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Vouvray
Pas d’exception pour les bio

L’utilisation d’un produit phytosanitaire en 2008 à la suite d’intempéries exceptionnelles privent les vignerons bio de leur certification.

Parce qu'ils ont essuyé le 31 mai dernier la plus terrible tempête depuis 1937, enregistrant à certains endroits plus de 130 mm de précipitations en quelques heures, plusieurs vignerons bio de l'appellation Vouvray avaient décidé, face à une situation exceptionnelle, de recourir à un traitement conventionnel par hélicoptère sur une soixantaine d'hectares. "Il était impossible de rentrer dans les vignes et on ne pouvait pas rester sans rien faire" explique Noël Pinguet, du Domaine Huet, en biodynamie depuis 1990. Les vignerons ont choisi un produit non systémique, et ont, au préalable, tenté d'obtenir une autorisation d'exception auprès d'Ecocert, l'organisme certificateur.

Pas de clémence

S'ils étaient conscients que la récolte 2008 ne pourrait pas être revendiquée en bio, les vignerons ont cependant été surpris par la sévérité d'Ecocert : l'ensemble des parcelles concernées devront repartir pour 3 ans en phase de conversion. Et leur courrier auprès d'Ecocert, plaidant pour plus de clémence, n'a rien changé. "Si Ecocert ne faisait pas preuve de sévérité, l'image et le sérieux de l'agriculture biologique pourraient être remis en cause" reconnaît François Pinon qui, comme ses collègues, ne veut surtout pas polémiquer. "Mais on peut s'interroger sur l'évolution des contrôles en viticulture" estime Noël Pinguet. "De plus en plus, nous avons affaire à des contrôles externes, appliqués méthodiquement, sans tenir compte du contexte. C'est aussi difficile à admettre que lorsque qu'on est pris à 131 km/h sur autoroute..."

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