les producteurs ayant souscrit à cette distillation soient payés « le plus rapidement possible », indique Jérôme Despey, vice-président de la commission viticole de la FNSEA, au lieu des 8 à 9 mois d´attente traditionnels. Pour ce dernier, « rien ne justifie plus des transactions en vins de table inférieures à 3 euros ». Pour autant, ajoute-t-il, ce seuil ne doit pas non plus devenir le prix du marché

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